IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
en justice; mais les difficultés auxquelles elle donna lieu et qui parurent insurmontables, empêchèrent de la mettre en exécution. Le curé, les marguillicrs et les paroissiens de Notre-Dame durent se contenter pour leur temple de l'ancienne église des Pères Jésuites.
L'abbé Bertrand mourut à Montpellier, le 24 juillet 1844. Il étaitvicaire général honoraire depuis le 9 mars 1836.
Cf. Archives dcrHcrault, L, 445 ; — Bililioihôque du Musée Fabre, Ms. de Dr:s- MA7.ES, p. >:. — F. Saurkl, M.-N. Fvuniit'r. — Onio de 1845 . — «Arch. de l'Iilvêché, Kt'i^^. des Dàès.
BESSIÈRES {Jacques),
né ;\ Montpellier en 1734, fils de Jacques Bessièrcs, maîtrc-sellicr, à Montpellier, s'engagea de bonne heure dans TEtat ecclésiastique. Le 28 décembre 1756, son père lui assurait un revenu annuel décent livres, comme titre clérical. Ardent à Tétude, il obtint le titre de maître ès-arts et de docteur en théologie devant l'université de Montpellier et notifia ses grades, le 28 mars 1766.
Le 19 décembre de la même année, on le nommait titulaire d'une des deux chaires de théologie devenues vacantes au collège royal de Montpellier. Non content de ce titre, honorable cependant, il renouvela l'année suivante (4 avril 1767), la notification de ses grades et devint, sous Mgr de Villeneuve, professeur de théologie et directeur au séminaire diocésain. Lors de la suppression de l'enseignement théologique de cet établissement, il fut appelé par le même évêque.à occuper la chaire de théologie ;\ l'Université de MontpeUier.
Son talent pour la prédication le fit remarquer aux fêtes données au Monastère de la Visitation Sainte-Marie, à l'occasion de la canonisation de Sainte Chantai, au mois de janvier 1769. Il avait pris pour texte de son discours :'« Elle allia un courage mâle avec la fiûblesse d'une femme » ^ Sainte Chantai est comparée à une victime : «l'amour
(i) II. Maccab. vu.
L'Amien Clergé du Diocèse de Montpellier.
de Dieu fit en elle ce que Ton pratiquait autrefois pour les victimes offertes en holocauste ; elles étaient dépouillées, immolées et consumées. L'amour de Dieu Ta dépouillée des espérances du siècle, des biens du siècle et du siècle lui-même. L'amour de Dieu la blessa, l'immola par la pratique des austérités et des mortifications. L'amour de Dieu la consuma. )).
Au mois de mars suivant, (r*^ mars 1769), nouvelle notification des grades, en vue d'obtenir un canonicat au chapitre cathédral de Montpellier. Il est nommé par le chanoine Loys et installé le vendredi 24 avril 1770.
Cette même année, l'abbé Bessières eut à parler à ses élèves des fameux Articles de 1682, dont Bossuet avait été le principal auteur. Tout ancien élève qu'il était des Oratoriens de Montpellier, l'habile théologien ne partageait point les erreurs doctrinales de ses maîtres, ce qui ne l'empêchait pas d'être chaud partisan du grand évêque de Meaux et son admirateur passionné.
Mais, catholique avant tout, il repoussa vivement les Articles. Les Jansénistes, rédacteurs des Nouvelles Ecclésiastiques se scandalisèrent de ce que le professeur de Montpellier avait dicté sur ces matières des propositions qu'ils trouvaient répréhensibles, attendu qu'il donnait les quatre Articles pour de simples opinions et renvoyait ses élèves à ce qu'il leur avait déjà dicté dans son Traité sur l'Eglise. Ils se demandaient comment le sage évêque de Montpellier, Raymond de Durfort, avait pu se permettre de recevoir dans sa cathédrale, en qualité de chanoine, un prêtre qui professait l'ultramontanisme le plus pur. Ils allaient même jusqu'à dire que la confiance de ce prélat avait été suprise, non seulement par Bessières, mais encore par Baissie, son collègue dans la chaire de théologie, et même par Boyer, supérieur du séminaire.
A la Révolution, Bessières refusa le serment et fut condamné à la réclusion. Dans la suite, il prit à Montpellier un passe-port pour l'Italie (9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797). Lorsque la paix fut rendue à