De ThoUj liv. III
2. PÉCHEUR, VII, 336. — Mandement du ii mai 1734- « I^ veut, dit M. de Beaumont, s'humilier devant sa cour, publier sa résignation et son repentir. » — Belsunce écrivait le 23 mars ijSo : « Qu'il est heureux de vivre sous les lois d'un monarque élevé dans le sein de la piété! » — Lecesne, op. cit., p. 653.
LE CULTE DU ROI 2o3
vérité sut çà et là faire entendre sa voix. M. de Beautéville, évêque d'Alais, celui-là même cpii nous dépeignait tout à l'heure avec tant de force l'amour des Français pour le roi, ne put s'empêcher de dire de Louis XV, dans son mandement : « La destinée de ce prince est couverte à nos yeux d'un voile impénétrable. Les faiblesses et par conséqpient les scandales, qui se sont succédé sur le trône, ont été trop visibles pour être désavoués. » M. de Eumel, évêcpie de Lodève, ayant à faire l'éloge de Louis XV devant les Etats du Languedoc, le i3 décembre I774î s'écria : « Je dois cet aveu à la vérité, je trahirais d'ailleurs mon ministère, j'insidterais à Dieu et à la sainteté de son temple, si je prétendais ôter au vice sa difformité, couvrir sa turpitude, déguiser, excuser, pallier les passions les plus criminelles *. » Voilà la liberté apostolique. M. de Beauvais, évêque de Senez, lut encore plus dur. Chargé de prêcher le panégyrique de Louis XV, il laissa tomber de la chaire cette parole célèbre : « Le silence des peuples est la leçon des rois ^. » Mesdames de France, filles de Louis XV et protectrices de l'évêque de Senez, furent blessées de la liberté de ce langage. La Luzerne, évêque de Langres, qui avait prêché à Saint- Denis l'oraison funèbre de Louis XV, parla aussi dans un mandement de ses « égarements ». Il ne craignit pas de féhciter M. de Beauvais d'avoir osé dire des « vérités dures » à Louis XV, et « attaqué ses faiblesses ati milieu de la cour». Les Nouvelles ecclésiastiques, après avoir analysé le discours prononcé dans la même circonstance par l'abbé d'Aviàu, vicaire général de Poitiers, ajoutaient : « L'orateur en a tant mis (de restrictions) aux éloges qu'il donne au roi, qu'il en est résulté un portrait peu flatteur ^ » La plupart des évêques et des ]3rédicateurs se tirèrent d'une situation difficile en insistant dans leur éloge funèbre sur la pénitence du roi.
1. Mémoires de Bachaumont, 20 septembre I334- — Lazaire, op. cit., p. 55, 56.
2. Quelques mois auparavant, M. de Beauvais, prêchant le discours de la Cène devant Louis XV, s'était écrié : « Sire, mon devoir de ministre du Dieu de vérité m'ordonne de vous dire que vos peuples sont malheureux, que vous en êtes la cause et qu'on vous le laisse ignorer. »
