‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 12 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

que lui peut-être. La terre les respecte, daigne le ciel y sourire et les bénir ! »

Le i8 Juin suivant, il fit une première ordination ; cérémonie dont il rendit compte à la municipalité d'Agde dans une lettre écrite de sa propre main. Il l'invitait à partager la joie qu'il éprouvait d'un événement qui promettait « line nouvelle et citoyenne génération d'ecclésiastiques, l'extinction de l'esprit de fanatisme et l'entier rétablissement de la paix.»

Peu après son installation, Pondérons s'occupa de la délimitation des paroisses, en conformité de la Constitution civile. Ce n'était pas une petite affaire que le remaniement complet des cinq anciens diocèses de Montpellier, Béziers, Agde, Lodève et Saint-Pons, placés désormais sous la dépendance unique de l'évèque départemental. Celui-ci s'en déchargea sur des fondés de pouvoirs, constitués par devant notaires et chargés de concourir à l'œuvre de préparation dans un ou même dans plusieurs cantons.

Il fallut plus de trois mois pour la rédaction du tableau définitif des circonscriptions dans certains districts à cause des pétitions sans nombre qui arrivaient de tous les côtés et qui demandaient les choses les plus inconciliables sur les suppressions, les conservations et les changements à opérer.

A la première visite pastorale que Tévêque constitutionnel fit à Montpellier, la ville avait été illuminée. Les membres du pouvoir exécutif parcouraient toutes les rues pour s'assurer que les dispositions de l'Arrêté municipal avaient été fidèlement observées et cassaient les vitres des maisons dépourvus de lampions. Au lieu de réprimer, ou au moins de blâmer ces méfaits, l'évèque accueillait avec une perfide bonté ceux qui les commettaient et ne sortait jamais sans être accompagné d'une foule de misérables, auxquels venaient se joindre les membres du Club des %Amis de la Constitution^ armés de nerfs de bœuf, dont ils avaient fait ample provision. Avec eux, il entrait dans les églises et dans les maisons religieuses et remplissait ses fonctions épiscopales.

Béziers, on ne Ta pas oublié, était devenu le siège de Tévèque du Département. Des patriotes de Montpellier regrettaient que l'ancienne cathédrale Saint-Pierre fût descendue au rang de simple église paroissiale. Ils étaient d'avis que la fête du Prince des Apôtres y fût célébrée tout comme sous l'ancien régime, avec la plus grande solennité et que la présence de Tévêque ne serait pas de trop .pour ajouter de l'éclat aux cérémonies religieuses. Ils lui écrivirent donc pour l'inviter à venir présider la fête, le pressant beaucoup de ne pas manquer de se rendre.

Celui-ci répondit dès le lendemain qu'il se ferait un plaisir et un devoir de se retrouver dans une ville aussi chère à son cœur et au milieu d'administrateurs aussi distingués par leur amour pour la Religion que par leur civisme le plus généreux et le plus constant. Il tint parole et se rendit dès l'avant-veille à Montpellier. Dans l'intention, sans doute, d'édifier ses prétendus diocésains par un acte public de piété, il se transporta à la chapelle des Pénitents-Bleus, accompagné de plusieurs de ses vicaires épiscopaux, de tous les nouveaux curés de la ville et de quelques autres prêtres et, avec eux, se fit recevoir membre de la dévote confrérie (28 juin 1791).

Les fonctionnaires civils de Montpellier, enviaient toujours à Béziers le chef de la religion nouvelle. Comme ils l'avaient possédé pour la fête de Saint-Pierre, ils le voulaient encore pour la grande fête delà Fédération et le procureur de la commune le pressait de prolonger son séjour dans le chef-lieu du département, il se fit excuser par un de ses vicaires et partit le 12 juillet pour sa ville épiscopale, où il avait promis d'être rendu pour célébrer la même fête pour laquelle on voulait le retenir à

Montpellier.

Au sujet de la proclamation de l'Acte Constitutionnel, Pouderous publie un Mandement (10 octobre 1791) dont on pourra juger la valeur par ces quelques lignes : « Qu'il soit permis aux Ministres d'une religion qui ne reconnaît pour fidèles sectateurs que les bons citoyens et pour bons citoyens que les francs amis de la Constitution de leur pays; qu'il

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