I. D'AVENEL, III, 242-a
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ner, il est mal à l'aise dans ce village de Luçon dont un proverbe disait en mauvais vers ;
Beati qui habitant urbes,
Exceptis Luçon, Séez et Maillezais *.
Au milieu de cette misère, il est « un peu glorieux », il avoue des « goûts fastueux ». Il a un maître d'hôtel qui fait merveille et dont les convives apprécient beaucoup les talents. Il voudrait rehausser le service par de la vaisselle d'argent. « Je suis gueux, dit-il, de façon que je ne puis faire l'opulent; mais toutefois, lorsque j'aurai plats d'argent, ma noblesse sera fort relevée ". » On comprend l'embarras d'un homme ainsi tiraillé entre sa pauvreté et son désir de faire grand.
Le xviii^ siècle avait encore ses évêchés crottés. C'étaient les moins ambitionnés. Il fut un temps où le roi devait chercher pour l'évêché de Grasse « un bon ecclésiastique dans le J)ays, étant difficile que Sa Majesté en pût prendre ailleurs pour cette charge qui ne vaut que 4 à 5.000 francs ». A la fin de l'ancien régime, on aurait facilement trouvé pour Grasse un prélat du dehors, mais les yeux étaient tournés vers les évêchés de faveur. Ceux-ci devaient remplir une double condition, être bien dotés et n'être pas trop éloignés de la cour. Il n'était pas
1. L'abbé Maury, grand vicaire à Lombez et s'y ennuyant, s'écriait un jour, en montrant la petite ville :
Beati qui habitant urbes, Prœter Saint-Papoul et Lombez.
L'évêqrue de Gouserans habitait à Saint-Lizier, l'évêque de Comming-es à Saint-Bertrand, Gouserans et Gomminges n'étant pas des noms de ville, mais de région.
2. AvKNEL, Lettres, instructions et papiers d'Etat de iîicfeeiieu, i853-i8345 8 vol. in-4°. Introduction, p. lx et t. I, p. 26 et V, p. 468. — Dans son Testament (t. 1, p. i38)j Richelieu paraissait se souvenir de ses débuts difficiles, quand il a écrit cette page : « Il arrive souvent qu'un évalue riche en toutes les qualités que lui donnent les canons, et que la pieté des gens de bien peut lui désirer, mais pauvre par sa naissance, demeure des deux ou trois ans dans l'impuissance de faire sa charge, tant par le payement des bulles auquel les concordats l'ont obligé, qui emporte souvent une année entière de son revenu, qu'à cause que ce nouveau droit lui en soustrait uiï autre. De sorte que si l'on joint a ces deux dépenses celle qu'il faut qu'il fasse pour acheter les ornements dont il a besoin et se meubler selon sa dignité, il se trouvera souvent que trois ans se
Eassent avant qu'il puisse rien tirer pour sa nourriture, ce ^ui fait que eaucoup ne vont pas à leur évêché, s'excusant sur la nécessité, ou quittent le ménage (résidence) qu'ils sont contraints d'y faire, et se privent de la réputation qu'ils doivent avoir pour paître leur troupeau, aussi bien par l'exemple et plusieurs actions de charité que par leurs paroles. »
toujours facile de réunir les deux avantages et il fallait parfois sacrifier l'un à l'autre.
La pluj)art des évêques trouvaient un appoint considérable à la mense épiscopale dans les abbayes qui leur étaient attribuées ou qu'ils avaient fait unir à leur siège ^ C'était pour eux un moyen d'augmenter beaucoup, parfois de doubler, de tripler leur revenu. D'après les cliiffres donnés par l'almanach royal de 1788, ces abbayes assurent aux titulaires un supplément de rente qui est de 100.000 livres pour M. de Bernis, archevêque d'Albi, de 106.000 pour M. de Brienne, archevêque de Toulouse, de 120.000 pour M. de Dillon, archevêque de Narbonne, de i3o.ooo pour M. de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen ".