3. Nouvelles ecclésiastiques, 1574» P- I94> I95 ; 1536, p. 33.
Et pourtant cette pénitence n'avait été ni bien rude ni bien longue. A ses derniers moments, La Roche- Aymon, grand-aumônier, avait dit publiquement au nom du prince : « Quoique le roi ne doive compte de sa conduite qu'à Dieu seul, il est fâché d'avoir causé du scandale à ses sujets, et déclare qu'il ne veut vivre désormais que pour le soutien de la religion et le bonheur de ses peuples. » La situation du grand-aumônier n'était pas facile avec un Louis XV tiraillé entre ses maîtresses et son confesseur. La Roche- Aymon n'avait j)as la fermeté apostolique que montra, lors de la maladie du roi à Metz, Fitz-James, évêque de Soissons. Ce j)etit-fîls du maréchal de Rerwick avait renoncé au duché-pairie de sa famille, auquel il avait droit comme aîné, pour suivre la vocation qui l'attirait vers l'Eglise. Il y apporta la pureté de ses mœurs et l'intégrité de son caractère. Ayant à donner les secours de la religion au jeune Louis XV, il exigea l'expulsion, loin de la ville, de la maîtresse royale, la duchesse de Châteauroux, qui l'appelle avec colère « le Soissons » dans sa correspondance avec Richelieu. Le prince dut faire amende honorable pour ses égarements *. L'avènement de l'honnête Louis XVI sembla laver tant de souillures et donner à la dynastie une nouvelle jeunesse. Il n'était guère besoin de raviver l'affection de l'épiscopat pour ses princes. Il les aimait toujours. Cet amour traversera la Révolution et survivra à toutes les ruines. Un prélat d'ancien régime, M. de Tallep-and-Périgord, archevêque de Reims, cardinal archevêque de Paris sous la Restauration, se fera apporter sur son ht de mort la tabatière où était gravée l'image du roi. Ne pouvant la voir de ses yeux, «il s'efforça, dit son historien, de distinguer au toucher le côté où le portrait était enchâssé ; il écarta lui-même la camisole dont il était couvert pour la fixer quelque temps sur son cœur ».
I. En 1748, Mme de Pompadour fera enlever à Fitz-James sa charge d'aumônier et le fera exiler dans son diocèse
I. Les plus brillants prélats à la cour. — Harlay de Champvallon « courtisan du grand air ». — L'art de plaire chez le cardinal de Polignac. — Distinction souveraine du cardinal de Rohan, le liis de « la belle Soubise ». — Tradition maintenue au xvin° siècle. — II. La suprême ambition est d'être du clergé de la cour. — Fonctions du grand-aumônier. — Les prétendants à cette charge sous les trois derniers rois, mettent en lutte les premières familles du royaume. — Jeu d'intrigues. — '■ Le cardinal de Rohan est grand-aumônier quand éclate l'affaire du collier. — En quels termes, Mgr de Boisgelin, qui aspire à la succession, caractérise ses concurrents. — Un Montmorency l'emporte. — III. Compétitions pour les autres aumôneries du roi et de la reine, des princes et princesses. — C'est tout un clergé de cour. Outre les aumôniers, il y a des confesseurs pour tous les princes et princesses. — Ce sont des offices érigés en titre. — Cette charge occupée par les Jésuites jusqu'à leur suppression, après eux par des roturiers pris dans le clergé séculier. — Prédicateurs du roi. Maury. — Ces charges de cour sont un moyen d'arriver plus haut. — Très large part faite au clergé de cour dans la distribution des bénéfices. — IV. Evêques de cour qui ne sont que du clergé de la cour. — Impossible de rien obtenir sans quelque appui à la cour. — Les évêques les plus résidents obligés d'y avoir recours pour les intérêts de leur diocèse. — Les sollicitations de cour prises sur le vif dans la correspondance inédite de Mgr de Boisgelin avec la comtesse de Gramont.
— Avec quelle dextérité il manœuvre sur ce terrain glissant.
— Grandes dames, ministres mis en mouvement- — Grâces qu'il désire. — Ses déceptions malgré de grands succès. — Sa psychologie sur le métier de solliciteur et sur les conditions du vrai bonheur. — V. La cour qui abaisse ceux qui la sollicitent, plus dangereuse encore pour ceux qui l'habitent. — Ce~qu'en disent Bourdaloue et Mme de Mainlenon. — Mot d'un Oratorien au futur cardinal Fleury, qui se pressait à la cour. — « Les mages y perdirent leur étoile. » — On s'élève, en 178g, contre le servilisme de cour. — Bossuet à la cour. — Il prête serment à genoux à la duchesse de Bourgogne, enfant de onze ans.
