‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 187 sur 354 · Séance du 26 novembre · texte numérisé non relu

Séance du 26 novembre

Celte allusion très claire à la pureté d'âme du rigide censeur Mirabeau excita des murmures dans l'assemblée. Cependant l'abbé Maury ne crut pas le clergé assez vengé. Il se leva pour répondre à son adversaire, et son discours, à peu près improvisé, est un des plus éloquents qu'il ait prononcés h la tribune de la Constituante. Comme l'ardeur de sa discussion provoquait des rappels à l'ordre : « Vous demandez, s'écria-t-il, qu'on me rappelle à l'ordre! Et à quel ordre me rappellerez-vous ? Je ne m'écarte ni de la question, ni de la justice, ni de la décence, ni de la vérité. Les orateurs, qui m'ont précédé dans cette tribune n'ont pas été rappelés à l'ordre, quand ils ont insulté sans pudeur et sans ménagement nos supérieurs dans la hiérarchie. Je ne dois pas être rappelé à l'ordre quand je viens décerner au corps épiscopal une juste et solennelle réparation. Tous les vertueux ecclésiastiques du royaume s'empresseront de ratifier cet hommage public de respect, d'attachement et de confiance, que nous devons h nos évêques ^. »

On fit à Mirabeau, aux détracteurs du concordat, aux partisans à outrance des élections, une réponse plus directe. L'évêque d'Alais, M. de Bausset, rappela que les abus des élections au moyen-âge avaient contribué à les faire abolir. « Sans vouloir, dit-il, se livrer à de viles récriminations aussi indignes de notre ministère que de notre caractère », il insinua que les nouveaux élus, qui venaient de sortir évêques des urnes populaires, — et plusieurs choix ne lui donnaient que trop raison, — ne l'emportaient peut-être point en vertus sur les anciens, et qu'il fallait attendre « l'expérience pour mettre en parallèle le tableau de l'Eglise constitutionnelle et celai de l'Eglise gai" licane. » On a, disait M. de Bausset, déclamé avec la plus

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