On voit que les plus grasses abbayes allaient aux
1. « L'évêque de Laon (ttochechouart, ambassadeur à Rome, puis cardinal) mérite le cordon bleu ecclésiastique ; il a besoin d'être aidé par une abbaye. » Lettre de Bernis, Mémoires, II, p. 329.
2. Donnons quelques détails. L'archevêque d'Aix, Boisgelin, a en jouissance comme abbayes: Saint-Gilles, 14.000 livres, Saint-Maixent, i.4ooliv., Chalais, So.ooo liv.; — Dulau, archevêque d'Arles, a Ivry, 4-ôoo liv. ; — Bernis, archevêque d'Albi, a Saint-Médard de Soissons, So.ooo liv., et les Trois-Fontaines, So.ooo liv.; — Durfort, archevêque de Besançon, a La Charité, i.îîoo liv., et Lessay, 9.000 liv.; — Gicé, archevêque de Bordeaux, a La Grasse, 18.000 liv., et Ourscamp, 4,5oo liv. ; — Fontanges, archevêque de Bourges, a Saint-Lucien, 16,000 liv. ; — Ronan-Guéméné, archevêque de Cambrai, a Mônt-Saint-Quentin, 18.000 liv. ; — Montazet, archevêque de Lyon, a Saint-Victor, 35.ooo liv., et Moustier-en-Argonne, iS.ooo liv: ; — Dillon, archevêque de Narbonne, a Saint-Etienne de Caen, 70.000 liv., et Signy, So.ooo liv.; — Luynes, archevêque de Sens,^ a Corbie, é6.ooo liv., et Cerisy^ 16.000 liv. ; — Talleyrand-Périgord, archevêque de Reims, a Saint- Quentm-en-l'Isle, a5.ooo liv., et Cercamp,3o.ooo liv. ; — La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, a Cluny, 5o,ooo liv., et Fécamp, 80,000 liv. ; Le cardinal de JRohan, évêque de Strasbourg, a La Chaise-Dieu, 20.000 liv., et Saint-Waast, 40,000 liv. ; — Le Franc de Pompignan, archevêque de Vienne, à Saint-Chaftre, 10.000 liv. ; — Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, a Saint-Ouen, 55,ooo liv.. Saint- Vandrille, So.ooo liv., Basse- FontainOj 1,200 liv., Moissac, 18.000 liv. Voilà pour les archevêques. — Quant aux évêques, Polignac, évêque deMeaux, a l'abbaye deSaint-Epure, So.ooo liv. ; — Grimaldi, évêque de Noyon, l'abbaye de Saint- Jean, So.ooo liv. ; — Gàllard de Terraube, évêque du Puy, l'abbaye de Saint- Paul, So.ooo liv. ; — Cortois de Quincey, évêque de Belley, l'abbaye de Conches, So.ooo liv., plus celle de Saint-Martin, 455oo liv. ; — Bourdeilles, évêque de Soissons, l'abbaye de Saint-Jean-des-Vignes, So,ooo liv., plus la Trinité de Vendôme, 12.000 liv. ; — Suffren-Saint-Tropez, évêque de Sisteron, l'abbaye de Saint- Vincent de Metz, 36. 000 liv.; — Girac, évêque de Rennes, les abbayes de Froidmont, 22.000 liv., et de Saint-Evroul, 20.000 liv.; — Agoult de Bonne val, évêque de Pamiers, l'abbaye de Ferrières, 45.000 liv. ; — Marbeuf, évêque d'Autun, l'abbaye du Bec, 60.000 liv.; — M. d'Argentré, évêque de Seez, les trois abbayes d'Olivet, 2.5oo liv., de Saint-Aubin, 20.000 liv., de Saint-Germain-d'Auxerre, 14.000 liv. ; — Son frère, l'évêque de Limoges, l'abbaye de Vaux-de-Cernay, j.Soo liv., de Saint- Jean-d'Angély, 12.000 liv. — Le brevet de nomination (ainsi de tous les autres)^ de l'abbé de Grignan, à l'évêché de Carcassonne, en i68i, porte : « Réserve des pensions ci-devant establies sur ledit évêché, lesquelles pensions S. M. veut estre payées. » Charpentier, op. cit.