Il suffit (l'avoir lu Saint-Simon pour savoir cpie les pré-
lats du grand siècle paraissaient à la cour. A côté de Bossuet, à côté de Fénelon dont le grand écrivain a buriné le portrait pour la postérité, voici l'archevêque de Paris, Harlay de Cliampvallon, avec « ses manières de courtisan du grand air, esprit étendu, juste, solide et toutefois fleuri, qui, pour la partie du gouvernement en faisait un grand évêque, et pour celle du monde un grand seigneur fort aimable et un courtisan parfait quoique fort noblement », prélat d'un profond savoir, d'une véritable éloquence, président des assemblées générales du clergé, habile à manier les hommes, à choisir ses sujets, à conduire son diocèse, mais par malheur, ne sachant j)as se conduire lui-même. M'"'* de Maintenon le perdit dans l'esprit du roi. « Le clergé, qui s'en axDerçut et à qui l'envie n'est pas étrangère, se plut à se venger de la domination, quoique douce et polie, qu'il en avait éprouvée et lui résista pour le plaisir de l'oser et de le pouvoir. Le monde, qui n'eut plus besoin de lui pour des évêchés et des abbayes, l'abandonna. » Il ne j)ut « s'accoutumer à cette décadence et au discrédit qui l'accompagna... Toutes les grâces de son corps et de son esprit, qui étaient infinies et qui lui étaient parfaitement naturelles, se flétrirent ». Etrange époque, où on languit loin du roi, où on se flétrit, où on meurt, où on est abandonné de tous quand on perd la faveur du prince.
A côté du prélat courtisan qui a une graiïde situation à maintenir, voici maintenant l'abbé de Polignac qiii veut se la créer et devenir cardinal. « C'était un grand homme, très bien fait, avec un beau visage, beaucoup d'esprit, surtout de grâces et de manières, toute sorte de savoir, avec le débit le plus agréable, la voix touchante, une éloquence douce, insinuante, mâle, des termes justes, des tours charmants, une expression particulière ; tout coulait de source, tout persuadait. Personne n'avait plus de belles-lettres, ravissant à mettre les choses les plus abstraites à la portée commune, amusant en récits, et possédant l'écorce de tous les arts, de toutes les fabriques, de tous les métiers. Ce qui appartenait au sien, au savoir, à la profession ecclésiastique, c'était où il était le moins
versé. Il voulait plaire au valet, à la servante, comme au maître et à la maîtresse. Il butait toujours à toucher le cœur, l'esprit et les yeux. On se croyait aisément de l'esprit et des connaissances dans sa conversation; elle était en proportion des personnes avec cpii il s'entretenait, et sa douceur et sa complaisance faisaient aimer sa personne et admirer ses talents. Toute la fleur de la cour l'environnait sans cesse, il y brillait avec éclat, il en faisait les délices... Il était de tous les voyages de Marly, et c'est à qui jouirait de ses charmes. Il en avait pour toutes sortes d'états, de personnes, d'esprits *. » Louis XIV dit un jour: « Je viens d'entretenir un homme, et un jeune homme , quim'a toujoiu's contredit et qui m'a toujours plu. » Le pape, après une entrevue avec Pohgnac, lui marquait son impression en ces termes : « Vous paraissez toujours être de mon avis et, à la fin, c'est le vôtre qui triomphe. »
