I. Mémoires de Bachaumont, i5 avril ij
M. de Malide, évêque de Montpellier, etle gouverneur de la province.
A en croire Soulavie, le cardinal de Gesvres, mort en 1744? ^ l'âge de quatre-vingt-huit ans, poussait un ])eu loin l'amour de la représentation. Il avait transj)orté dans son palais tout le cérémonial de la cour romaine. Il avait des pages, des estafîers, des gentilshommes et toute sorte de domestiques d'apparat. Cette troupe était sous les armes et faisait des exercices tous les jours, d'après un ordre hiérarchique, dans les antichambres et les salons du prélat. Après une heure de cette mise en scène fantastique, Gesvres renvoyait toute cette valetaille qui ne logeait pas dans son hôtel S
Tous ces j)rélats, quels que fussent leur faste et leurs rêves de grandeur, ne pouvaient rivahser avec la magnificence que les Rohan, évêques de Strasbourg, déployaient dexDTiis près d'un siècle au palais de Saverne, Le cardinal Ai'mand avait commencé avec un éclat extraordinaire. Placé, dit l'académicien Bougainville, x^eu après la conquête d'Alsace, sur la j)lïis importante de nos frontières, entre deux peuples puissants et rivaux, il semblait s'être chargé de représenter la France auprès de V Allemagne. Personne n'était plus fait pour y réussir. La beauté de ses jardins et de ses palais, ornés par les arts, donnaient une haute idée de notre goût; ses manières faisaient aimer nos mœurs, et la grandeur du sujet annonçait la majesté du souverain. « Ses correspondances continuelles avec les princes de l'empire, les ont souvent mis à la portée de lui donner des marques des sentiments qu'ils avaient pour lui. Il était dans l'habitude de leur offrir des présents et d'en recevoir. Les princes de Waldeck, de Bade, de Darmstadt et des Deux-Ponts, venaient de temps en temj)s passer plusieurs jours avec lui. L'électeur de Cologne lui rendit visite, en i^Sg, et trouva Saverne audessus de sa réputation. » Le marquis d'Argenson salue de son côté, dans « la belle Eminence, le i)lus parfait modèle d'un grand seigneur aimable. Il rej)résente, dit-il,
I. PÉCHEUR, op. cit., VII, p. 464- — d' du maréchal de Richeliea,\lll, 218-2
— d'Avenelj p. 245. — Soulavie, Mémoires "219.
à Saverne, mieux qu'aucun prince d'Allemagne, et même que les électeurs ecclésiastiques. Sa cour et son train sont nombreux etbrillants. Avec cela, il conserve cet air de décence qu'ont les membres distingués du clergé de France, et que ceux de l'Allemagne et de l'Italie n'observent pas.» A la fin de l'ancien régime, le cardinal Louis de Roban continuait sur le siège de Strasbourg les traditions de ses prédécesseurs. Il tenait véritablement état de souverain dans son palais de Saverne, qu'il avait fait rebâtir magnifiquement par l'arcbitecte Salins de Monfort, après l'incendie qui l'avait anéanti en 1779. Il y avait réuni des collections de physique, et d'bistoire naturelle, ainsi qu'une nombreuse bibliothèque. Toute la province répondait à l'invitation du prince-évêque qui pouvait mettre sept cents lits à la disposition de ses visiteurs, et encore on manquait quelquefois de place. Les écin'ies contenaient cent quatre-vingts chevaux ; les calèches étaient à volonté. Un maître d'hôtel parcourait le matin les appartemejntSj prenant note de ceux qui voulaient être servis chez «ux ; on leur portait à l'heure dite un dîner exquis. Le soir, tout le monde se réunissait pour le souper. « M. le cardinal, dit un témoin oculaire, l'ornait par sa présence. La beauté de son visage toujours riant inspirait la confiance ; il avait la vraie physionomie de l'homme destiné à représenter; l'ensemble de ses traits lui donnait toujours cet air qui fait adorer ; un regard qui ne lui coûtait rien était une pohtesse. » On jouissait à Saverne de la plus grande liberté et un mot latin, suadere, placé comme légende au-dessus de chacpie porte, indiquait que la persuasion, l'amabilité et la grâce, étaient les seuls moyens mis en œuvre pour attirer et retenir les hôtes. Les femmes de la noblesse y venaient de la province et même de la cour. « Il n'était pas, dit M. de Valfons, femme de bonne maison qui ne rêvât Saverne. » EUes prenaient part aux chasses organisées sur une vaste échelle. Six cents paysans, rangés avec des gardes de distance en distance, formaient une chaîne d'une lieue, parcourant un terrain immense, poussant des cris, battant les buissons et les bois. Les chasseurs attendaient au bas des coteaux le
gibier traqué de toutes parts et n'avaient qu'à choisir pour tirer*. Ces fêtes continuelles, ce faste, jetaient dans l'étonnement l'électeur de Cologne qui, malgré l'éclat de sa naissance et le chiffre de sa fortune, était très frappé de tant de magnificence.
