‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 100 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

J'aî lieu de croire qu'il n'a pas tenu sa parole, et j'en ai une espèce de preuve qui paroît d'autant moins équivoque que, dans tout l'arrondissement, on a les mêmes impressions que moi sur son compte, je pense donc. Citoyen Ministre, que c'est ce prêtre qui est cause que dans ces arrondissements, surtout dans la commune de Lodève, le nombre des prêtres insoumis est en proportion plus considérable que partout ailleurs et qu'ils sont cause que Tesprit de division continue parmi le peuple. J'ai lieu d'espérer, Citoyen Ministre, que les observations que j'ai cru devoir vous adresser sur le compte du citoyen Azémar (Hilaire) ex archidiacre du cy-devant chapitre de Lodève, y résidant, vous mettront à portée de me tracer la conduite que je dois tenir à son égard» (14 prairial an IX, 3 juiu i8or). Le préfet reçoit la lettre adressée au ministre et se garde bien de la transmettre, pensant que le sous-préfet serait accusé de faiblesse dans l'exercice de sa surveillance et que ce blâme retomberait sur lui même. « Lorsque la loi nous fournit les moyens de répression contre ceux qui cherchent par leurs discours ou leur conduite à troubler Tordre et la tranquilité, il est inutile de demander au Gouvernement la conduite qu'on doit tenir à leur égard. II faut faire exécuter la Loi, et c'est la seule voie à suivre pour comprimer les conspirateurs ». Le prétct se contente de prendre contre d'Azémar un Arrêté qu'il envoie au souspréfet, chargeant son subordonné de le notifier au prêtre insoumis et de le faire surveiller de près. « S*il contrevient à cet Arrêté, vous me le dénoncerez, en appuyant votre dénonce sur des faits positifs. Je ferais ensuite la diligeance nécessaire pour son arrestation et sa traduction au Dépôt de la Mendicité (18 prairialan IX, 7 juin 1801).

Bien que surveillé de près, d'Azémar résistait toujours et faisait perdre patience au sous-préfet de Lodève, qui en écrit de nouveau à son supérieur : «.. Le prêtre Azémar, insoumis, foit actuellement en secret les fonctions de grand-vicaire. C'est principalement à lui qu'on attribue le refus que font ses confrères de faire leur soumission. Il avait été autorisé à rester dans la commune sous la surveillance de la Mairie, avec

défense d^avoir aucune relations avec les autres- prêtres » (28 thermidor an IX, lé août 180 1).

Dijà le sous-préfet de Lodève avait donné Tordre de l'arrêter. Il écrit de nouveau au préfet pour lui demander des instructions. Le préfet répond par deux lettres. Dans la première, aux allures officielles, il lui en annonce une seconde, tout à tait particulière et confidentielle, par laquelle il lui trace la ligne à suivre : d'Azémar ne sera point arrêté ; on devra se contenter de le presser fortement de consentir à formuler la promesse demandée.

Le vicaire-général répond alors que le Gouvernement ayant passé une Convention avec le Saint-Siège, rien ne s'oppose plus à ce qu'il fasse la promesse de fidélité (29 thermidor an IX, 17 août 1801.)

Cf. Arch. de l'Hérault. V, ToUce du culte ^ — F.Saurel, Hisl. 'Rclig. du dep. dt r Hérault. IV, 32 et suiv. et 62.

BABOT,

curé d'Aumes, né àPézenas, vers 1745, après avoir fait ses classes de latinité et reçu la tonsure cléricale, se livra à Tétude de la théologie, prit ses grades à Montpellier et devint précepteur du fiîs du comte de Grave. L'éducation du jeune homme terminée, ses parents se demandèrent comment ils pourraient dignement reconnaître les services de l'abbé. Ils se déterminèrent à le garder dans leur maison et à le traiter comme appartenant à la fiimille.

Celui-ci qui se croyait appelé au saint ministère, pour travailler au salut des âmes, pria secrètement son évêque de vouloir bien lui commander de rentrer au séminaire de Montpellier, pour s'y disposer à la réception des saints ordres. M. de Saint-Simon avait besoin de sujets et de bons sujets; il entra parfaitement dans les vues du jeune clerc et lui envoya l'injonction désirée; l'abbé s'en prévalut pour se soustraire à l'aimable persécution dont il était l'objet de la part d'une famille reconnaissante et s'enfermer au séminaire. Dans cette maison ecclésiastique, on

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