IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
dait alors à Campagnan, où il n'exerçait aucune fonction du culte, du moins en public ; dans la suite on lui permit de demeurer en réclusion à Lieuran, mais quand on reconnut qu'il avait été curé de cette localité, il dut changer de domicile et reçut l'autorisation de se réfugier chez des parents à Saint-Pargoire. (Arrêté du département du 13 germinal an VI, 2 avril 1798, transmis au ministre de la Police générale le 22 frimaire an Vil, 12 décembre 1798). Ce qui n'empêcha pas l'agent municipal de cette commune de le dénoncer aux administrateurs du Département, comme ne cessant de fanatiser tout le canton (26 pluviôse an VII, 14 février 1799).
C{. Journal hebdomadaire du Département de V Hérault, no18 du samedi 4 février 1792 ; — Arch. de l'Hérault. L, 441 et 44?.
BALDONY (Guillaume),
né à Viala-du-Pas-de-Jeux, commune de Sainte-Eulalie (Aveyron\ le 5 juillet 1722, était curé-prieur des Rives et desservait en même temps la paroisse du Caylar. Il refusa le serment, et fixa sa résidence dans la commune de Saint-Paul-de-Fonds, canton de Saint-Félix-de-Sorgues, dans le district de Sainte-Affrique (Aveyron). Un certificat qu'il se fit délivrer par la Municipalité en fiiisait foi (7 brumaire an IV, 26 octobre 1795), et comme plusieurs fois il s'était montré en public sa présence ne tarda pas à être signalée, d'abord à l'Administration municipale qui ordonna des perquisitions en vue de se saisir de sa personne (i" thermidor an VI, 19 juillet 1798) et peu après ;\ la gendarmerie, [3 brumaire an VII, 24 octobre 1798).
Une fois aux mains des agents de la force publique, il devint pour eux une capture embarrassante, et on se contenta, vu son iige, de le mettre sous la surveillance du maire et de l'adjoint ; sa propre maison du Caylar devant lui tenir lieu de maison de réclusion, avec défense de communiquer avec qui que ce fût « pour opinions religieuses » (n brumaire an VII, i"* novembre 1798). Mais il obtint de changer de résidence
L'Aficien Clergé du Diocèse de Montpellier,
et de se retirer dans son pays natal 'j frimaire an VII, 27 novembre 1798), où il n'exerça le saint ministère que dans le secret.
Il reçut, en 1803, le titre de curé du Caylar, avec une pension de
333 fr- 33.
Cf. Arch de l'Hérault, série L, 443.
BALDY (Etienne),
Cordelier d'Agde, né dans cette ville le 19 juillet 1721, baptisé le lendemain, fils de Pierre Baldy, avocat au Parlement, et de Christine de Vissée de Saint-Martin, avait provoqué des démarches pour se faire recevoir, jeune encore, dans le monastère de Sept-Fons, en Bourbonnais ; mais le supérieur voulut retarder son admission jusqu'à l'époque où il aurait atteint sa 22* année. Etienne trouva ce terme trop éloigné et voulut être présenté au provincial des Cordeliers qui venait d'arriver à Agde pour y visiter le couvent de son ordre. Il lui témoigna son grand désir de quitter le monde et d^embrasscr la vie religieuse. Le provincial, après s'être informé des bonnes qualités du postulant et l'avoir éprouvé, se rendit à ses désirs et l'envoya à Lodève pour qu'il y fit son noviciat. Le jeune Etienne prononça ses vœux en 1743, à l'âge de 21 ans accomplis. Il fit alors son cours de théologie et reçut les saints ordres (1747).
En 1749, ses supérieurs l'envoyèrent à leur couvent d'Aiguesmortes pour y remplir les fonctions de gardien et, en même temps, celles de vicaire de la paroisse et d'aumônier du fort. C'est à ces diverses occupations qu'il s'appliquait avec succès, depuis seize ans, lorsqu'il fut nommé gardien du couvent d'Agde. Quoique vivant dans son pays natal et auprès de sa famille, sa régularité demeura toujours la même et ses concitoyens, témoins de sa conduite exemplaire, lui portèrent toujours la plus grande vénération.
A la suppression des ordres religieux, en 1790, le pore Baldy sortit de son couvent, avec une pension arrêtée à la somme de 1000 livres. A raison de son âge, et sans tenir compte de ses infirmités, il n'avait pas à se plier à