‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 14 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

par rhabit, par nos mœurs et par la pureté de l'esprit et non par la lorme de nos vêtements. »

Après avoir blâmé u les ecclésiastiques assez peu réfléchis pour se déterminer à quitter plutôt l'Empire que leur habit », il examine si le décret donne la moindre atteinte à la Religion : « ...Hors de leurs vénérables enceintes, de la célébration des saints Mystères et de l'exercice de leurs fonctions augustes, quel était le costume des saints apôtres, des disciples et des évêques qui leur succédèrent ? Le même, absolument le même que celui des simples citoyens. Je ne pense pas que personne au monde osât entreprendre de prouver que les disciples, les apôtres, saint Pierre aient jamais paru en public vêtus comme l'ont été de nos jours jusqu'ici les prêtres, les évêques, le pape. Les canons insistent plus particulièrement sur rhabit long et les cheveux courts ; mais ces deux articles ne font partie du costume ecclésiastique que parce qu'ils étaient le costume des citoyens.

« Plus les différentes parties du costume ecclésiastique seiont bannies du commerce de la société et restreintes aux fonctions religieuses, plus ces fonctions-là et le ministre qui les exerce y gagneront en respect et en considération. Ce n'est pas, du reste, par son costume que le prêtre rendra respectable sa personne et la Religion dont il est le ministre, mais par la pratique parfaite de cette Religion sainte, la bienfaisance, le désintéressement, la charité, la vertu. Eh quoi ! Il y aurait un vêtement qui donnerait la piété, la bienfaisance et la charité ! Un costume de la vertu! Ah! ce n'est pas celui-là que l'Assemblée nationale a voulu prohiber ! Si Ton comptait sur le costume ecclésiastique pour attirer le respect des fidèles, pourquoi le réduire à l'habit long ? Pourquoi ne pas le surcharger de tous les ornements sacerdotaux ? Une chasuble, une mitre auraient été des moniteurs plus éloquents qu'une simple soutane... »

La loi ayant obtenu l'approbation du roi (iSaoût 1792), le port du costume ecclésiastique ne fut plus permis que pour les fonctions publi-

ques. Hors de là les ministres de tous les cultes ne devaient plus être distingués des autres citoyens par leurs vêtements.

C'est avec l'approbation du citoyen évêque du département que la population chrétienne de Saint-Pons eut la faculté de se rendre en procession au Sanctuaire de Notre-Dame de Trédos, pour implorer la miséricorde divine et lui demander la conservation des fruits de la terre, compromis par une grande sécheresse (20 mai 1793).

Nous avons parlé dans notre Histoire religieuse des horreurs commises dans notre pays sous le règne de la Terreur. Pouderous les passe sous silence dans son Livre de Raison. «... En 1794, dit-il, commença l'orage. Les églises de la Madeleine, de Saint-Aphrodise furent fermées et destinées à des usages civils. Celle de Saint-Nazaire qui m'avait été assignée pour les fonctions épiscopales fut fermée et bientôt après destinée pour être le temple de la Raison. J'allai, à cette occasion et avant l'exécution de sa fermeture, accompagné de deux de mes vicaires, Augrie et Lanes, ex-curé de Néfiès, pour taire là-dessus mes réserves et protestations ; mais ma demande fut sans effet et, depuis le i*' avril de cette année, le culte extérieur n'eut plus lieu dans Béziers. La maison des pères Lazaristes et des élèves fut destinée pour servir d'hôpital aux galeux militaires. Les religieux et religieuses évacuèrent leurs couvents et se retirèrent dans leurs familles et leurs pays. Je crus pouvoir m'absenter quelque temps de Béziers. J'allai passer environ un mois et demi à la campagne de Paguignan, masage de la paroisse d'Aiguës- Vives, dans le district de Saint-Pons. Ce fut au mois de mai de la dite année 1794 et une partie du mois de juin. »

Revenu de Béziers, il y resta jusqu'au 30 août (v. s.), puis « pour obéir à un décret qui obligeait tous les prêtres à se retirer chacun dans son pays natal », il alla s'enfermer dans une masure que lui offrit gratuitement un de ses amis, au fond d'un jardin, à Villeneuvette, hameau dépendant de la commune de Villeneuve. Avant de l'habiter, il y fît les réparations les plus urgentes, y transporta un mobilier des plus simples

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