‹ L'ancien clergé de France [microform]Chapitre 303 sur 354 · SERMENT DE HAINE A LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

SERMENT DE HAINE A LA ROYAUTÉ

s'y conforraaet donna par écrit les raisons de sa conduite. Dans le diocèse de Montpellier, on compta i6i prêtres qui firent ce serment de haine à la royauté. Parmi ceux qui avaient donné l'exemple se trouvait l'abbé Gamba^ cérès, frère du second consul, et qui devait être archevêque de Rouen, en 1802. A Angoulême, de nombreux ecclésiasticpies s'y soumirent pour pouvoir conserver l'exercice de leur ministère. Le principal grand vicaire ^ refuse de les blâmer, les tenant, dit-il, pom* de mauvais politiques mais non pour de mauvais prêtres. A Bourges, 53 prêtres et i5 religieuses crurent pouvoir jurer, le 12 janvier 1798. Du fond de son exil, l'archevêque de ce diocèse, M. de Puységur, réprouva cet acte de complaisance, et « dit sa vive douleur » à la vue de ce qu'il appelle une faiblesse coupable 2.

Ceux cpii prêtèrent ainsi le serment de haine à la royauté purent s'autoriser de M. de Belloy, évêque de Marseille, Au mois d'octobre 1797, il adressa à son clergé un Açis pour l'engager à le faire dans le sens de l'interprétation donnée par le député GhoUet. « Il faut observer, disait ce prélat, que la religion est par elle-même indifférente à la forme de gouvernement, oU royaliste ou républicain, c'est-à-dire qu'elle ne commande aucun des deux. Il faut également observer qu'un gouvernement ne pou-

1. On est frappé de voir avec quelle largeur d'esprit et quelle indépendance de jugement ce grand vicaire, M. Vigneron, discute cette question des divers serments. Il s'inspire des exemples du Conseil de Paris et de M. Emery. Cf. Blanchet, op. cit., pp. 3o4, 3o5, 553-555, 562-58i. — Pour Montpellier, cf. Saurel, op. cit., III, pp. 174, ï^S.

2. Cf. Brimont, op. cit., p. 326-328. — L'évêque de Perpignan, M. d'Esponchez, écrivit à son diocèse pour interdire ce serment. (Torreilles, op. cit., p. 657.) — L'évêque de Luçon, M. de Mercy, écrivait le 17 octobre 1797 : «La haine ne se commande pas. Le chrétien ne peut haïr que le péché. Le gouA'-ernement monarchique est bon en lui-même. Il peut ne pas convenir à tous les peuples, mais les républicains eux-mêmes ne peuvent pas lui jurer haine. Qui sait s'ils ne reviendront pas à ce gouvernement patei"nel ? » Autre lettre du même prélat, le 8 février i8«x), au sujet du même serment : « Je ne le crois pas légitime. Tout ce que nous pouvons promettre, c'est de ne rien faire pour provoquer ce retour, autrement que par nos prières, et de nous engager à ne jamais rien faire qui puisse tendre à troubler la tranquillité publique. » Lettres inédites.

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