Nouvelles ecclésiastiques, 1780, p. 89, 1790, p
2. « Gomme ma personne est aussi dépourvue que l'est ma maison, écrit-il, le i4 février ijgo, j'attends que les effets et le cuisinier qui m'arrivent de Paris, soient rendus à Carcassonne: je partirai bientôt après, mais il m'est impossible d'indiquer le jour, je ne le sais pas moi-même.»
MONERIE DE CaBRENS, Op. ctt., p. 5-l6.
3oO LA RESIDENCE
tre, au moment d'en être chassé par la Révolution*. Parfois certains de ces pontifes peu pressés n'ont pas encore trouvé le temps de se rendre à leur évêché quand ils sont déjà transférés à un autre siège ^. On en trouve qui gardent de longues années le titre épiscopal d'un diocèse qui ne les vit jamais. Le fameux cardinal Polignac mourut en 1741» sans s'être montré à l'église d'Auch, dont il était archevêque dej)uis quinze ans '.
Il faut bien pourtant interrompre les séjours au dehors, quelque plaisir qu'on y trouve, et revoir de temps en temps ses diocésains. Les évêques peu résidants seront présents de corps en province, mais l'esprit, le cœur sont ailleurs. Ils chercheront à vivre encore de la vie de Paris et de Versailles, à l'aide d'une correspondance active avec des amis bien informés. Auxvii^ et au xviii^ siècles, on ne connaissait point le télégraphe ni nos journaux quotidiens . Quelques-uns cependant étaient publiés soit en France, soit à l'étranger. Les prélats ne manquaient pas de s'y abonner. Nous avons le reçu des pubHcations périodiques que M. du Plessis d'Argentré, évêque de Limoges avant la Révolution, se faisait adresser de la capitale. Il lisait la Gazette de Finance, le Mercure, le Courrier de V Europe, le Journal delittérature , sciences et arts, les Annales politiques ciçiles et littéraires du xviii^ siècle.
1. 9 janvier 1791. « Mgr de Messey, mis en. demeure par lettre da procureur général syndic, du 25 septembre dernier, est arrivé subitement sans s'être fait annoncer. Comme il a été sacré à Paris le 5 octobre 1388, on cherche vainement à comprendre pour quels motils ii a attendu plus de deux ans avant de se décider à venir dans son diocèse. C'est un homme d'environ 43 ans, aux traits finis et délicats, qui a dû être dans sa jeunesse un fort joli garçon. Il appartient à une famille noble, originaire du Charolais. » Rochas, p. 76.
2. Tel est le cas de Raymond de Durfort-Léobard, qui a laissé à Besançon une mémoire si vénérée. Il porta deux ans, de 1764 à 1766, le titre d'évêque d'Avranches, lança un mandement dans le diocèse à la mort du dauphin, mais il n'y avait pas encore mis les pieds quand il fut transféré, en 1766, au siège de Montpellier. Le Canu, op. cit., l, 62. Le concile de Trente (de réf. sess. VII, c. 9, sess. XXIII, c. 2) avait .prescrit que les prélats devraient se faire ordonner dans le délai de troi3 mois et de six au plus.