IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
à diftérentes reprises des secours pour suppléer à ce qu'il perdait par son application continuelle auprès des malades. Jean- André les refusa toujours, disant : « Voudriez-vous, Monsieur, me faire perdre le petit mérite que que j'ai acquis devant le bon Dieu ?^^ On sait aussi qu'un de ses malades lui ayant foit accepter son manteau avant de mourir, en reconnaissance des peines qu'il avait prises pour lui, ce malade n'eût pas plus tôt rendu le dernier soupir que le Frère en fît don à un autre de ses compagnons de captivité.
Pour lui, il n'avait jamais besoin de rien, un morceau de pain et un verre d'eau lui suffisaient. Ces pieux excès de charité et de pénitence épuisèrent enfin ses forces. Il était déjà mort au monde, à sa volonté, à toutes les choses d'ici-bas et soupirait après la dissolution de son corps. Ses vœux furent exaucés; il mourut prisonnier de Jésus-Christ, le i*"* mars 1795, âge de 64 ans et cinq mois, dans la 44^ année de sa profession religieuse, également regretté de ses compagnons de captivité qui, témoins de son amour constant pour Dieu, de sa piété fervente, de sa tendre charité envers les malades, de la fermeté de sa foi, de son héroïque désintéressement et de sa vie pénitente et mortifiée, le considéraient comme un saint.
Cf. Ms. de Tabbé de Gohin, pages 71-78. — F. Saurel, Hist, T{elig, du Départ, de V Hérault.
BLANC (Jean),
né à Avignon, capucin. Déporté d'Agde à Nice, le 8 août 1792. Sa pension avait été arrêtée à la somme de 300 livres.
^LANC (François-Joseph) y
né vers 1742, Bénéficier à Saint-Nazaire de Béziers, signa la lettre du Chapitre à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790). Insermenté : Pension : 903 livres, 12 sous, 7 deniers. Déporté d"Agde à Nice, le 12 août 1792, â l'âge de 50 ans. Après sa rentrée en France, il était recherché pour la
V Ancien Clergé du ÎHocise de Montpellier,
réclusion. Il se cacha d'abord, et demanda plus tard qu'on voulût bien Tautoriser à garder la réclusion dans son propre domicile, à Béziers, sous la surveillance de la Municipalité. Mais une lettre du Ministre de la Police générale adressée au Préfet de l'Hérault (9 vendémiaire an VIII, i*r octobre 1800) déclara que ce prêtre n'avait pas été tenu à prêter le serment et que les poursuites dirigées contre lui étaient illégales.
Cf. Arch. de l'Hérault, L.; — Arch. de TEvêché.
"BLA^^C (Jean),
né le 9 février 1748, prêtre du diocèse de Béziers. Insermenté, Pension : 300 livres. Déporté pour Nice, le 5 août 1792, rentré avant le 18 fructidor, dénoncé comme étant sujet à la déportation, il prit alors à Béziers un passe-port pour TEspagne dont il ne revint que sous le Consulat. A cette époque et depuis longtemps, la paroisse de Colombiers était dépourvue de ministre du culte. La majorité des habitants de la commune demanda au maire l'Eglise ci-devant paroissiale. Dès le lendemain (15 floréal an IX, 3 mai 1801), le maire remit à l'abbé Blanc les clefs de l'Eglise.
Ceci ne pouvait convenir à un nommé Chastaing, qui s'était présenté à Colombiers, en qualité d'instituteur, et qui bientôt s'érigera dans l'exercice du culte catholique^ sans avoir présenté de passe-port et sans justifier de sa qualité de prêtre ; mais se disant avoir été désigné pour remplir ce poste par l'Evêque du département de l'Hérault, Rouanet. Le Maire et l'Adjoint de Colombiers, signalèrent au sous-préfet de Béziers l'intrus, lequel d'ailleurs tenait une conduite déréglée, licencieuse et toutà-fait scandaleuse (5 prairial an IX, 25 mars 1801).
Blanc fut maintenu comme succursaliste, et nous le retrouvons sous Mgr Rollet, en 1803 et sous Mgr Fournier en 1807, chargé de la paroisse de Colombiers et de l'annexe de Montady, avec une pension de 266 fr. 66 c. Il décéda en janvier 1830.
