COUP D.*ŒIL RÉTROSPECTIF
n'était-il pas à craiadre que ces prélats gentilshommes, malgré leur souplesse, leur bonté et leur grand cceur, ne demeurassent étrangers, par suite de leur éducation, de leur genre dévie dans un millieu choisi, h certains besoins, à certaines préoccupations de leurs ouailles. D'ordinaire on ne sait bien que ce qu'on a vécu; il y a des barrières entre les castes comme entre les peuples.
Que conclure ? Quelle est l'impression qui se dégage d'une situation si complexe et, en définitive, quel jugement faut-il porter sur ces prélats d'ancien régime ? Nous avons étudié en eux, dans les trois parties de ce livre, le grand seigneur, l'évêque et l'homme, ou, si l'on veut, l'homme public, l'homme d'Eglise et l'homme privé.
Tous les lecteurs auront été unanimes à reconnaître que ces évêques avaient au plus haut degré les vertus sociales. Rarement leur sollicitude pour tous les intérêts, tous les besoins des populations, s'est montrée avec autant d'éclat que dans ce siècle où la charité chrétienne a trouvé un puissant appui dans je ne sais quelle explosion de sensibilité humanitaire. Quelque vaste que fût le champ ouvert ici devant d'eux, à une époque où une tradition séculaire appelait leur intervention, leur initiative, dans un domaine aujourd'hui fermé en partie àl'Eglise, leuractivité, leur zèle, leur bonté attentive et compatissante, ont su le féconder tout entier et accomplir des merveilles. Nous les avons vus à l'œuvre. Ils nous sont apparus véritablement comme pères, comme pasteurs des peuples. Comme ils ont su élargir, au XVIIP siècle, l'héritage de charité légué parles siècles, et donner h leurs fondations les formes que réclamaient les temps nouveaux! Assurances