Lettres da cardinal Le Camus, p
2. M. deBreteuil lui aui'ait répondu:» Je vous ai appelé ici pour me représenter au salon, ^lon pour faire le cagot. Si cela ne vous convient pas, vous pouvez vous en aller. » Cf. abbé Lereddo, Notice sur M. de La Loge, 1838.
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Disons plus, cet épis.copat, dans son ensemble, avait une tenue véritablement ecclésiastique. Sans doute, il ne faut pas demander à l'ancien régime tous, les usages de ; jpotre époque. Le cardinal Bernis écrivait de Rome, le 4 octobre 1769, au duc de Choiseul, au sujet du pap,e, Clément. XIV : <c Le pape galope tous. les jours à cheval, et ses officiers ne peuvent le suivre. Il s'est fait faire un habit court, blanc, des bottes blanches, un chapeau rouge; voilà ce qui compose son habillement de cheval. » Autre temps, autres mœurs. Au dernier siècle, on était moins strict que de iios jours, par exemple, sur le port de la soutane. Des prélats ne l'avaient point hors de leur.diocèse, d'autres ne s'en séparaient jamais. M. de Bonal, évêque de Clermont, pourra s'écrier à la Constituante, le 15 septembre 1790, lorsqu'il sera question de supprimer le costume ecclésiastique : « On déchirera mon habit sur mon corps, avant de me le faire abandonner. » . En général, ces éveques d'ancien régime avaient au plus haut degré le sentiment des convenances. Dans toutes les circonstances, cet épiscppat évolue avec une dignité, une majesté, une noblesse qui décèlent un grand corps ayant conscience de son rang, de son caractère et de sa mission. Ceux même qu'une jeunesse orageuse ne semblait pas appeler à l'état ecclésiastique finissent, une fois dans les ordres, par en avoir le cachet et la marque distinctive. Sainte-Beuve nous montre en Bernis un de ces hommes qui, entrés « un peu légèrement» dans la cléri* cature, en prenaient « l'esprit avec l'âge », savaient allier un « mélange de monde, de philosophie, de grâce avec le bon sens et le bon goût, » arrivaient à a la considération et à l'estime», devenaient enfin ccdes hommes d'Eglise dans la meilleure acception du mot, sans cesser pour cela d'être des hommes du monde et des gens aimables » *.
1. Sainle-Beuve, Causeries dulundi, 11 août 1853.— L'abbé Gabriel, qui Tivait dans la maison, était-il trop souffrant pour supporter le maigre,
Que conclure des pages qui précèdent ? c'est que l'esprit séculier, le relâchement avaient pratiqué une brèche dans l'épiscopat d'ancien régime. Un corps qui compte dans ses membres un Talleyrand, un Brienne, un Dillon, un Rohan, un Grimaldi, un Jarente, n'est pas complètement sain. Le clergé JDayait ainsi son tribut soit à la faiblesse humaine, soit plutôt au vice d'un recrutement qui faisait de l'épiscopat le privilège d'une caste et la convoitise des grandes familles! Un temps qui apporte avec lui de tels abus et les scandales qu'ils entraînent, ne peut nous laisser des regrets.
Heureusement que les évêques vraiment répréhensibles ne formaient qu'une infime minorité. Un censeur impitoyable de Kancien clergé, dont nous avons eu souvent occasion d'enregistrer les sévères jugements, l'abbé Laurent, a écrit au sujet des prélats affichés pour leurs mœurs : « Cette nouvelle espèce de scandale est encore très rare et n'est pas de nature à devenir contagieuse *. » Ici, comme dans la France du XVIIP siècle en général, on a trop souvent attribué à la masse les écarts bruyants d'un petit nombre. Une vie modeste, consacrée à la résidence et aux devoirs de l'apostolat, prête peu aux auteurs de Mémoires et à la chronique scandaleuse.
Derrière cette société brillante, légère, absurde et char-
îl était autorisé à faire gras, mais dans sa chambre. L'abbé Georgél, dans ses Mémoires (t. I, p. 133) dit* « Le cardinal, depuis sa disgrâce, était devenu archevêque d'Albi ; soit politique, soit persuasion et retour aux vrais principes, il portait dans le gouvernement de son diocèse cet esprit de religion et de zèle qui a illustré les Bossuet et les Fénelon. Sa résidence forcée ne paraissait pas lui déplaire; il vivait paternellement avec son clergé; ses abondantes aumônes le rendaient le père des pauvres; ses diocésains ne cessaient de béiiir son nom. » Quand on lit les vers de Bernis, ou même simplement une lettre de lui si galamment tournée a sa belle sœur (Reproduite en Maison, p. 72-73), on trouve que cette transformation était nécessaire. M. de Bernis avait cessé de faire des vers galants à 35 <\ns. Il entra dans les ordres à 40 ans. 1, Abbé Laurent, Essai sur la téforme du clergé, 11%^, p. 175.
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mante du XVIIP siècle, dont les Mémoires du temps retracent constamment devant nous la vivante image, quelle vaste réserve de vertus morales et chréliennes dans les couches profondes du peuple, dans la plus grande partie de laboiirgeoisie, dé la noblesse! Il serait étrange que le clergé, non seulement dans ses curés, mieux gardés contre le mirage de la fortune et .de l'anibition, contre l'esprit du siècle, ^par la modestie même de leur situation, mais aussi dans -ses évêques, dont lai mission est de donner des exemples et des rbgles de conduite, fût ici inférieur aux autres classes de la nation. Un coup d'oeil pliis attentif jeté sur l'ensemble de l'épiscopàt, va nous moutrer dans la plupart de. ses membres, des vertus et une dignité de vie trop souvent dérobées au- regard de l'historien par la réputation scandaleuse des quelques prélats que nous avonis fait connaître.