‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 20 sur 354 · DuFORT, comte de Cheverny, op. cit. l, 43o, II · texte numérisé non relu

DuFORT, comte de Cheverny, op. cit. l, 43o, II

2. Laffetay, Histoire du diocèse de Bayeux, 1836, t. II, p. 199, 200.

Cliâlons a di'oît de vie et de mort. Il est reçu à l'entrée de la ville. M. de Clermont-Tonnerre, qui avait rebâti j)resque entièrement le château de Sarry, se disposait à en faire combler les fossés quand éclata la Révolution *. Les événements n'enlevèrent pas à M. de Glermoiit- Tonnerre l'arnour de la rej)résentation. Les anciens se souvenaient encore, il y a quelques années, de l'avoir vu, cardinal-archevêque de Toulouse, faire sa visite pastorale en équipage à qiiatre chevaux. Le cardinal de Montmorency, évêque de Metz, réside au château de Frescaty, situé à quelques Idlomètres et dont M. de GoisUn a fait une superbe demeure. Montmorency vit en grand seigneur. Il aime à s'y entourer de la meilleure noblesse d'épée et de robe, qu'il reçoit splendidement. Aux princij)ales fêtes, il officie pontificalement à la cathédrale, où il arrive à la minute, en un carrosse conduit au grand trot et attelé de six chevaux -. L'avant-dernier archevêque de Rouen, dans l'ancien régime, le cardinal de Saulx- Tavannes exerçait une hospitahté magnifique au château de Gaillon, maison de campagne embellie par ses prédécesseurs, qu'il avait lui-même entourée de grandes plantations et augmentée d'une écurie qui logeait cinquante chevaux.

Phelypeaux, nommé à Bourges à l'âge de trente ans, par la protection de Maurepas, son cousin, a monté sa maison comme les maréchaux de France, les ambassadeurs, les ducs et pairs. Autour de lui s'agite un nom- ])reux persoimel de domestiques, de maîtres d'hôtel, d'intendants, sans coni]3ter le caudataire, homme d'importance et richement harnaché \ Au sujet du caudataire, Bachaumont s'amuse à raconter ime anecdote sur le cardinal de Luynes, qui mourut, en 1788, archevêque de

1. Renseignements communiqués par M. l'archiprêtre de Ghâlons. Barbât, op. cit., donne d'autres détails et trois plans du château de Sarry. Ghalons était une des très rares villes dépourvues de palais épiscopal, celui bâti, en i46q, par Geoffroy Soreau s'étant eflfondré en ijog, et celui entrepris à cette époque par Gaston de Noailles n'ayant pas été achevé,

2. Gf. PiNGAUD, Les Saulx-Tapannes, i8'^5. — Pour Metz les renseignements nous ont été communiqués par M. l'abbé Villemier, vicaire général.

3. Gf. baron de Glamegy, Notice sar l'ancien clergé du diocèse de Bourges, 1841, in-8, p. 14-17.

Sens. Un jour, un M. Gonstans le plaisantait, chez la duchesse de Ghevreuse, sur ce qu'il faisait porter sa (jueue par un chevalier de Saint-Louis. — Mais, répondit Luynes, auparavant c'était un de vos parents qui remplissait cette fonction. — Ah! répliqua l'interlocuteur, il y a longtemps qu'il se trouve dans ma famille de pauvres hères dans le cas de tirer le diable par la queue *.

Point n'est besoin d'avoir connue caudataire un chevalier de Saint-Louis, pour mener grand train de maison. Ainsi faitl'évêque de Soissons, M. de Bourdeilles. Il aime là vie de château, va souvent àGompiègne et se rend aux remuons que la comtesse de Dillon, nièce de l'archevêque de Narbonne, tient à Haute-Fontaine. En 1766, M. de Bourdeilles veut revoir la résidence de SaveiUe que sa mère a toujours habitée. Son équipage est superbe. Le carrosse tout doré est traîné par quatre chevaux, et flanqué de quatre grands laquais galonnés sur toutes les coutures. A une lieue de Saveille, il aperçoit une vieille femme s'y rendant péniblement. Ayant appris que c'est sa nourrice, il la fait monter près de lui, se détourne de sa route et la conduit à sa petite maison du village. Descendu le premier pour lui donner la main, il la bénit ainsi que tous les villageois, qui sont charmés de voir tant de condescendance dans un si grand seigneur. Avant de la quitter, le prélat laisse à la vieille Perrigaud des marques de sa générosité, qui firent entrer l'aisance dans cette famille.

Au xvii^ siècle, l'évêque de Mende allait aux Etats de la province avec son aumônier, ses deux valets de chambre, son maître d'hôtel, ses chefs de cuisine et d'office, leurs garçons, ses quatre laquais, son suisse et ses porteurs. On sait que la tenue des Etats était dans les provinces l'occasion des fêtes les plus brillantes et souvent les plus ruineuses. A Montpellier, à la veille de la Révolution, trois personnages rivalisaient de faste pour la réunion dans cette ville des Etats du Languedoc. G' étaient Dillon, archevêque de Narbonne, président-né des Etats;

Page 1