IV. Les Martyrs et Conjesseurs de la Foi
l'Eglise de France, le noble confesseur de la Foi reparut avec honneur dans le diocèse. Il devint vicaire général honoraire sous Mgr Rollet (6 décembre 1802), théologal et grand archidiacre sous Mgr Fournier (1807}.
Peu de jours après la mort de Mgr de Malide, survenue à Londres le 2 juin 1812, une chaude polémique surfit à Montpellier, au sujet de la légitimité et de la validité des pouvoirs spirituels donnés par lui à certains prêtres du diocèse. La lutte fut ouverte par l'abbé Albrand, un des principaux chefs de la « petite Eglise », contre le théologal Bessières et l'abbé Bertrand, curé de Notre-Dame-des-Tables . Le provocateur delà dispute prétendait que M. de Malide n'ayant pas été canoniquement déposé, les pouvoirs de juridiction accordés par lui étaient légitimes et subsistaient même après sa mort. Le théologal réfutait cette assertion établissant la légitimité de l'acte par lequel Pie VII avait, au Concordat, retiré leurs pouvoirs à tous les évêques de France. Nous no pouvons qu'indiquer ici cette lutte, dont nous avons parlé fort longuement dans notre vie de Mgr M.-N. Fournier.
Sous la Restauration, l'abbé Jacques Bessières publia un ouvrage, devenu fort rare aujourd'hui, qu'il intitula : « Théologie dogmatique de Bossnet, pour perfectionner les études ecclésiastiques (Montpellier, Tournel, 1817 et 1818, 4 vol. in-12). On lui doit encore Le Sacrifiée de r^ulel ou Instructions sur les Cérémonies et les Prières de la Messe (Montpellier, Séguin, 1830, in-12). Le savant et influigable théologien mourut à l'âge de 83 ans, le 31 mai 18 17. ^
Cf. Archives du départ, de l'Hérault, L. 443 bisy et fonds de l'Evêché, 2^c *7f^v. lies Bt'iu'fici's Eccte'siasiiques, P» 97 et f« 132. — Les Nouvel tes écctèsiastiques^W^ des 20 mars 1773 et 30 octobre 1779; — Onto du diocèse de Montpellier pour 1807 ; — Archives du couvent de la Visitation de Montpellier; Documents dûs à l'obligeance de M. le Chanoine Lazaire ; — Thomas, Le Séminaire de O^oi tpettier ; — TAbbé Albrand, Keciteil très intéressant de plusieurs tettres; — F. Saurhl, Raymond de Durfort, M.-N. Fourni"r et Hist. /y//>. du départ, de V Hérault.
BEZOMBES (Jlmms),
prébende au chapitre cathédral Saint-Nazaire de Béziers, reçut à la sup-
pression de ce chapitre la promesse d'une pension fixée à 1,527 livres, 2 sous, 3 deniers.
Il refusa le serment et fut enfermé dans la Maison de Réclusion de Montpellier, où il mourut le 22 prairial an II (10 juin 1794). Bancal, agent national près le District de Montpellier, en informa le président du' Département de l'Hérault. Celui-ci le même jour lui répondit : « Je viens d'en donner connaissance à l'agent natioTial du District de Béziers, afin qu'on prenne les mesures nécessaires pour assurer les intérêts de la République, à l'égard des biens de ce décédé, natif de Béziers, propriétaire d'une grande maison dans ladite commune, d'un grand nombre d'effc'ts mobiliers et d'un immense domaine dans la commune de Cazouls.
Cf. Krch. de THèrault, L. 440.
BEZOMBES {Toussaint),
né le 30 octobre 1729, frère du précédent, était syndic des hebdomadiers-conducteurs et demi-conducteurs au chapitre Saint-Aphrodise, de Béziers, et devint chanoine; son frcre Thomas lui ayant résigné son bénéfice.
Il figure en tête de la liste des chanoines et bénéficicrsde ce chapitre, comme ayant refusé le serment. Déporté d'Agdc i\ Nice (12 avril 1792 il se retirai! Bologne, et se trouvait encore dans cette dernière ville lorsque le 9 mai 1796, pensant à reprendre le cheinin de son pays d'où il manquait depuis près de quatre ans, il écrivit à une personne de Béziers, sa parente, sans doute, pour se faire envoyer l'argent nécessaire à son voyage. Bien que sa lettre eût été saisie à la poste et que le ministre de la Police générale eut ordonné la surveillance la plus active (6 messidor an IV, 24 juin 1796), il put rentrer en France et obtenir même l'autorisation de demeurer en réclusion chez sa sœur, à Béziers, sous la surveillance de la Municipalité (11 nivôse, an VI, 31 décembre 1797), comme n'ayant exercé aucune fonction publique. On lui permit en outre de sortir dans
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la campagne, pour y respirer le grand air. Il était infirme et âgé de près de 70 ans (2 prairial an VI, 21 mars 1798.)
