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LES ÉVÊQUES AUX ASSEMBLÉES PROVINCIALES

tel autre, combattre la proposition de Dupont sur la circulation des grains, avec une notion de l'économie politique qui supposait de longues études. On a calcidé qu'en deux ans, duaS août 1789 au 3o septembre 1791, Maury prononça cent trente-cinq discours. Il lui arriva de monter treize fois à la tribune dans une seule semaine. Rien n'échappe à sa compétence : vérification des pouvoirs, jiuûdiction prévôtale, suppression de la gabelle, organisation des municipalités, formation des départements, gouvernement des colonies, desprisons, caisse d'escompte, agiotage, constitution de l'armée, état des Juifs, réforme du code pénal, système des impositions, municipalité de Paris, papier monnaie, droit de veto, les sujets les plus variés et les plus profanes font le sujet de ses harangues. Une telle fécondité ne s'explique pas simplement par une faculté prodigieuse d'assimilation et d'improvisation. Elle suppose des notions depuis longtemps acquises dans une société qui, sur la fin de l'ancien régime, se porta avec une ardeur extraordinaire vers les questions administratives.

Evoquons, à la fin de* cet exposé de la sollicitude temporelle et de la science administrative du clergé sur la fin de l'ancien régime, la figure d'un prélat dont la réputation n'a pas dépassé les limites de sa province. La grandeur de son rôle dans une cité modeste du Languedoc, nous dira assez avec quel engouement, quelle énergie, quelle initiative, quel succès, les premiers pasteurs des diocèses travaillaient alors au bonheur et au bien-être de. leur peuple. Nous voulons parler de Mgr de Barrai, évêque de Castres. L'étranger arrivant dans la ville, aurait trouvé, près d'une des portes, au milieu d'une route en construction, lin homme de taille moyenne, l'œil pénétrant, la tête légèrement inclinée sur l'épaule gauche et couverte d'une perruque ronde,» « tenant un compas d'une main, de l'autre un papier avec un crayon, mesurant, calculant, additionnant, ici posant un jalon, là fai-

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saut enfoncer un jDiqiiet, traçant des lignes au cordeau ou promenant tm niveau sur les inégalités du terrain » : cet homme, c'était l'évêque de Castres qui s'était fait arpenteur, géomètre, arcliitecte *, pour donner à la construction des routes, aux travaux de la ville, ime marcke sûre et une impulsion décisive. Pendant vingt ans il travaille avec une indomptable énergie à ouvrir le pays castrais à toutes les influences de la civilisation. Pour lier Castres, d'une part avec Toulouse, de l'autre avec Montpellier, pour établir des communications avec les villes voisines, il fait passer des routes à travers les forêts, les ravins, les terres mouvantes de la Montagne noire, des roches granitiques, des plateaux âpres et décharnés. Par ses conseils, sa com^Détence, sa persévérance, par ses importunités auprès des Etats du Languedoc, de l'intendant de la province, de la sénéchaussée, des Etats castrais, des municipahtés, des couvents, il vient à bout de ses entreprises et, avant de mourir, il peut faire en voiture les visites pastorales dans son diocèse, lui qui, pour i^rendre possession, avait eu de la peine à arriver en litière au siège de son épiscopat. Dans l'exécution de ces travaux, les ateliers de charité, mis à contribution par Turgot dans son intendance de Limoges, sont déjà en exercice dans le diocèse d'Albi, de Castres, et donnent une occupation aux pauvres en débarrassant le pays des indigents. Dans la pensée de l'évêque, les routes, en facilitant la circulation, permettront de faire à Castres un entrepôt général des grains qui réponde à tous les besoins des poj)ulations ". L'attention de Barrai se porte sur sa ville épiscopaïe. Il replante ses jDromenades pubKques, comble ses fossés

1. A sa mort on trouva sur les étagères de son cabinet de travail « un compas de cuivre, un demi-cercle, un autre compas, un porte-foret, un étui de matliématiques, une longue-vue, une loupe, une pierre d'agate à brunir, une pierre d'aimant, une écuelle de marbre, une pierre à broyer, un compas de diamètre armé de ses pointes en acier, un tnermomètre, un miroir à grossir, un niveau à espritde vin, un compas à ressort, un archet et poitrine à pincer, un microscope, plusieurs écritoires, boîtes et paquets de couleurs, douze pinceaux, une boîte de couleurs à huit compartiments, molettes de marbre à broyer, boîte avec de la laque fine, soixante mains de papier ministre, etc. » Anacharsis Combes, Etude historique sur Mgr de Barrai, 1^^, in-8, p. 191-192. M., de Barrai futévêque de Castres de ij52 à ijjS.

2. a Mgr l'évêque a dit qiie les différentes routes qui s'élèvent presque de toutes parts concourraient admirablement à faire de la ville de Castres l'entrepôt général des grains. » Délibération du diocèse de Castres, i6 avril

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