Veut-on voir en scène un prélat d'une naissance plus illustre encore? voici un Rohan, le fils de « la belle Soubise ». Le cardinal de Rohan, dit Saint-Simon, « était né avec de l'esprit naturel, qui paraissait au triple par les grâces de sa personne, de son expression, du monde le plus choisi dont le commerce l'avait formé, par les intrigues et les haisons où M^^ de Soubise l'avait mis de fort bonne heure. Son natm-el était bon, doux, facile, et sans l'ambition et la nécessité qu'elle impose, il était né honnête homme et homme d'honneur; d'ailleurs d'un accès charmant, obhgeant, d'xme pohtesse générale et parfaite, inais
I. Saint-Simon raconte comment l'abbé de Polignac, voulant arriver jusqu'au cœur du duc de Bourgogne, s'attaque au duc de Chevreuse plus accessible, par le duc de Chevreuse s'empare du duc de Beauvillier et, par Beauvillier, se rend maître de la place. Saint-Simon accourt; il veut dessiller lés yeux du duc de Beauvillier; mais c'est trop tard, et il en est réduit à décharger sa bile dans une vive remontrance. « Une fois établi par vous auprès de Mgr le duc de Bourgogne, dit le charitable Saint- Simon à Beauvillier, il le charmera comme une sirène enchanteresse, et vous-même à qui je parle, qui avez tant de raison, qui vous croyez si avant dans le cœur et dans l'esprit de votre pupille, il vous expulsera de l'un et de l'autre et s'y établira sur vos ruines. » — Saint-Simon raconte cette anecdote du cardinal d'Estrées : « Un mot de lui au roi qui dure encore. Il était à son dîner toujours fort distingué du roi, dès qu'il paraissait devant lui. Le roi lui adressant la parole, se plaignit de l'in- . commodité de n'avoir pas de dents : « Des dents^ Sire, reprit le cardinal, eh ! qui est-ce qui en a ?» Le rare de cette réponse, est qu'à son âge il les avait encore blanches et fort belles, et que sa bouche, fort grande, mais agréable, était faite de façon qu'il les montrait beaucoup en parlant; aussi le roi se prit-il à rire de la réponse et toute l'assistance et lui-même qui ne s'en embarrassa point du tout. »
2o8 CLERGÉ ET INTRIGUES DE COUR
avec mesure et distinction, d'une conversation aisée, douce, agréable. Il était assez grand, un peu trop gros, le visage du fils de l'Amour, et, outre la beauté singulière, son visage avait toutes les grâces possibles, mais les plua naturelles, avec quelque chose d'imposant et encore j)lus d'intéressant, une facilité de parler admirable et un désinvolte merveilleux pour conserver tous les avantages qu'il pouvait tirer de sa princerie et de sa pourpre, sans montrer ni affectation, ni orgueil, et n'embarrasser ni luimême ni les autres ; attentif surtout à se mettre bien avec les évêques, à se les attirer et à conserver l'attachement de toute la gent doctrinale, qu'il s'était fait un capital de s'acquérir sur les bancs et à quoi il avait parfaitement su réussir. Il travailla de bonne foi à apprendre; et, en effet, il acquit delà science qu'il sut tripler parla grâce et la facilité de son débit, et tellement gagner ce peuple lettré, que tout grossier, pédant et farouche qu'il soit de sa nature, il ne voulut que l'admirer et le vanter * ». On ne se lasserait pas de citer Saint-Simon, tant il a le génie de faire agir et mouvoir ses personnages. Au siècle suivant, les acteurs ont perdu de leur taille, ou plutôt il leur a manqué un Saint-Simon pour les faire revivre à nos yeux. Et cependant j)lus d'un aurait mérité, comme Bussy-Rabutin, évêque de Luçon, d'être surnommé « le Dieu de la bonne compagnie ». Que de dons brillants, que d'esprit, que de grâces, dans ces prélats d'ancien régime à la veille de la Révolution.
