Bibl. nat. Mss. fr
2. « L'abbé de MaiUy, nommé à l'archevêché d'Arles, dit au roi, en prenant congé, qu'il ne pouvait se résoudre à être longtemps sans le voir, et qu'il le suppliait de trouver bon qu'il vint passer trois semaines tous les ans à Versailles, qui serait le seul objet de son voyage. En effet, il n'y manqua point et ne s'arrêtait point à Paris. Il débarquait chez moi, je le couchais dans un trou d'entresol qui me servait de cabinet, et le roi lui savait le meilleur gré du monde d'une conduite qui lui marquait un attachement dont il était jaloux, sans entamer les devoirs de répiscopat et de la résidence. Et l'archevêque en profitait pour voir par lui-même tous les ans ce que les lettres ne pouvaient lui apprendre. » Saint-Simon, t. III, p. 19J-198.
dans son diocèse, où il était singulièrement respecté et il se peut dire adoré, siu'tout des pauvres de tous les états à qui il faisait de grandes aumônes. Tant qu'il a été en France, il a toujours passé plus de sept ou huit mois tous les ans à Beauvais, à y visiter son diocèse et à y remplir toutes ses fonctions avec beaucoup d'application et de vigilance ' . »
Au xviii^ siècle nous trouvons aussi des évêques long^ temps absorbés par des affaires publiques, se préoccuper des devoirs de la résidence.. Pour certains, le désir de trouver un peu de calme après une vie agitée fait facilement accepter la soKtude. . Tencin se retira dans son diocèse pour se ménager, disait-il, un intervalle entre la vie et la mort. Le cardinal de Bernis s'attache à sonarclievêché. Cette observation de la résidence lui vaut des témoignages d'admiration. « Vous êtes donc. Monsieur, lui écrivait l'Infant de Parme, le 21 décembre 1764, dans la résolution dépasser une année entière à Alby; cela est admirable et digne d'un bon archevêque. » Joly de Fleury lui parle dans sa correspondance « d'un grand archevêque qui, revêtu de la pourpre, aime mieux visiter son diocèse albigeois que de recevoir dans la capitale les respects de tout le monde - ». L'un des derniers précepteurs de princes, Mgr de Goetlosquet, imitant l'exemple de Bossuet, avait donné, en entrant en fonctions, sa démission de l'évêché de limoges. M. de Pompignan allait avoir lui-même l'occasion d'appliquer les principes exposés dans ses écrits en se démettant de l'archevêché de Vienne, lorsqu'il fut appelé, en 1789, aremplacerM.de Marbeuf comme ministre de la feuille. Nombre d' évêques de la plus haute naissance montraient la même exactitude à observer le devoir de la résidence. M. de Fontanges, aumônier de la reine, est nommé par sa protection évêqy.e de Nancy. Bachaumont ' lui rend le témoignage, en 1787, que depuis 1788 il n'est pas sorti de son diocèse. On cite