I. Les Constitutionnels
et des vases sacrés. Tout son personnel domestique se réduisait à une vieille servante, nommée Marianne .
Une loi du 3 ventôse an III (21 février 1795) proclama la liberté des cultes, avec des restrictions. L'exercice en serait renfermé dans les temples ; pas de signes extérieurs, pas de cloches. Pondérons annonça son intention de reprendre dans sa petite maison la célébration de la messe. « Une grande multitude de fidèles s'y est rendue, écrit l'évêque
départemental; tout s'est passé avec tranquillité et édification J'ai
baptisé trois enfants, parmi lesquels se trouve Tenfant du jardinier./... J'ai reçu cejourd^hui, par mains de ma nièce, mon baptistaire expédié par la municipalité le jour d'hier, par lequel il conste que je suis né le 22 juillet 172 1. » Le lendemain, il conféra le baptême à un enfant qu'on lui amena de Portiragnes, et reçut une lettre écrite au nom des habitants de Saint-Pons qui lui offraient une habitation dans leur ville et le priaient de venir faire chez eux la consécration des saintes Huiles, le Jeudi-Saint. Le 20 du même mois, la municipalité de Saint-Pons, d'après Tordre du District, faisait publier le décret autorisant la liberté des cultes et défendant sous des peines correctionnelles d'en troubler l'exercice.
Voilà le chef de l'église constitutionnelle dans THérault tout décidé. Il promet d'aller à Saint-Pons et d'y faire la bénédiction demandée, attendu que Béziers manque d'église pour cette cérémonie. Par son ordre on va prendre dans cette dernière ville, où ils sont soigneusement enfermés chez son frère, les objets indispensables aux offices pontificaux, et le mardi de la semaine sainte, 3 1 mars, il se rend à Saint-Pons, sur un cheval que le citoyen vicaire Boudet lui avait envoyé la veille, à sa demande.
A partir de ce moment, nous le voyons reprendre ses fonctions épiscopales et s'occuper de la réorganisation de son diocèse départemental, avec le concours de plusieurs de ses vicaires cathédraux et du clergé constitutionnel de la paroisse. Ses partisans s'adressaient à lui pour lui
5] l'ahcibn clergé du Diocèsr db momtpf.i.i.ikr. L *
U Ancien Clergé du diocèse de Montpellier.
demander de régulariser le service religieux dans les paroisses. Ainsi, dans la ville même de Saint-Pons, un certain nombre de personnes lui adressèrent une pétition pour réclamer le maintien des coutumes séculaires en usage dans l'ancienne cathédrale. Il répondit à cette supplique par une Ordonnance datée du 4 pluviôse an IV (24 janvier 1796), qui renvoyait les pétitionnaires devant les autorités civiles, espérant que celles-ci pourraient y faire droit. Mais la discorde étant au camp d'Agramant, le Directoire exécutif de Saint-Pons entreprit de mettre d*accord entre eux les divers membres de l'église constitutionnelle, et ne trouva d'autres moyens pour maintenir la décence et prévenir les troubles dans les cérémonies religieuses, que de fixer à chacun des cinq ministres du culte, attachés à l'ancienne cathédrale de Saint-Pons, des heures différentes pendant lesquelles ils seraient maîtres de l'église.
En attendant que les jureurs pussent se mettre d'accord à Saint-Pons et ailleurs, Pondérons se tenait en relation épistolaire avec le fameux évêque Grégoire, directeur général de l'église constitutionnelle. Il avait pour entremetteur l'abbé Jean-Nicolas Toussaint, son ami et son compatriote, prêtre jureur, qui à ce moment faisait montre, à Paris, d'un grand zèle sacerdotal. On voulait savoir quelle part l'évêque de l'Hérault prendrait au prétendu concile national qui devait s'ouvrir, à Paris, dans l'église Notre-Dame, le 15 août 1797. Pondérons ne se sentait pas la force de s'y rendre. Il désigna Tabbé Toussaint pour le représenter au Concile.
On a vu combien peu confortable était la masure de Villeneuvette où il s'était réfugié. Faute d'argent, Pondérons avait dû se contenter d'une toute petite provision de bois. Les jours se suivaient et la misère s'accentuait de plus en plus, attendu que la République, bien que reconnaissant tous les cultes, n'en salariait plus aucun. Ceux des membres du clergé constitutionnel qui avaient continué à percevoir les arrérages de leur traitement étaient traités non comme ministres du culte, mais comme simples pensionnaires de l'Etat. L'évêque-intrus Tapprit à ses dépens. Il fit