Le cardinal, souverain à Saverne, fait grande figure à Paris dans son admirable hôtel de Rohan, rue VieiUe-du- Temple, auquel on a donné le nom de « Maison de Strasbourg ». On y admire encore le Salon des Singes, les paysages de Boucher et surtout le splendide bas-reHef de Le Lorrain, les Gheçaux d'Apollon, j)lacé sur le fronton des vastes écuries où le prince Louis entretenait ses cinquante-deux juments d'Angleterre. Parmi les objets d'art on remarquait les anciens livres d'heures, les missels brillamment enluminés qu'avait reçus le cardinal '.
Gomment être gentilhomme, mener un train de grand seigneur, sans être tenté de se livrer à la chasse, cette passion de la noblesse avant la Révolution? Certains prélats n'y résistent pas. M"»^ de Sévigné et Saint- Aubin, se promenantun jour à Livry, entendent « passer une personne au travers des arbres : nous avons regardé ; c'était un grand cliien courant. — Qu'est-ce que cela? a dit Saint-Aubin. — C'est un des aumôniers de M. de Senlis, luiai-je dit. » Au xviii® siècle, le maréchal de Belle-Isle, dans sa mission diplomatique, trouve l'archevêque électeur de Trêves ]Dris d'une infirmité contractée à la chasse, et qui l'oblige à lever la séance juste au moment où il faut répondre à ime question embarrassante. C'est dans une partie de chasse que le comte de Sade, représentant du roi, arrache à l'archevêque électeur de Cologne des engagements favorables à la France ^.
1. Souvenirs du marquis de Valfons. — « On faisait trois battues jusqu'à une heure de l'après-midi. A ce moment toute la société se réunissait sous une belle tente, dans un site agréable, au bord d'un ruisseau. On dinait gaiement, et comme il fallait que tout le monde fut content, il y avait des ronds et dès tables creusés dans le gazon pour tous les paysans, dont chacun recevait une livre de viande, deux livres de pain et une demi-bouteille de vin. Quand la chaleur était un peu tombée chacun allait reprendre son poste de chasse, et la battue recommençait. »
