‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 156 sur 354 · Mémoires, T, p · texte numérisé non relu

Mémoires, T, p

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des assemblées nationales. Chaque homme, quel qu'il soit, occupé de si grands, intérêts, sent -davantage son existence et sa dignité, semble se donner à lui-même un caractère plus imposant, et conçoit dans toute leur étendue les obligations attachées à la qualité de citoyen. » L'orateur insiste avec une énergie nouvelle sur l'union du clergé avec la nation et termine son discours par cette belle parole : La religion sera le premier intérêt du peuple^ quand l'intérêt du peuple sera la loi des ministres de la religion'^. Manifestement une partie des évêques partage avec l'universalité des curés les illusions généreuses, les espérances de rénovation politique et sociale, qui font battre le cœur du pays. Il était évident que les prélats tenant un tel langage ne seraient point les ennemis de la liberté, mais tous ne professaient pas le même enthousiasme, la même confiance dans l'avenir.

Quels étaient les députés élus par le clergé, chargés de porter aux Etats généraux ses idées, ses vœux et ses revendications ? On sait que la loi électorale élaboré par Necker, assurait d'avance aux curés une énorme prépondérance sur les autres classes du clergé. Fiers de leur nombre, grisés par les louanges et l'encens que la fin de l'ancien régime leur prodiguait de toutes parts, voulant préparer avant tout le triomphe de leurs idées, de leurs intérêts, et faire cesser les abus dont ils étaient victimes, ils commencèrent par se donner une grande majorité. Leurs évêques eurent souvent l'humiliation ou

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