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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

pour y êtreécroué dans la Maison d'Arrêt comme déporté rentré. A son arrivée, nouvel interrogatoire par le directeur du jury de l'Arrondissement de Montpellier (3 juillet). Puis on le laisse en prison, sans plus s'occuper de sa personne. Enfin, le 7 vendémiaire an VII, 28 septembre 179 1, le Département de l'Hérault, le considérant comme émigré, alors qu'il était simplement déporté, ordonne le renvoi de l'accusé devant une Commission militaire. Le ministère de la Police générale ne partagea point cette manière de voir. Il écrivit au commissaire du Pouvoir exécutif près le Département de l'Hérault qu'il y avait erreur et que ce jugement étant contraire à la loi était déclaré non avenu (24 frimaire an VI, 14 décembre 1797}.

En attendant, Cathala gémissait sous les verroux. L'Administration municipale de Minerve, composée alors de citoyens modérés, adressa une pétition au Département {22 brumaire an VII, 12 novembre 1798). Elle réclamait le retour de son ancien curé, disant que a pendant les vingt ans qu'il avait passés dans cette commune, il s'était toujours montré homme conciliant; c'était le règne de la paix. Il peut revenir; le passé nous étant un heureux présage de l'avenir ». Cette juste réclamation ne fut pas assez puissante pour ouvrir la porte de la Maison de Réclusion devant l'ancien curé de Minerve, et n'obtint d'autre résultat que celui du jugement du 24 frimaire an VI : on la considéra comme « non avenue ».

De son côté, Cathala souffrait beaucoup dans la Maison de Réclusion. Il adressa une pétition au Département, faisant valoir son âge de 67 ans, ses douleurs rhumatismales qui le mettaient dans l'impossibilité de s'habiller et une cruelle rétention d'urine. Il demandait l'autorisation de résider à Minerve, où les secours ne lui manqueraient pas (8 floréal an Vil, 27 avril 1799). Le rapport des médecins, consultés à ce §ujet, était favorable au reclus. Les pièces envoyées à la Municipalité de Minerve y furent assez mal accueillies. Les hommes qui la composaient n'étaient plus les mêmes et, malgré quelques paroles bienveillantes à l'endroit du pétitionnaire, ils furent d'avis qu'on ne devait pas permettre

au ci-devant curé de Minerve de revenir dans cette commune : on mettait en avant « l'effervescence des opinions religieuses » (19 prairial an VII, 7 juin 1799). Au couram de ce qui se passait et sans se décourager, le reclus rédigea une pétition qu'il fit parvenir à Jard-Panvillier, commissaire du Gouvernement dans la 9*"*^ division militaire (14 nivôse an Vin, 8 janvier 1800).

Cette fois, la supplique fut appuyée par l'Administration municipale du canton d'Olonzac et renvoyée à l'Administration du Département (29 nivôse an VIII, 19 janvier i8oo\ qui décida la mise en liberté de Cathala, sous la surveillance de la police, à Minerve; mais exigeant, avant sa sortie, qu'il ferait la promesse de fidélité (4 pluviôse, 24 janvier). Cette mesure ne parut point suffisante à Fouché, ministre de la Police générale. La promesse de fidélité ne pouvait pas suffire pour remplacer le serment voulu. Cathala se vit dans la dure nécessité de revenir à la Maison de Réclusion (6 ventôse an VIII, 25 février i8oo\ En 1803, succursaliste à Assignan, (canton de Saint Chinian).

Cf. Arch. de l'Hérault, L, 442, 443.

CATTIÉ,

ex-prébendé à la cathédrale de Saint-Pons, déporté d'Agde à Nice, le II septembre 1792. On dresse procès-verbal de la saisie de ses propriétés (La Salvetat, 16 thermidor an II, 3 août 1794).

CA USSE (Etienne-Martin) y

chanoine de Saint-Nazaire de Béziers, insermenté. Pension 2.278, 15, 4. Déporté d'Agde à Nice, âgé de 72 ans (11 septembre 1792). Rentré infirme, 79 ans, reclus chez lui à Béziers, autorisé h se promener dans la campagne (i^r messidor an VI, 19 juin 1798).