2. Cf. Frantz Funck-Brentano, V Affaire du Collier, 1902, in-12, p. 80-Si.
3. Mme de SÉviGNK, lettre du 6 octobre 1679. — Duc de Broglie, Frédéric II et Marie-Thérèse, t. I, p. ajS-Soi.
FASTE DES EVEQUES lOI
Quelques prélats français chassaient encore au XVIII® siècle. La maison de campagne où l'on passe une partie de l'été n'est-elle pas justement dans le voisinage des bois? Le château d'Herbey, bâti par les évêques de Grenoble, s'ouvre par un haU splendide, qui était le rendez-vous des émules de Nemrod *. Parmi les plus grands chasseurs, on citait M. de Grimaldi, évêq[ue du Mans. On pouvait le voir partir de son château d'Yvré à la poursuite du gibier, entouré de jeunes seigneurs, portant gibecière au côté, veste et culotte rouges, bas blancs et le reste à l'avenant. Il avait de la peine à renoncer à cet exercice même le dimanche. Il ne craignait pas, les jours fériés, de parcourir la campagne avec sa meute et ses piqueurs durant de longues heures. Un dimanche, raconte son historien, M, de Grimaldi, en équipage de chasse, rencontra une procession qui allait, avec croix et bannière, psalmodier les litanies de la Vierge dans un sanctuaire voisin. Que faire? La décision du prélat est bientôt prise ; il traverse carrément à cheval la foule des pieux fidèles un peu étonnés de cette rencontre. M. de Grimaldi chercha à s'assurer les propriétés de l'abbaye de la Perine qui gênaient sa passion cynégétique. Dès son arrivée au Mans, on remarqua qu'ayant pubMé un nouveau tableau des cas réservés, il avait supprimé la suspense portée contre les ecclésiastiques se livrant à la chasse. M."^^ Campan - dit, au sujet du cardinal de Rohan, ambassadeur de France à Vienne, que, « un jour de Fête-Dieu, lui et toute sa légation, en uniforme vert, galonné en or, avaient forcé une procession qui les gênait, pOur se rendre aune partie de chasse chez le prince de Paars ».
Les Mémoires du temps racontent qne Dillon, archevêque de Narbonne, chasseur intrépide, eut quelques difficultés avec ses curés auxquels il interdisait une distraction dont il usait largement pour lui-même. Un de
1. Nous avons pu le visiter. On montre à côlé la chambre où, en 1788, au retour des états de Romans, l'évêque de Grenoble, M. de Bonteville, se suicida avec son fusil de chasse, dans un accès, croit-on, de fièvre «haude.
2. DoM PioLiN, Histoire de l'église du Mans, t. VI, p. 5a8. — Mme Campan. Mémoires t. I, p. 68. — Les quarante-deux hectares de garenne de l'évêque de Troyes étaient loués 120 fr. en iji3.
I02 FASTE DES EVEQTJES
ses prêtres, frappé j)our délit de chasse, fit intervenir nn protecteur qu'il avait à la cour. A ce sujet, Louis XVI dit un jour à Dillon : « Monsieur l'archevêqpie, l'on dit que vous aimez beaucoup la chasse. — Oui, sire. — Je le le conçois et moi aussi, mais vos curés l'aiment également beaucoup. Pourquoi donc la leur défendez-vous, puisque vous vous la permettez? — Par une raison très simple. Sire, répondit l'archevêque, c'est que mes vices viennent de ma race, et que les vices de mes curés sont d'euxmêmes*. » Dillon n'était jamais en reste de bons mots, même avec un interlocuteur royal.
Il ne faudrait pas juger le clergé de France d'après ces quelques faits exceptionnels et qui faisaient scandale. N'allons pas non plus nous représenter en costume de chasse tous les prélats de l'ancien régime. Ceux qui se livraient à cet exercice sont signalés, parce qu'ils étaient la petite minorité. La plupart des statuts diocésains défendaient au prêtre la chasse. L'anecdote de Dillon prouve que des prélats chasseurs auraient j)u difficilement maintenir une telle prohibition. Bernis, une fois archevêque d'Albi, s'interdit ce genre de distraction. L'Infant de Parme lui écrit, en 1764 : « Je vois avec admiration que la vue des bécasses et des perdrix ne vous cause plus de regrets. » L'iiistorien de M. du Tillet, évêque d'Orange, fait observer qu'il avait complètement renoncé au j)feisir de la chasse, une des grandes occupations, XDresque une passion de sa jeunesse. M. de Reboul de Lambert, évêque de Saint-Paul-Trois-Ghâteaux, rendait un jour visite à l' évêque de Viviers, M. de Savihe, qui lui montra sa belle meute. — « La mienne l'emporte sur la vôtre, lui dit Reboul de Lambert. Elle comprend les pauvres, les borgnes, les aveugles, les boiteux et les estropiés. »
I. Duchesse d'Abrantès, Histoire des salons de Paris, t. l, p. 293-298. — Talleyrand (Mémoires, I, p. 3o-3i) dit : « M. de DUlon, archevêque de Narbonne avait une terre auprès de Solssons où il passait six mois de l'année à la grande chasse. Cette terre se nommait Haute-Fontaine. » Les chasses de Dillon n'aA^aient donc guère lieu dans son diocèse.
