‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 140 sur 324 · CARS · texte numérisé non relu

CARS

Chanoine précenteur à la cathédrale d'Agde, nommé par la Cour romaine pour succéder à Tabbé de Charleval. Il n'était pas encore prêtre quand il reçut ses provisions. Une fois promu au sacerdoce, il remplit ses fonctions qui l'obligeaient à surveiller la discipline du choeur, et il s'en acquitta non seulement avec ponctualité, mais encore presque avec rigueur. Afin de pouvoir mener une vie régulière, débarrassé de tous les soins matériels, il pria Tabbé Maurel, vicaire général et prieur-curé de Saint-Sever, de vouloir bien le recevoir dans sa maison et à sa table. Le grand-vicaire et le précenteur vécurent unis de cœur et de sentiments, jusqu'au moment où la Révolution les sépara de corps, tout en les laissant unis d'esprit et d'attachement à l'Eglise. Après avoir été envoyé comme député rt l'Assemblée de la sénéchaussée de Béziers et avoir été témoin des premières intrigues ourdies par les chefs de la Révolution, il n'en devint que plus ferme dans l'accomplissement de ses devoirs. Il signa la dernière délibération du chapitre cathédral (9 octobre 1790). Sa pension fut liquidée à la somme de 2349 1. 3 s.

Il refusa le serment et se retira dans une maison de campagne, en Poitou, avec un de ses frères. Mais les événements politiques l'engagèrent à quitter cet asile, devenu dangereux par les troubles de la Vendée, et à chercher une retraite à Paris. Il parvint en effet à y demeurer inconnu.

Cf. Ms de l'abbé de Gohin, Hist. abrégée des Titulaires des Chapitres Cath. et Coîlég. duDioc. d'Agde, depuis la Tii'vol . jusqu'en 1801, p. i.

CASSAIGNES {Jean-Pierre),

précenteur au chapitre de Béziers (St-Aphrodise), refusa le serment. Pension 1204, 6. Accusé, près du District de Béziers, d'être un sujet de troubles et sommé de se rendre à la Maison de Réclusion, il fit valoir son âge (78 ans), ses rhumatismes qui le forçaient à garder la chambre et même le lit ; il invoqua le témoignage des voisins, fit observer qu'il

U Ancien • Clergé du Diocèse de Montpellier.

était sans ressources et que, dans sa position., il ne pouvait donner lieu ;i aucune agitation, à aucun trouble. Il obtint un sursis du directoire du District de Béziers (29 janvier 1793). Mais bientôt mis en réclusion dans l'ancien collège des Jésuites à Montpellier, il y mourut, confesseur de la Foi, le 6 juin 1794.

Cf. Arch. de l'Hérault, LIH, VI.

CASSAN {"Pierre),

né à Aniane le 13 septembre 1765. En 1783, étant élève de rhétorique sous Théron, il obtenait le prix de discours français. Il étudia la théologie sous le chanoine Baissie et l'Ecriture Sainte sous Bessièrç. Ordonné prêtre, il était nommé vicaire dans son pays natal le }i juillet 1790. A partir du 25 décembre de la même année il n'apposa plus sa signature aux actes de catholicité. Il refusa d'abord le serment constitutionnel, et ne quitta pas son poste jusqu'au 19 mai 179 1, sans toutefois se montrer en public. Il reparut à Aniane le 10 avril 1792 et sous l'influence de deux prêtres du pays, Malrieu et Causse, il prêta le malheureux serment, qu'il rétracta bientôt après. Il partit au mois d'août pour l'Italie. Il fut poné.sur la liste des émigrés (8 septembre 1792); ses biens étaient placés sous le séquestre (28 mars 1794, 8 germinal an II). Entrant un jour dans une ville, avec d'autres prêtres émigrés, le clergé de la paroisse vint à leur rencontre en chantant : Salvele flores marlyrum. Il se fixa près de Ravenne, se rendant utile et fort content quand on lui offrait un honoraire de 50 centimes pour une messe.

De retour à Aniane, en 1797, il disait la messe et remplissait les autres fonctions du saint ministère, baptêmes, mariages, etc. dans une chambre, au second étage de sa maison paternelle de la Place. Une délibération de la Municipalité décida qu'il devait être traduit à Montpellier « comme rétractant et émigré » (9 frimaire an VI, 29 novembre 1797). Décréter l'arrestation du réfractaire était plus facile que de la mettre à

rV. Les Martyrs et Confesseurs de la toL

exécution. Cassan était jeune et ouvrait Toeil. Un jour, il se trouvait dans une ferme de Saint-Guilhem-du-Désert. Les gendarmes se présentent et, s'adressant à lui-même qu'ils ne connaissaient pas, lui demandent le prêtre Cassan. En entendant prononcer son nom, il sent que le courage va lui manquer. La fermière s'aperçoit de son trouble et, aussitôt, agissant avec lui comme avec un valet, elle lui ordonne d'aller faire ce qu'elle lui a commandé. Rentré dans sa maison paternelle, il se cache dans l'épaisseur d'une voûte. Les perquisitions continuent, elles vont avoir lieu dans la maison d'Etienne Cassan, père du jeune vicaire. Un nommé Jouillé, tout patriote qu'il se disait, vient au milieu de la nuit, tire le réfractaire de sa cachette et le conduit dans son propre domicile ; la précaution n'avait pas été superflue ; la visite avait lieu en effet le matin même. Il fallait se dépayser : l'abbé le comprit et se tint caché pendant neuf mois aux environs de Saint-Martin-de-Londres. Le samedi soir, il se rendait dans le bois de Caunas, il y célébrait la messe, au milieu du calme de la nuit, en présence de quelques rares fidèles, au pied d'un grand chêne, dans l'endroit le plus fourré ; puis, on se dispersait avant le jour. Souvent le jeune prêtre se rendait chez les malades, et leur portait le saint viatique, dans une petite bourse, cachée dans un pli de son vêtement.

Enfin découvert, Cassan dut prendre, une seconde fois, le chemin de l'exil. Muni d'un passe-port délivré, par la Municipalité d'Aniane, le 9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797, il se mit en route pour l'Espagne. Il avait 32 ans.

A la restauration du culte, Mgr Rollet le nomma curé à Notre- Dame-de-Londres, le chargeant en même temps de desservir Saint- Etienne-de-Graviac et Perrière (14 novembre 1803). Mgr Fournier le transféra à Saint-Martin-de-Londres (27 mars 1820). L'intrépide confesseur de la foi avait été à la peine, ne devait-il pas être aussi à l'honneur ? Il mourut dans cette dernière localité le 13 juillet 1844. Sur sa tombe,

l'akOIN CLIRGi DU OIOCiSB DE MONTPBLLIBT.

l'Antkn Clergé du Diocèst de Monlpellier.

on plaça l'inscription suivante : Ci-git Pierre Cassan, curé de Sainl-O^artin-de-Londres depuis 1S20, mort en 1844, âgé de 7^ ans, .

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