Cf. Arch. de l'Hérault^ L, 443 et V. Tolice du Culte ^ — Ordo de 1807 et de 183 1, — Arch. de rEvêché, Reg, des Décès,
BLANCHET de BEAUCHÈRE (Jean-Baptiste),
était avant la Révolution aumônier des religieuses Bénédictines du Sacré- Cœur de Gorjan, à Lodève, et desservait en même temps la chapelle des Pénitents-Bleus de la même ville. Après avoir refusé le serment, il se tint caché de son mieux. Il finit pourtant par s'exposer à être découvert; voici en effet ce que la commission près du Directoire exécutif près l'Administration municipale de la commune de Montpellier écrivait à son collègue près l'Administration centrale du département de l'Hérault, sous la date du ii pluviôse an VII (30 janvier 1799J.
<f... Les agents de police instruits que le nommé Claude-Jean-Joseph Blanchet, prêtre, se faisant appelé Balthazar, était réfugié depuis quelque temps à Montpellier, étaient parvenus à savoir qu'il logeait dans Tisle Rivière, n** 170, et qu'il y exerçait les fonctions relatives au culte catholique. Ils se rendirent le 8 du courant, avant le jour, devant la maison indiquée, accompagnés du juge de paix et de la force armée. On ne trouva ^as le prêtre, mais tout annonce qu'il y était : un autel dressé, tous les objets nécessaires pour dire la messe, plusieurs personnes réunies dont deux ou trois ont avoué s'être rendues là pour entendre la messe. On s'aperçut qu'il avait pu s'échapper par une fenêtre donnant sur les toits. Les divers effets servant à constater la contravention ont été mis sous les scellés. La citoyenne Marie Ca/alié, a été conduite à la Maison d'Arrêt. Elle a été fille de peine au ci-devant couvent des Bénédictines, n Lodève, duquel Blanchet était aumônier. Après la Révolution, étant aumônier des Pénitents-Bleus de Montpellier, où il fut nommé chanoine honoraire et en cette qualité administré solennellement par le chapitre Cathédral (7 mai 18 12, et enseveli dans la tombe du Séminaire (23 du même mois). La cloche de Saint-Pierre annonça sa mort et sonna le lendemain d'heure en heure, jusqu'au moment delà cérémonie funèbre.
Cf. Arch, de l'Hérault, L. 443. . — F. Saurel, Histoire Religieuse du Département de V Héraut.
BLAQUIÈRE {Antoine-François-Martin),
curé de Sainte- Anne, à Montpellier^ né à Lodève le 20 mars 1758, était curé de Montpeyroux, à la Révolution. Il refusa le serment et se déporta. Il reparut après la loi du 7 fructidor an V (24 août 1797) et remplit les fonctions ecclésiastiques à Clermont. On se mit bientôt à sa poursuite et on apprit qu'il avait passé à Lodève. Il se vit dans la dure nécessité de reprendre le chemin de l'étranger et se fit délivrer, à Lodève, un passeport pour l'Espagne (9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797).
Au rétablissement du culte catholique, il reçut le titre de succursaliste à Montpeyroux, son ancienne paroisse et, en 1807, celui de Castelnau-le-Lez, avec une pension de 266 fr. (>(> c, et puis celui de succursaliste à Sainte- Anne de Montpellier (2 mai 1807), titre qu'il échangea dans la suite avec celui de curé y son église ayant été érigée en paroisse (10 février 1829). Nonfmé chanoine titulaire en 1832: il mourut le 3 octobre 1835.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 et 443 his\ — Arch. de l'Evêché. Rc^. des 'Dàès,
BLAYAC,
né le II février 1756, curé de Boussagues, se trouvait à Camplong lors de la promulgation de la loi du 19 fructidor an V (5 septembre 1797), Obligé de repartir pour l'exil, il se fit délivrer, ;\ Bédarieux, un passeport çoMX l'étranger.
Au Concordat, on le nomma succursaliste au Poujol (canton de St-Gervais). Pension 266 fr. 66 c. Prêtre très estimé, décédé le 27 août 1834.
Cf. Arch. de l'Hérault, et Arch. de l'Evêché, Tableau du Clergé, p. 2 13, et Re^.des Dàùs.
BLÉS Y (Jean-Jacques) y
né le I" janvier 1752, curé de Riols, près de Saint-Pôns, avait prêté le néflistc serment. Il comprit bientôt l'énormité de sa faute et le rétracta. On lui avait promis une pension de 1500 livres qu'il ne toucha peut-