IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
BERGEON (Etienne- Jean),
né le 31 octobre 1761, vicaire à Viols-le-Fort, réfractaire. 700 1. — En 1803, succursaliste au Petit-Galargues et à Buzignargues, a\'€c pension de 266.66. Nommé curé de Saint-Drézery (i'^'' septembre 181 5) et de Castelnau (i*** novembre 1819). Décédé avec le titre de chanoine honoraire, le 5 mai 1844.
Cf. Ordo de 1845.
BERLEN (Etienne-Maurice),
né à Montpellier, le 9 janvier 1756/curé de Mauguio, avait refusé le serment. Dénoncé au Comité du Salut public, il fut mandé devant le Directoire du District de Montpellier qui lui reprocha son refus du serment et d'avojr en outre retiré chez lui son frère, venu de Salon, par Marseille, sans exhiber de passe-port ;\ la Municipalité (28 août 1793.)-
Sur le rapport de deux commissaires, envoyés à Mauguio, qui déclarèrent que Berlen avait prêché la désobéissance aux lois et en avait personnellement donné l'exemple, il fut condamné à la déportation. Il partit du port d'Aiguesmortes pour l'exil (23 octobre 1793). Rentré^ il prit un passe-port, à Montpellier, pour l'Italie (5 vendémiaire an VI, 27 septembre 1797.)
Après le rétablissement du culte, il devint curé de Mauguio et toucha une pension annuelle de 266 fr. 66 cent. Il avait été un des premiers à faire la promesse de fidélité à la Constitution de l'an VIII (fin décembre 1800). Nommé chanoine titulaire (25 novembre 1835), en remplacement de Blaquière; décédé le 2 août 1849.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 bis. -- n^ini'tc du npn'setiiaui du Ih'uplc Boissii, du 4^ jour du 2« mois de Van IL — Arcli. de riivéchc, Re^. des Di'cès.
BERNJRD,
curé de Frontignan, déporté arrive à Nice, avec J.-J. Farnarier, son vicaire, le lundi 13 août 1792, se rendant à Rome.
Cf. Ms. de Tabbé de Gohin, p. 119.
BERNARD {Jcan-^ndré),
prctrc de Montpellier, déporte d'Agdc à Nice, le 8 août 1792, âgé de 42 ans.
TiERNAUDON (Etienne), dit Bernardon,
né à Saint-Crépin, dans le diocèse de Gap, était hcbdomadier à la cathédrale de Montpellier. Il avait refusé le serment schismatique et ne s'était point soumis à la loi de la déportation.
Voyant sa tête menacée dans la ville de sa résidence, il cherchait un asile dans la campagne. Une paysanne qui vivait du produit d'une petite vacherie, voyant ce prêtre errer près de sa chaumière, vint le prier de s'y réfugier; elle savait pourtant bien à quoi elle s'exposait en agissant de la sorte. Peu de jours après, les agents de la persécution découvrent la retraite de Tabbé Bernaudon, y pénètrent, se saisissent de lui et de sa généreuse hôtesse.
Amené devant le tribunal criminel de THérault^ siégeant à Montpellier, il est aussitôt condamné à mort comme réfractairc. A l'instant le bourreau s'approche pour lui lier les mains. Le prisonnier de Jésus-Christ le prie de les lui laisser libres jusqu'à ce qu'il soit monté sur l'échafaud, afin qu'il puisse y faire pour la dernière fois le signe de la croix. On lui refuse cette satisfaction. « Eh bien ! répartit le vertueux prêtre, qu'avant d'être lié, il me soit du moins permis de marquer maintenant, pour la dernière fois, ma personne de ce signe sacré de la Rédemption, témoignage de la Foi dans laquelle je vais mourir. » Puis, il remet ses mains dans celles du bourreau et se rend au lieu du supplice avec les sentiments que la charité nourrit dans le cœur de ses martyrs (i} floréal an II, vendredi 2 mai 1794).
La courageuse laitière, Marguerite Coste, femme Bousquet, partage le sort du prêtre. Ne Ta-t-elle pas mérité ? Du reste, elle s'y attendait bien. Dans la nuit qui précéda sa comparution au tribunal, elle se leva à 2 heures pour offrir à Dieu son sacrifice. l^^Ue prolongea pieusement
rV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi,
son oraison, pendant laquelle elle répéta souvent ces paroles : « Mon Dieu, je n'aurais jamais cru avoir la gloire de mourir pour vous ! Je vous remercie de cette grâce ! » Le lendemain, condamnée à la peine de mort elle souffrit avec un courage supérieur à son sexe et à sa condition (i6 floréal an II, 5 mai 1794).