CAUSSE {Etienne),

né à Aniane le 20 septembre 1759, sujet à la déportation, demanda à

. IV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi,

Agde, après la promulgation de la loi du 19 fructidor an VI, (5 septeni bre 1797), un passeport pour l'Espagne (8 vendémiaire an VI, 29 septembre 1797). A son retour à Aniane, après le 18 janvier 1798, il exerçait le culte dans les maisons particulières. — Il était vicaire à Lacaune quand il refusa le serment. '

En 1803, succursaliste à Puéchabon ; pension 266 66.

CA USSE { Jean-Guillaume) y

prêtre de Roujan, déporté d'Agde à Nice, le 9 août 1792.

CA UVET {Jean''Pierre-Toussaint\

bénéficier à la cathédrale d'Agde, né dans cette ville le i**" novembre 1745. Uintégrité constante de ses mœurs et. son application à Tétude le firent promouvoir à tous les ordres. Pendant quelque temps, il remplit les fonctions de sous-chantre à la cathédrale. Après avoir exercé le ministère paroissial, en qualité de vicaire et de curé, il fut appelé à une hebdomade sacerdotale des vivants à la cathédrale. Sa grande frugalité lui permit d'acheter, à Agde même, une maison fort délabrée qu'il repara de ses propr.es mains. Il jouissait tranquillement du fruit de ses petites économies, lorsque sans regret il quitta tout plutôt que de prêter le serment constitutionnel. La Nation, après lui avoir promis une pension de 1,127 1. 17 s. 6 d., vendit sa maison et séquestra son mobilier. Quant à lui, il avait déjà pris par mer le chemin de Nice, d'où il s'avança jusqu'à Rome. Il y vécut très misérablement de ses honoraires de messe. Rentré à Marseille, il vint à Montpellier, où il fut autorisé à exercer le saint mmistère (sous un nom emprunté). Obligé de se cacher en attendant de pouvoir retourner à Agde.

Au rétablissement du culte, on le nomma succursaliste de Saussines et Boisseron (1803}. Il décéda le 22 janvier 1827.

Cf. Arch. de THérault, L, 443. — Ms. de Vahhé de Gohin, p. 112. — Arch. de TEvêché, Reg. des Décès.

IJ Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

CA UVY [Jean-Guillaume) y

né à Roujan le 12 janvier 1759. Sujet à la déportation, 39 ans ^Roujan, 12 vendémiaire an VI, 3 octobre 1797). Au rétablissement du culte, nommé succursaliste à Tourbes (1803), '^ mourut à Roujan, le 8 mai 1843, après s'être démis de sa cure.

On avait accusé Cauvy de Jansénisme : Mgr Fournier le trouvait « très instruit et très pieux » .

Cf. Arch. de THérault, L, 443 ; — Arch. de VEwèc\ié,Tàbiean du Clergé du Diocèse. p. 259. *Hfg. des Decls,

CHABAUD [Pierre-Arcade,)

ecclésiastique de Béziers, déporté d'AgdeàNice, le 12 août 1792, à Tâge de 24 ans.

CHABA UT> (^Antoine-Séuerin),

né à Béziers le 11 février 1762, fit ses études au collège des Jésuites et au séminaire de son pays natal. Après son ordination à la prêtrise, on l'envoya vicaire à Aspiran, sous le curé Daumas (qui, après la Révolution, devint curé de Saint-Nazaire, à Béziers). Nommé, vers 1789 par Mgr Nicolay à la cure de Lignan, village où TEvêque possédait un château, il refusa le serment.

Un jour, passant dans une rue voisine de sa maison, il entendit qu'on disait derrière lui qu'il ferait « un beau pendu ! » Or, c'était l'époque où déjà plusieurs prêtres avaient été pendus à Paris; et comme il ne voulait pas s'exposer, il partit d'Agde pour Nice, le 9 août 179 1.

Pendant son séjour en Italie, brûlant du désir de revoir ses fidèles paroissiens, il consacra la paroisse de Lignan à la Sainte-Vierge et lui promit de bâtir sur son territoire une chapelle en son honneur s'il redevenait curé de son ancienne paroisse.

Il obtint de rentrer en France. L'autorisation accordée par le ministre de la Police générale lui imposait l'obligation de faire la promesse

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