Tableau moral da clergé de France, 1389. p
2. « L'archevêque de Reims revenait hier fort vite de Saint-Germain, c'était comme un tourbillon : il croit être grand seigneur, mais ses gens le croient encore plus que lui. Ils passaient au travers de Nanterre, tra tra tra; ils rencontrent un homme à cheval, gare, gare; ce pauvre homme veut se ranger, son cheval ne veut pas; et ennn le carrosse et les six chevaux renversent, cul par-dessus la tête, le pauvre homme et 1 e cheval, et passent par-dessus et si bien par-dessus que le carrosse en fut versé et renversé. En même temps, l'homme et le cheval, au lieu de s'amuser à être roués et estropiés, se relèvent iniraculeusement, remontent l'un sur l'autre et s'enfuient et courent encore, pendant que les laquais de l'archevêque et l'archevêque même se mettent a crier : « Arrête, arrête ce coquin, qu'on lui donne cent coups. » L'archevêque, en racontant ceci, disait : « Si j'avais tenu ce maraud-la, je lui aurais rompu les bras et coupé les oreilles. » Lettre de Mme de . Sévigké à Mme de Grignan, 5 février 1654- — Dubois allait aussi vite que Le Tellier, mais il envoyait un courrier en avant, pour avertir les gens de laisser passer le cardinal ministre.
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épiscopale. Restons à Paris. « Quelle folie d'aller à Reims! disait M"»^ de Coulanges à Maurice Le Tellier, et qn' allezvous faire là ? vous vous y ennuierez comme un chien. Demeurez ici, nous nous promènerons. » « Ce discours à un archevêque nous fit rire, ajoute M"'® de Sévigné, nous ne le trouvâmes nullement canonique \ » M. de Reims aima mieux obéir au concile de Trente qu'à M™® de Coulanges. Il jiartit, ce qiii ne l'empêcha pas de revenir de temps en temps à Saint-Germain et à Versailles, comme nous l'apprend jSaint-Simon. Mais il s'occupait de son diocèse. Le Camus, évêque de Grenoble, écrivait, en 1672, à l'évêque de Luçon : « Je suis très aise. Monseigneur, d'ap]3rendre votre départ de Paris; c'est une certaine glu dont on a peine à se dépêtrer-. »
Dans l'âge suivant, les tentations de non résidence ne manquèrent pas aux prélats. Au xviiP siècle, si l'attraction de la cour diminue, la fascination de la capitale grandit encore. Attendons-nous à y rencontrer plus d'un évêque. Comment empêcher le bâtard du duc d'Orléans, Charles de Saint- Albin, de quitter souvent son évêché de Laon, son archevêché de Cambrai, pour aller à Paris et à Versailles. Il serait trop dur à un Rohan de se contraindre à la résidence. Armand Jules de Rohan-Guéméné, qui eut l'honneur de sacrer Louis XV comme archevêque de Reims, gouvernait son diocèse par ses suffragants ou par des prélats auxiliaires.il mourut, en 1762, au château de Saverne. Un autre Rohan-Guéméné, archevêque de Bordeaux et puis de Cambrai où le trouva la Révolution, date plus souvent ses mandements de Paris que de ses viUes épiscopales. Comme, à une époque, il s'y trouva en