‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 166 sur 354 · Séance du 12 avril · texte numérisé non relu

Séance du 12 avril

tituante, auxquels presque chaque séance, presque chaque orateur apportait un nouveau désastre. Malouet laissa éclater l'impression, la tristesse, que lui causaient tant d'injustices. « Lorsque je me suis rappelé, s'écria-t-il, le jour mémorable où nous adjurâmes, au nom du Dieu de paix, les membres du clergé de s'unir à nous comme des frères, de se confier à notre foi, j'ai frémi du sentiment douloureux qu'ils pouvaient éprouver et transmettre à leurs successeurs, en se voyant dépouiller de leurs biens par un décret auquel ils n'auraient pas consenti *. »

Ce souvenir de l'appel fraternel des communes conjurant le clergé de s'unir, de se fier à elles,Adent aussi à la pensée de Boisgelin, au moment où les représentants de ces mêmes communes achèvent de consommer sa ruine, et lui arrache ces plaintes : « Voilà donc, dit-il, l'abîme au bord duquel nous avons été conduits, l'abîme où l'on veut nous précipiter ! Que sont devenues ces assurances solennellement données de conserver nos droits et nos possessions? Vous nous disiez, vous nous faisiez dire en votre nom, avec force, avec éloquence,et dans le langage même de la religion,vous nous disiez, au nom du Dieu de paix, que les propriétés du clergé seraient pour vous inviolables et sacrées, et que votre premier devoir était de les maintenir et de les défendre. N'avez-vous pris l'engagement de les maintenir et de les défendre que pour les attaquer et pour les détruire ? N'avez-vous juré de conserver toutes nos propriétés que pour nous ravir jusqu'au dernier reste de nos possessions ! "~ »

Cette vigoureuse défense du clergé avait du moins retardé la marche de l'assemblée dans la voie de la confiscation. De même qu'elle avait déclaré tout d'abord la dîme rachetable pour arriver ensuite à la suppression pure

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