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prélats occuj)aiit les sièges les mieux rentes. Quelques titulaires de petits évêchés avaient une modique part* dans la grande répartition des biens ecclésiastiques. Plusieurs évêchés moyens trouvaient également dans un bénéfice un suj)plément important de revenus . Mais les situations véritablement hors ligne par leur opulence étaient peu nombreuses, même dans l'épiscopat. Il semble qu'en livrant les jîlus grandes abbayes aux prélats déjà dotés des menses les j)lus riches, on ait voulu montrer ce que pouvait la faveur des princes et aussi éblouir la nation pai' le faste de quelques privilégiés. Les prélats les plus désintéressés et les plus irréprochables ne se faisaient point scrupule de cumuler ainsi les bénéfices. Un refus était une exception si rare qu'elle passait pour un phénomène. Le siège de Paris était exclu de ces faveurs. « L'usage, dit un contemporain, interdit la pluralité des bénéfices à l'archevêque de Paris, comme il l'autorise dans les autres prélats du royaume. On trouverait indécent qu'un archevêque de Paris ne se contentât pas de son archevêché -. » Il avait en effet de quoi se suffire avec ses 600.000 livres de rente.
Les cardinaux étaient d'ordinaire les mieux partagés dans cette distribution. Richelieu, Mazarin s'étaient fait d'énormes revenus en bénéfices. Le cardinal de la Valette n'avait iDas moins de huit abbayes. Le cardinal Dubois
I. En 1588, l'évêque de Glandève (10.000 livres) a une abbaye de 4.000 liv. ; l'évêque de Senez (10.000 liv.). une abbaye de 8.000 liv. ; l'évêque de Gap
une abbaye de 12.000 liv., l'autre deux abbayes de 10.000 liv. et de 4000 liv. Le pauvre évêque de Digne (j.ooo liv.), jouit de deux abbayes, l'une de 6.000 liv., l'autre de a. 000 liv. — En retour, nous voyons réduits les évêques de Saint-Brieuc à ses 12.000 liv., de Grasse à ses 10.000, d'Apt à ses «).ooo, de Vence à ses 3.000 liv.
2. Laurent, Essai sur la réforme du clergé, 1389, p. 332. — Le cardinal La Rochefoucauld, archevêque de Rouen au moment de la Révolution, « était arrivé au faîte des honneurs ecclésiastiques sans que l'intrigue eût eu la moindre part à son élévation. Riche de 400.000 livres de rente, il n'avait jamais témoigné le désir d'avoir au delà d'un bénéfice. Avec de pareilles dispositions, il aurait mieux fait de n'en avoir efifectivement qu'un ; mais des personnes intéressées à ce q;ue son opulence allât toujours en croissant lui persuadèrent que ses nautes dignités exigeaient une augmentation graduelle de revenus, et ce sophisme le trompa. » Mémoires de l'abbé Baston, 3 vol. in-8, t. II, p. 382. — M. Hébert, évêque d'Agen au xvii» siècle, ne voulut jamais avoir d'autre bénéfice, ce qui était une exception presque unique.
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enflait ses titres de l'énumératioii pompeuse de ses neuf abbayes, et ne devait pas être loin de son million. Le cardinal PoKgnac cumulait avec le riche archevêché d'Auch, les abbayes de Gorbeil, d'Anchin, de Mouzon, de Begard et de Bonport, sans compter trois prieurés. 'Loménie de Brienne prouvait par son exemple ce qu'un cardinal ministre, et ministre congédié, pouvait engloutir. Cette situation n'était pas particulière à la France. Nos plus riches bénéficiers, l'évêque de Strasbourg excepté, n'arrivaient pas aux 800.000 livres de l'archevêché de Tolède.
