‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 142 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi

nomination appartenait au chanoine de la cathédrale en tour de cheville qui, cette semaine, se trouvait être Jean-Jérome Loys. Mgr de Villeneufve donna l'institution canonique et Tabbé Castan se hâta de se démettre de son prieuré de Boisseron et du canonicat de Saint-Sauveur. Il conserva cependant la chapelle des saints Fulcran et Honoré, dépendante de sa nouvelle église, et l'emploi de chapelain perpétuel de Notre- Dame-du-Vergier qui n'était pas un bénéfice et que, du reste, ilexerçai^ dans les limites de sa paroisse . Il aimait à prêcher la parole de Dieu et se faisait écouter avec plaisir. On remarqua parmi ses discours celui qu'il prêcha dans la chapelle de la Visitation Sainte-Marie, de Montpellier, le -quatrième jour de l'octave solennelle célébrée pour les fêtes de la canonisation^de sainte Chantai (i8 janvier 1769).

L'abbé Castan, obéissant à un sentiment de piété envers la patronne de son église, fit rédiger, en 1772, un office spécial pour sa paroisse, auquel Tévêque donna son approbation. On fit entrer dans la composition de ce travail, en partie du moins, ce qui se trouvait dans l'ancien Rituel de Maguelone et dans le Propre de Montpellier, et on lui donna pour titre : Office pour la fête des Miracles de Nolre-T^ame-des-Tables .

Durant vingt-cinq ans, il administra la paroisse Notre-Dame avec un dévouement, un zèle et un savoir dont le souvenir n'est point encore effacé.

A la Révolution, parvenu déjà à un âge avancé, il ne voulut humilier ni sa vieillesse ni son sacerdoce par la prestation d'un serment que réprouvait sa conscience. Il demeura fidèle aux principes du catholi. cisme et conserva les mérites d'une longue et honorable administration. Il refusa courageusement^ pour le Carême de 1791, un prédicateur sans mission ecclésiastique et que la Municipalité voulait cependant lui imposer (9 mars). Il ne tarda pas à être dépouillé de son église par un certain abbé Gauthier (Philippe-Nicolas), intrus assermenté, qui prit possession manu militari^ le i4 mai suivant.

Le digne curé Castan ne survécut pas longtemps à son expulsion :

retiré à sa maison de campagne de Montarnaud^ il y finit ses jours sans avoir subi les décrets de la déportation ou de la réclusion. Il mourut le 8 mars 1792, dans la 69"* année de son âge. Son corps fut inhumé dans l'église paroissiale de Montarnaud.

Cf. Faucillon, Collège du Vergier; — ViNAS, 'Njotre-Dame des-Tahîes ; — L.Guiraud, La Paroisse Saint-Denis ; — J.-P. Thomas, Mémoires historiques ; — F. Saurel ; Raymond de Dur/or t.

CASTELVIEL {Henri),

né le 20 juillet 1744, domicilié à Montpellier; ancien curé d'Agonès, avec pension de 1.200 livres. Insermenté; embarqué à Aigues-Mortes pour la déportation. En 1803, succursaliste à Cazilhac et Agonis. Pension : 269 livres 66 sols.

CATHALA (Jean-Louis),

né à Cessenon le 24 mars 1732. Ancien chanoine de Saint-Pons, avait résigné son bénéfice longtemps avant la Révolution et était devenu curé de Minerve (dans le canton d'Olonzac), paroisse qu'il administra durant une quinzaine d'années. Il refusa le serment schismatiqueet reçut la promesse d'une pension fixée à 464 livres 4 sols 8 denier^. Il se fit délivrer par la Municipalité de Minerve un passe-port pour l'Espagne (29 juillet 1792); mais ne se mit en route que vers la fin du mois suivant, et s'arrêta dans une localité de la Catalogne nommée Vildecoma où il trouva un asile à sa convenance. Après un long séjour sur la terre étrangère et impatient de revoir sa patrie, Catliala s'embarqua sur un navire espagnol, muni d'une patente de santé et d'un passe-port de la Municipalité de Vildecoma, qu'il ne fit point viser par le consul de la République, ne croyant pas cette formalité nécessaire.

En débarquant à Cette, il tomba entre les mains du juge de paix {15 messidor an V, 3 juillet I797N Celui-ci lui fit subir un interrogatoire, puis ordonna qu'il serait immédiatement envoyé à Montpellier,

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