, Biens de la mense épiscopale. — Différence étonnante entre les diocèses pour la richesse et le nombre des paroisses. — Evêchés de rien, évêchés de faveur. — Richelieu et l'évêché crotté de Ljiçon. — Les abbayes a:ugmentent les revenus des évêques.
— Les plus opulentes sont données aux plus riches prélats^ surtout aux cardinaux. — Chiffre énorme d'une telle dotation.
— Mais beaucoup d'évêchés sont grevés de pensions qui se généralisent pour satisfaire la nuée de demandeurs. — II. Malgré cette opulence, plusieurs prélats sont endettés. — Charges du premier établissement. — Evêques ruinés par leurs constructions. — Le cardinal de Rohan endetté malgré ses immenses revenus. — Les dépenses des cardinaux ambassadeurs : Bouillon, Bernis. — III. Autre cause de ruine pour certains prélats z insouciance de leurs affaires. — Bossuet moins pratique que Fénelon. — Curieuse anecdote sur d'Estrées. — Cause plus grave encore : l'excès à peu près général de la représentation. — Exemple pris dans une situation moyenne : détail des dépenses faites au commencement du xviii" siècle par M. de Grignan, évêque de Carcassonne. Son train et ses dettes. — IV. On était alors m.pins exigeant que de nos jours sur les questions des dettes. — Mot de Dillon. — Bien se garder ici de généraliser. — Exemples de prélats restés simples dans l'opulence. —. Cependant l'impression que donne le train de ces évêques, c'est un excès de dépense et de luxe. — Plaintes amères, en 1789, contre ce faste et cette profusion de biens d'Eglise à une caste privilégiée. — La Révolution, en terrible visiteuse, va interrompre ces fêtes brillantes. — Quels malheurs elle réserve à Delphine de Sabran naguère mariée à Custine dans le château d'Anizy par l'évêque de Laon.
Il fallait de gros revenus aux évêques d'ancien régime, pour mener le train que nous venons de décrire. Ils avaient, comme première ressource, la mense épiscopale dont le rendement provenait d'ordinaire des biens-fonds, des dîmes et des droits féodaux de l'évêché.
Les lods et ventes faisaient monter à 600.000 livres, grâce au duclié-j)airie, les revenus de l'arclievêque de Paris, portés à 200.000 livres dans l'almanacli royal. Le même document attribue à l'évêque de Strasbourg 400.000 livres, à rarchevêque de Cambrai 206-.000, à l'archevêque de Narbonne 160.000, aux archevêques d'Auch et d'AJbi, à l'évêque de Metz, 120.000 hvres, à l'archevêque de Rouen 100.000 Hvres ^ Mais il suffît de poursuivre la lecture de l'almanach pour voir quel contraste il y avait, en fait de richesses, entre les divers prélats de France. Tandis que Strasbourg.apporte à son titulaire une véritable opulence, nous trouvons Valence, Troyes, Chalon-sur-Saône, inscrits misérablement pour 14.000 livres; Saint-Brieuc, Saint-Flour pour 12.000; Gap pour 11.000; Senez, Glandève. Grasse, Saînt-Paul-Trois-Châteaux pour 10.000; Apt pour 9.000, enfin Digne et Vence pour 7.000. Encore la situation avait-elle été améliorée, sur l'initiative du clergé qui, dans l'assemblée de 1784, recommanda à Marbeuf, ministre de la feuille, les pauvres évêchés situés spécialement en Provence et en Dauphiné '.