D'après l'état fourni par Valmanach royal, quinze archevêques et soixante-dix-neuf évêques se partageaient 1.224.800 hvres en abbayes. Cette somme, ajoutée au produit des évêchés, portait à environ sept millions la dotation de l'épiscopat avant la Révolution*. Encore faut-il augmenter singulièrement ces chiffres - pour avoir l'estimation véritable. Il y a lieu aussi de tenir compte de la différence de valeur de l'argent, si l'on veut savoir ce qu'ils représenteraient aujourd'hui. On devine l'importance, le prestige, que lui donnait aux yeux des peuples cette grande situation territoriale. Quelle base solide à sa
1. On a additionné (Granikr de Gassagnac, Histoire des Causes de la Révolution française, t. I, p. 23i-236) les revenus des archevêchés et évêchés de France. Le total en est, d'après l'almanach royal, de 5.819.300 livres. II faut ajouter à ce chiffre les i.2!24-8oo livres de revenus en abbayes. En IJ89, l'abbaye commendataire de Saint-Germain-des-Prés n'avait pas de titulaire. La mense abbatiale, d'après les déclarations de 1390, avait 360.826 livres de revenu, et 124.391 livres de charges, soit un revenu net de 235.935 livres. L'almanach royal de 1389 porte ces revenus à i3o.ooo livres.
2. Ainsi les déclarations officielles de 1790 portent à i3o.ooo livres les revenus de l'évêché de Langres évalués à Sa.ooo liv, dans l'almanach ; à 86.000 liv. ceux de l'évêché de Mende, évalués à 40.000 liv. dans l'almanach, etc. D'après Monerie de Gabrens (op, cit., p. 5) la déclaration des biens faite, en 1390, pour l'évêché de Garcassonne, porte les revenus à ii5 534 liv., dont 43-299 de charges diverses. Or le chiffre de l'almanach royal n'est que de 35. 000 liv. En retour, dans beaucoup d'évêchés, les déclarations de 1390 n'atteignent pas au double de la somme. Les revenus de l'archevêché d'Albi, portés à lao.ooo liv. dans l'almanach royal, étaient de 2x3.368 liv. d'après la déclaration de 1390; il y avait 30.199 liv. de charges. Masson, op. cit., p. 43. — D'après Deramecourt, op. cit., I, 309- 3io, les revenus de l'évêché d'Arras, portés à 80.000 liv., dans l'almanach royal, ne montaient qu'à 33.112 liv. en 1352. Il est vrai que l'évêque d'Arras percevait, en outre, les droits suivants de chancellerie : pour la provision d'une prébende à la cathédrale, 3 liv. 4 sols ; pour droit de visite appelé Past, 12 liv. ; pour la bénédiction d'une église, 12 liv. ; pour la réconciliation d'un cimetière, 12 liv. ; pour la permission de desservir un bénéfice, i liv. ; pour la députation d'un doyen, 2 liv. 10 sols ; pour la provision d'un écolâtre, 3 liv.; pour la confirmation d'un abbé ou d'une abbesse, 20 liv. ; pour leur bénédiction, 12 liv. D'après Manaud de Boisse, op. cit., l'évêché de Couserans, appelé l'évêché d'or à cause de ses revenus, jouissait de 3o.ooo liv. L'Almanach royal lui en donne 24.000.
puissance, à son crédit, que cette large assise de biensfonds, ^Datrimoine séculaire de l'Eglise de France !
Il importe néàmoins de signaler ici un fait dont on n'a j)as tenu assez compte dans l'appréciation de la fortune des évêques avant la Révolution, c'est que d'ordinaire leurs abbayes et même leur évêcbé étaient grevés de pensions, qui diminuaient d'autant leurs revenus. Les sièges les plus ricbes surtout, parfois les plus médiocres, étaient soumis à cet impôt. Le désir de s'assurer une part des bénéfices ecclésiastiques, les sollicitations de toute sorte adressées au roi, avaient produit un encbevêtrement singulier dans la répartition des biens d'Eglise. Depuis longtemps, on s'était plaint des pensions que la faveur arrachait à la volonté royale sur les évêcbés et les abbayes.
