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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

époque où le département du Tarn cessa de faire partie de notre diocèse. L'abbé de Bonne, confirmé dans ses fonctions par Mgr de Brault, les conserva jusqu'à sa mort, survenue à Castres, le 5 juillet 1838. Il était

âgé de 79 ans.

Cf. J. Maffre. Nos tiuirtyrs, 254 et suiv., 310. — Rossignol, Les prêtres du dép. du Tarn persécutés pendant la Révolution, pp. 17 et m .

BONNERY (Pierre- Vincent),

né le 6 octobre 1748, à Roujan, était curé de Péret lorsque on lui demanda le serment constitutionnel. Après Tavoir refusé, il se déporta d'Agde à Nice, le 12 août 1792. A sa rentrée en France, en 1795, il fut arrêté à Toulon. Déporté sur le vaisseau la T^écade, il s'établit à Oyapock, dans la Guyane et fut « libéré retourné » par la Martinique, le 21 février 1802. En 1807 il devint succursaliste de Saint-Bauzille de la Sylve et, plus tard, de Clapiers et Jacou (17 février 1808), de Saint-Drczéry et Montau (29 juin 1810), de Vendargues^6 février 1812), et de Saussan (7 février 182 1). Décédé- le 16 octobre 1825.

Cf. Arch. de THérault L. n» 443; — Victor Pierre, La Terreur sous h Directoire y p. 200; — Manseau, Les Prêtres et relii^ieux déportés sur les côtes et dans les iles de la Charente- Iti/ér.; — Arch. de l'Evêché. Réi^. des T)écés.

BONNET (Jean-Jacgîies),

Bénédictin non assermenté. Pension 990 livres. Déporté rentré, avait pris, à Béziers, un passe-port pour l'Espagne (9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797) et comme tant d'autres prêtres réfractaires, il avait mis sa feuille de route dans sa poche et s'était caché; mais mal.

Le 28 thermidor an VI (15 août 1798), le commissaire du Directoire exécutif de Béziers,en vertu d'un Arrêté du Département du 26 thermidor, c'est-à-dire de l'avant-veille, qui ordonnait des visites domiciliaires, se mit en campagne dans le but de découvrir et d'arrêter le Père Bonnet. Il avait avec lui 9 hommes de ligne, y compris l'officier com-

mandant, 4 hussards, 10 gardes nationaux de Béziers et deux gendarmes. On part de Béziers dans la nuit, on arrive à 2 heures du matin à Boujan, on cerne la maison de la femme Faucil, veuve de François Chabanel, et on attend le lever du soleil. A quatre heures, on commence les perquisitions. Elles ne durent pas longtemps, le réfractaire est bientôt découvert, arrêté et conduit à la maison ci-devant presbytérale.Un médecin est appelé, pour savoir si le prisonnier qui se dit malade, peut être sans danger transporté à Béziers. Sur sa prescription, le Père est aussitôt placé sur un matelas, dans un véhicule pourvu d'une tente. Commissaire, fantassins, hussards, gardes-nationaux et gendarmes escortent la charrette jusqu'à Béziers, en ce moment en état de siège, et déposent leur capture dans la Maison d'Arrêt.

L'Administration centrale, aussitôt informée, prend dès le lendemain un Arrêté contre le Père Bonnet et ordonne qu'il sera traduit devant la Commission militaire siégeant à Nimes. Seulement une difficulté se présenta : le transport, même sur une charrette matelassée, avait aggravé l'état du malade. Deux officiers de santé furent appelés et déclarèrent que celui-ci se trouvait en délire perpétuel, avec des attaques de frénésie telles que quatre personnes des plus vigoureuses pouvaient à peine suffire pour le maintenir dans son lit. Bonnet avait alors 40 ans.

Son frère, témoin de ces agitations violentes, demanda qu'il fut transporté à l'hôpital civil (29 thermidor, 16 août). Avec les soins et le temps, le calme revenait. Il revint s\ bien avec la lucidité d'esprit, que moins d'un mois après son arrestation (le 24 fructidor an VI, 12 septembre 1798), entre trois et quatre heures du matin, l'ex-bénédicrin sortait de la chambre où il était détenu et s'évadait. Dès qu'on s'aperçut de sa disparition, on se livra aux plus minutieuses recherches. On s'en prit au personnel de la maison. On prétendit que si l'individu chargé de la surveillance nocturne s'était endormi d'un profond sommeil, c'était qu'on lui avait donné du vin mélangé d'une décoction de pavot. On mit en état d'arrestation deux anciennes religieuses, un infirmier et trois soldats de garde.

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