La même inégalité existait quant à l'étendue et à l'importance des diocèses. Les événements politiques et religieux, les divisions de l'ancienne Gaule et des royautés fpanques leur ont fait donner des proportions fort diverses. On en compte treize en Provence et six seulement en Dauphiné, vingt-huit en Languedoc et en Gascogne et et très peu en Bourgogne. Les papes d'Avignon les ont multipliés dans le Midi de la France j)our se créer des partisans. Il est rare, sauf dans le Languedoc et en Bretagne, où le diocèse lui-même servait d'unité administrative, que la circonscription militaire, financière,
1. Puis venaient Beauvais 96.000 livres, Toulouse et Bayeux 90.000 livres. Tours 82.000, Arras 80.000, Verdun 34.000, Sens et Condom 30.000, Lavaur et La Rochelle 64.0002 etc. Les archevêchés de Lyon,Reinis, Bourges, ne sont portés qu'à 5o.ooo livres, Bordeaux 55.ooo, Besançon 36.ooo livres.
2. Procès-verbaux de l'assemblée de J7S5, in-f», pag. 523, 534, io45. La gêne de ces évèchès avait été aggravée par l'augmentation de la portion congrue des curés. L'assemblée de 1385 envoya une députation à Mgr de Marbeuf, pour le remercier d'avoir déjà pourvu à la dotation des évechés de Toulon et de Digne, et pour lui recommander les évêchés de « plusieurs autres diocèses ». Il n'est pas étonnant qu'un évêque de Toulon se plaignît d'être ruiné par la réception des oiflciers de marine qui se pressaient dans ce port.
OPULENCE ET DETTES DES ÉVÊQUES Io5
judiciaire, concorde absolument avec la circonscription religieuse. Les droits mal définis entraînent parfois des empiétements mutuels. L'assemblée du clergé fit, en i636, un règlement « contre les archevêques qui entreprenaient sur les diocèses des autres * ».
L'inégalité des diocèses se traduit par une différence extraordinaire dans le nombre des paroisses. Bourges en compte 792, Amiens et Glermont 800, Besançon 812, Limoges 868, Rouen jusqu'à i388. Chartres, qui a encore 810 paroisses en 1789, en avait eu 1700 avant les démembrements du diocèse. En retour, nous n'en trouvons que 34 à Saint-Paul-Trois-Ghâteaux, 33 à Senez, 32 à Apt et à Digne, 25 à Agde, 23 à Grasse et à Vence, 20 à Toulon et à Orange. Quelques diocèses semblent avoir perdu leur cbef-lieu, du moins l'évêque de Senez réside depuis longtemps à Gastellane. Le diocèse de Glandève n'a plus sa capitale, détruite au xiv^ siècle. A cette époque, les habitants se retirèrent à Entrevaux où demeura également le pontife. Ges petits évêques devaient avoir conscience de leur néant, en présence des prélats que leur titre rendait ducs et pairs, princes, et possesseurs de centaines de mille livres de rente. Cependant le revenu des évêchés n'étaient pas en proportion du chiffre des paroisses. Un certain nombre sont riches tout en ayant bien peu de cures. Ainsi, dans le diocèse de Mirepoix, nous trouvons seulement 28 paroisses et 3o.ooo Kvres de revenu pour l'évêque, à Marseille 3i paroisses et 3o.ooo hvres, à Saint-Papoul 44 paroisses et 45. 000 livres.
Nous savons par la correspondance de Richelieu que les sièges mal dotés étaient traités d' évêchés crottés. Luimême nous a fait confidence de sa pauvreté, de sa gêne, dm-ant les années qu'il passa à Luçon. « Nous sonunes tous gueux dans ce pays, écrivait-il, et moi tout le premier... Je puis vous assurer que j'ai le plus vilain évêché de France, le plus crotté et le plus désagréable. » Mal logé, n'ayant, ajoute-t-il, « aucun lieu » où il puisse « faire du feu à cause de la famée », sans jardin pour se prome-