Dans les premières années du xvii^ siècle, l'archevêque de Tours a une pension sur les évêchés de Navarre, des chevaliers de Malte l'ont sur l'évêché de Mende. Luçon en paie pour 4'4oo liv. L'évêque de Pamiers demande à être déchargé de celles « qui foulaient ce pauvre et désolé évêché »; ses pensionnaires « venaient le persécuter jusque dans les' montagnes où les violences des guerres l'ont relégué ». L'abus ^Dersiste durant tout le xvii® siècle *, et traverse le xviii^ pour ne cesser qu'avec la Révolution, c'est-à-dire avec la fortune de l'Eglise. En 1767, Jarente, alors évêque de Digne, nouvellement chargé de la feuille des bénéfices, faisait une déclaration significative. « Feu M. de Mirepoix (Boyer, évêque de Mirepoix, ministre de la feuille), écrivait-il, à qui le j)ied avait glissé en cette
I. D'AvEXEL, III, 326. Il en était de même à l'étranger. Le cardinal protecteur d'Espagne à Rome, recevait 40.000 ducats sur un évêché espagnoL En i6t58^ l'évêque de Mende, dans une lettre à Colbert, donnait l'état ci-joint des pensionnaires de Mende: «Mgr l'évêque de Saint-Flour, i.ooo liv.; M. le commandeur de la Mothe, son frère, i.5oo liv.; M. l'abbé Tallemant, i.5oo liv ; le. P. Goth, de l'Oratoire, aumônier de la reine d'Angleterre, i.ooo liv. ; M. Benserade, 2,3oo liv, ; M. Mérigot, secrétaire de M. le duc de Nevers, i,5oo liv.; M. de la Potterie, bibliothécaire de feu Mgr le cardinal, 1,200 liv. ; Peliari, garde des meubles du mondit sieur le cardinal, 1.200 liv. ; Ms. Mél. Colbert, 148. — Gérin, op, cit., p. Sp.
— Ouvrons le journal de Dangeau. « 3 avril 1684. M. le prince Camille (de Lorraine) eut 2.000 écus de pension sur l'archevêché d'Auch,etM. de Montgommery, colonel de cavalerie, i.ooo écus sur le même archevêché.
— 20 avril i685. Moret, valet de chambre, eut une pension de i.ooo liv. sur l'évêché d'Aire. — 16 avril 1694. Le roi donne à Joyeux, premier valet de chambre du Dauphin, 6.000 liv. de pension sur l'abbaye de Saint Amand et Joyeux se démet de l'abbaye de Serry. »
partie, a tellement chargé les bénéfices de pensions que, quand ils viennent à vaquer, il est impossible d'y en mettre de nouvelles, et je n'ai pu en proposer au roi, sur tontes les vacances depuis quatre mois, que pour 6.000 livres *. »
On découvre cependant le moyen d'alourdir encore les charges, que d'ailleurs la joie d'être évêque fait plus facilement accepter. Le cardinal de Bernis voit imputer à l'archevêché d'Albi 10.920 liv. de pension ainsi réparties : 5.600 à M. du Lau, ancien curé de Saint-Sulpice, 1.680 à M. du Lau, archevêque d'Arles, 2.800 à l'abbé Barthélémy, 840 à l'évêque de Saint-Omer. M. de Bruyères- Chalabre, nommé en 1778 à l'évêché de Saint-Omer, émarge, il est vrai, sur l'archevêché d'Albi; mais il doit s'engager à acquitter sur son évêché une pension de 18.420 liv., que le roi, dans son bon cœur, trouve à propos de faire servir à diiFérents ecclésiastiqpies de Béziers, d'Uzès, de Beauvais et de Besançon". A partir de 1787, l'abbé de Boulogne touche 2.000 Hv. de pension sur l'archevêché d'Aucli.. L'évêque de Limoges voyait un tiers de ses revenus passer à ce genre d'impôt. On pourrait multiplier les exemples. Il est bien peu de sièges qui échappent à cette mainmise. Bientôt la confession publique et forcée que durent faire, en 1790, les bénéfîciers, révélera toutes les hypothèques dont étaient grevés les évêchés et les abbayes de France '. M. de Vintimille, par exemple.