Cf. Saurel, Hist. relig. du départ, de V Hérault, ni, 107 ; 1. 1, p. 552 ; — Soulikr 1. 1, 552 ; — Wallon, p. 450; — Seguin, p. 50; — Mazières, p. 21 ; - Carron, t. \\. p. 186; -~GuiLLON,t. II, p. 199.
BERTRAND (Jean- Jacques),
né à Bcziers, en 1759, prébende au chapitre Saint-Aphrodisc, refusa le serment. Sa pension : 502 1. 3 s. 7 d.
ILprit^ à Béziers, un passeport pour TEspagne, le 9 vendémiaire an VI (30 septembre 1797). A son retour de la déportation, il remplit, à la Madeleine de Béziers, les fonctions de vicaire, jusqu'au moment où il se vit appelé à la cure de Saint-Louis de Cette (i" juin 1810), à la démission do Jean-Baptiste Collard, et de Notre-Dame-des-Tables (31 juillet 1813), après la démission de Louis Carrière, avec le titre de vicaire général honoraire. Il se vit attaquer par l'abbé Albrand, un des principaux chefs de la secte anticoncordataire dite les Purs ou la Tetitc Eglise, Celui-ci prétendait « avoir été appelé à la direction de la paroisse Notre-Dame par Mgr de Malide, — quand vivait — seul évoque légitime du diocèse ». L'abbé Bertrand soutint victorieusement la lutte. Notre cadre ne nous permet pas d'entrer ;\ ce sujet dans de grands détails; qu'il nous suffise de prendre dans le dossier de cette polémique un seul passage d'une lettre écrite par l'abbé Bertrand à son audacieux adversaire. On regrette de voir à la tête des schismatiques, dans le diocèse de Montpellier, un prêtre d'une vie véritablement sacerdotale, d'un Confesseur de la Foi dont les prisons n'avaient pu ébranler la constance.
«... M. Castan, curé de Notre-Dame-des-Tables, mourut au commencement de la Révolution; M. de Malide nomma à cette place
importante M. Théron. Un si digne choix fut confirmé par M. Rollet. M. Théron fut donc incontestablement curé légitime de Notre-Dame pendant tout le cours de sa vie. M. de Malide mourut avant lui, puisque M. Théron n'est mort que le 19 août 1812. M Carrière fut mis à sa place par M. Marie-Nicolas Fournier, seul légitime évêque de Montpellier, puisque^ à cette époque M. de Malide avait reçu la récompense de ses vertus et de.son zèle. La santé de M. Carrière se dérangea et ne lui permit pas de continuer ses fonctions ; il se démit de son bénéfice entre les mains de M. TEvèque, seul collateur légitime. Il m'appela à cette place importante : jeie conjurai de jeter les yeux sur un sujet plus digne que moi. Trois fois il insista; je résistai trois fois; et, malgré mon triple refus, il m'ordonna d'accepter... Je courbai la tète; j'obéis et me sentis accablé d'un si pesant fardeau. Ce fut le i'^'" août 18 13 que je reçus mon titre, après avoir envoyé, la veille, ma démission de la cure de Cette. J'ai donc remplacé, selon les lois de l'Eglise, le légitime pasteur de Notre-Dame, nommé par M. de Malide, dont la mort avait précédé celle de M. Théron. Il est donc démontré que ma mission et, par conséquent, le titre qui me la donne, sont canoniques. Mais vous. Monsieur, en supposant que M. Teissier fut vicaire général de M. de MaliJc, pendant sa vie, pouvez-vous, ainsi que lui, faire usage des pouvoirs qui ont expiré à l'instant de sa mort ?... Vous ne contesterez pas sans doute cette vérité, elle est reconnue de tout le monde. En vertu donc de quels pouvoirs exercez-vous le saint ministère ?...»
Le Comte d'Artois étant venu à Montpellier (12 octobre 18 14), le curé Bertrand et sts fabriciens présentèrent à ce prince une pétition pour réclamer la restitution du sol de l'ancienne église de Notre-Damedes-Tables, démolie pendant la Révolution, s'engageant dans le cas où leur demande serait accueillie, à f;iire reconstruire cette église à leurs frais. Le préfet, auquel cette pétition fut renvoyée par le ministre de l'Intérieur, chargea le maire de lui donner son avis. Le maire et le préfet accueillirent avec bienveillance cette demande qui leur paraissait fondée