« Sire, disait M. de Vardes à Louis XIV, quand on est loin de Votre Majesté, non seulement on est malheureux, mais encore on est ridicule. » Puisqu'on est si bien près du roi, l'idéal ne sera-t-il pas d'habiter avec lui, d'être attaché à sa personne en quahté d'aumônier, de confesseur et même de prédicateur . A ce point de vue, la charge la j)lus enviée est celle de grand-aumônier de France. Le
I. Saint-Simon, Mémoires, t. I, p. i8o; III, p. 226, 226; IV, p. 416, 4i7-
grand-aumônier accompagne le roi aux offices de l'église et lui présente son livre d'heures. Il assiste aux prières du lever et du coucher, aux festins royaux pour la bénédiction et les grâces. Il dispose des fonds destinés aux aumônes du roi ; il a l'intendance, du service divin à la cour. Il prend acte du serment de fîdéhté prêté au roi par les archevêques, évêques, généraux d'ordre, etc. Il offre au souverain le livre des Evangiles pour les serments d'alliance, marche à sa droite dans les processions, délivre les prisonniers graciés aux avènements, mariages et entrées des rois, lui donne la communion, l' extrême-onction en cas de maladie grave, baptise, fiance, marie les fils et les filles de France, les princes et princesses du sang, accorde au roi les dispenses d'abstinence. Outre la juridiction sur la chapelle royale, il a l'intendance de la maison de l'Assomption dans la capitale, des Six-Vingts aveugles à Chartres, de l'hôpital des Quinze- Vingts à Paris, ainsi que des places et pensions qui y sont attachées. Il dispose de près de cent bourses dans les collèges deLouisle-Grand, de Navarre et de Sainte-Barbe. Il est de droit commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit. Il reçoit les informations delà vie et mœurs des chevaliers de l'Ordre qui font profession de foi cathohque entre ses mains. Le grand-aumônier, écrit un contemporain, « se trouvait à la tête de réj)iscopat et du clergé. Aucun évêque ne pouvait parvenir au roi que par son ministère. Il avait seul avec le monarque un travail indépendant de tout autre ministre. Les places d'aumônier du roi, au nombre de huit, qpie l'on ne quittait que pour être évêque, celles de chapelain qui procuraient de bons bénéfices, étaient à sa disposition M>.
Les premières familles du royaume recherchaient avidement la charge de grand-aumônier, à cause des prérogatives attachées à ce titre et plus encore parce que de tous les prélats, on pourrait même dire de tous les Français, c'est le grand-aumônier qui était le plus rap-
I. Mémoires de l'abbé Georgel, 1818, t. II, p. 33, 34. — Aux cérémonies de baptêmes, mariages de cour, le curé delà paroisse était toujours présent avec l'étole et inscrivait les actes sur ses registres.
proche du roi. Or, à une époque où toute importance, toute fortune dérivaient du monarque, être le plus j)rès de sa personne, n'était-ce pas s'élever au-dessus des autres. Le temps n'est jdIus où le seul mérite appelait Jacques Amyot à la dignité de grand-aumônier. Depuis cent ans, un BouiUon, un Coislin, un Forbin-Janson, deux Rolian, un La Rochefoucauld, un Saulx-Tavannes, un La Roche-Aymon, encore un Rohan et sur la un de l'ancien régime un Montmorency se sont succédé dans cette situation avec le titre de cardinal. L'histoire a conservé le souvenir des protections et parfois des intrigues qui firent triompher ces heureux élus. En 1671,1a grandeaumônerie fut particulièrement disputée. Le titulaire était le neveu du pape Urbain VIII, le cardinal Barberini, archevêque de Reims, que Mazarin, pour se concilier l'oncle, avait poussé aux plus grands honneurs. Le ministre Le Telher ût offrir à Barberini 600,000 Mvres, pour avoir sa démission de la grande-aumônerie en faveur de son fils, déjà coadjuteur de Reims. Goislin, évêque d'Orléans, qui nourrissait la même ambition, lui proposait 420.000 Kvres et avait la promesse du roi. Le cardinal de Bouillon, neveu de Turenne, intrigua à outrance et finit par l'emporter auprès de Louis XIV, qui retira la parole donnée à Goislin. La même charge était demandée par le cardinal Rospigliosi, par l' évêque de. Laon, César d'Estrées, nommé cardinal cette année même, enfin par l'archevêque de Toulouse, depuis cardinal Bonzi. On le voit, de partout surgissaient des candidats à cette grandeaumônerie, qui, en un temps où tous les rayons partaient de la cour, plaçait le titulaire en j)leine lumière près du roi soleil*. Goislin, supplanté par le cardinal de Bouillon, eut l'esprit de vivre assez longtemps pour prendre sa revanche et succéder à son heureux concurrent, quand celui-ci encourut, en 1700, la disgrâce royale et perdit la grande-aumônerie.
Au xviii^ siècle les compétitions jDour cette situation sont aussi ardentes que jamais. Les Rohan, qui l'occupent