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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

50 hommes de cavalerie » (16 ventôse an IV, 6 mars 1766). Le général Châteauncuf-Randon, commandait à cette époque la 9** et lo*" division militaire. Il engagea le Département à requérir du général Tisson, qui commandait à Montpellier, la force jugée nécessaire (27 ventôse, 17 mars).

On résolut d'envoyer dans la commune d'Angles un commissaire avec cent hommes de troupes à pied, pour faire arrêter et traduire dans la Mais^on de Détention à Montpellier Azaïs et Astruc, i\ l'effet d'informer contre eux et de les juger conformément aux lois. La colonne se mit en marche le 3 germinal (22 mars) et arriva i\ Angles, après avoir fait étapeàMèze, Pézenas, Béziers, (.ftyW/rj, Saint-Chinian et Saint-Pons. Les commandants des brigades de gendarmerie d'Olonzac, de La Salvetat et de Saint-Chinian avaient reçu l'ordre de prêter main-forte.

L'Administration Centrale présumait que ces opérations militaires produiraient au moins l'arrestation des prêtres Azaïs et Astruc et a imposeraient aux partisans de ces fanatiques, qui ne sont que trop abondant dans le canton ii>. Une lettre écrite par le président de la Commission municipale de Saint-Chinian à l'Administration Centrale constata que l'expédition avait complètement échoué (i floréal an IV, 30 avril 1796.)

Cf. Arch, de THérault L.. 443. 440.— F. Saurel, Hist» relig. du dep, deVHàault, III. 229 et suiv.

AZËMAR,

' deux prêtres de ce nom : Étienm\ né en 17^0, et Guillaume. Tous deux natifs de Roujan, bénéfîcicrs au chapitre Saint-Nazaire, signataires des lettres de ce chapitre à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790). Tous deux refusèrent le serment constitutionnel et devinrent sujets à la déportation. L'un d'eux mourut :\ Roujan, en 18 19.

Cf. 'Brtve'Biltcrensc pro anno 1820.

AZËMAR(Hilaired')

Chanoine archidiacre de Lodèvc. Déporté d'Agde à Nice, le 1 1 septem-

brei792. Revenu d'Italie, il se vit bientôt dans la nécessité de repartir pour le« pays étrangers et prit à Lodève un passe-port pour la Prusse (14 vendémiaire an VI, 5 octobre 1797). Rentré de nouveau dans son pays, il se remit avec une noble ardeur aux œu /res du zèle catholique, bien que placé sous la surveillance municipale (29 vendémiaire an IX, 29 octobre I800). Un exèsde prudence Tempèchait de foire la promesse de fidélité, souscrite cependant par les ecclésiastiques les plus respectables, au point de vue de l'orthodoxie. Fabreguéttcs, sous-préfet de Lodève le dénonça au gouvernement par une lettre adressée au ministère de la Police générale et envoyée par l'intermédiaire du préfet. Cette lettre la voici :

t( Citoyen Ministre, Tous les moyens de persuasion et de douceur que j'emploie pour rendre les prêtres de cette commune et plusieurs autres de l'arrondissement docile à la voix du Gouvernement, qui exige la soumission de fidélité à la Constitution, étant infructueux, je crois en trouver la principale cause dans une conduite assez singulière que tient le citoyen Azémar ex-archidiacre du cy-devant chapitre de Lodève. Il est de notoriété qu'il s'est érigé en autorité ecclésiastique et en juge de l'opinion des prêtres du cy- devant diocèse. En conséquence^ il lance des ininterdits, approuve ou improuve ce que les prêtres font. C'est ce qu'on pense dans tout Tarrondisscment, et quoique je n'aye pas de cette conduite une preuve parfaitement certaine, je ne crois pas moins à ce qu'on attribue à cet ex-archidiacre, qui, tout borné qu'il est et peu instruit, ne paroît pas moins retenir les prêtres dans la résistance à la loi. Cet homme qui étoit sorti du territoire françois, y rentra en vertu de la loi antérieure à celle du 19 fructidor. Il avait même obtenu du Préfet, il y a près d'un an^ la surveillance dans cette commune, à cause de son âge qui est d'environ 66 ans. Il me proposa il y a cinq ou six mois, de foire une déclaration que je crus devoir refuser: celle de fidélité au Gouvernement, avec des conditions. A cette occasion en refusant la soumission telle que la loi l'exige, il m'assura qu'il n'influençoit jamais l'opinion des autres prêtres.

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