. Cf. Arch. de l'Hérault, L. IHM 4.; PoUce.
BILLARD (Jean),
fils de François Billard, ménager de Pérols, né le 20 janvier 1752. Son titre clérical de 100 livres, en date du 20 novembre 1774. Curé réfractaire de Teyran, pension 500 livres. Embarqué à Aiguesmortes pour la déportation. Au rétablissement du culte, succursaliste à Pérols, son pays natal, avec pension de 266 fr. 66.
BILIÈRE (Jean-André),
frère Récollet de Marseillan, né à Marscillan, le 27 septembre 1729, de parents sincèrement chrétiens. Il se sentit de fort bonne heure une grande inclination pour l'état religieux. A peine âgé de 15 ans, il manifesta le désir d'entrer chez les capucins où il espérait jouir du triple avantage de vivre séparé du monde, de se consacrer entièrement au service de Dieu et de pratiquer la mortification pour laquelle il éprouvait un penchant irrésistible. Son père étant mort pendant qu'il s'occupait ainsi de sa vocation, sa mère mit obstacle à ses projets, guidée en cela par le gardien des capucins de Notre-Dame du Grau d'Agde, auprès duquel notre jeune homme faisait des instances. Ces épreuves ne firent qu'augmenter les ardeurs de Jean-André qui, cependant docile à la voix de sa mère, renonçait pour le moment à se séparer d'elle, mais s'appliquait dans l'intérieur de la maison à suivre la règle de saint François, afin de s'habituer à la vie conventuelle.
Les difficultés furent aplanies par le curé de Marseillan qui finit, après bien des instances, par obtenir par la mère du jeune homme de le laisser entrer dans la maison des capucins, à Marseillan. Ce serait toujours la même règle que chez les récollets et la bonne femme ne serait pas privée de la vue de celui dont elle n'avait pas le courage de se séparer.
6] l'ancien CLBUGé DU DIOCiSB DB MONTPBLLIIR.
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Il fallut bien pourtant s'y décider. Jean-André, à peine entré chez les récollets, fut envoyé à Avignon pour y faire son année de noviciat ; c'était en 1740. Il prononça ses vœux, au mois de novembre de Tannée suivante. Il avait alors 21 ans accomplis. Dans les différentes maisons de son ordre où il fut employé, le frère Billière sut se faire estimer et aimer. Sa vie pénitente et mortifiée devait lui attirer de la part du Dieu Sauveur quelque part à ses souffrances; il fut, en effet, affligé de plusieurs maladies qu'il supporta patiemment et avec la plus parfaite résignation.
Les ordres religieux ayant été supprimés, on lui promit une pension de 400 livres; il passa plusieurs mois à Marseillan, chez sa sœur, dans la pauvreté la plus effective, à laquelle il se trouvait condamné par son refus de serment, continuant dans le monde la vie du cloître.
Quand la République se mit à la recherche de tous les membres du clergé tant régulier que séculier, qualifiés de réfractaires à la loi, le Frère Jean-André, qui ne se cachait pas et ne déguisait nullement ses sentiments, fut « déféré», comme on disait alor?, et condamné à la réclusion. Il obéit non seulement sans résistance, mais même avec bonheur, par la raison qu'on le traitait en Confesseur de la Foi, Il entra dans la prison de la Visitation, à Montpellier, le 8 juin 1793. Il y trouva une cinquantaine d'ecclésiastiques ou de religieux âgés ou infirmes ou même malades et se consacra tout entier à leur service, honorant en leur personne les ministres de Jésus-Christ. On le vit passer les jours et les nuits auprès de ces vénérables malades, les soutenir dans leurs dernières faiblesses et s'oublier lui-même pour les servir jusqu'au moment où il leur aurait fermé les yeux.
Ces détails sont ce qu'il y a de plus autenthique ; M. de Gohin les tenait de la bouche de l'nbbé Farjon, archidiacre et vicaire général de Montpellier, lequel avait vu et admiré le charitable dévouement du Frère pour les reclus. Souvent il était fort tard que le bon Récollet n'avait rien pris de la journée ni même rien préparé pour lui-même. M. Farjon lui offrit