‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 16 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

des réclamations auprès de i*Administration centrale ; mais, comme il avait pris dans sa demande la qualité de « ci-devant évêque », l'Assemblée passa à Tordre du jour ; « cette qualité étant éteinte par la Constitution, qui ne reconnaît les ministres d'aucun culte » . Cependant un autre Arrêté de la même assemblée rapporta celui dont nous venons de parler, et permit le paiement, à la charge par le pétitionnaire, suivant son offre, de prendre la seule dénomination de « Pensionnaire de la République » (2 nivôse an VI, 22 décembre 1797).

Le ci-devant évêque, comme il se désignait lui-même, avait travaillé pendant huit mois, pour arriver à ce résultat.

Rien n'était encore réglé à ce sujet lorsque, le 30 vendémiaire an VI (21 octobre 1797), il écrivit à l'Administration de Saint-Pons pour s'offrir à célébrer, le duodi suivant 2 brumaire an VI (23 octobre), une messe solennelle pour le repos de l'âme du général Hoche « qui fut un des plus vaillants guerriers, et sans lequel nous aurions été mille fois la victime de nos furieux ennemis ». L'Administration s'empressa d'accepter l'offre du « citoyen Pondérons, ministre du culte catholique, faisant les fonctions d'évêque ».

Six mois après (6 floréal an VI, 25 avril 1798), il se présenta devant * la même Administration et lui déclara que la situation de ses affaires exigeait qu'il allât hxer de nouveau son domicile à Béziers et qu'il était sur le point de partir. Il s'agissait alors de préparer un synode diocésain, en exécution des résolutions du concile célébré à Paris. Il publia une Ordonnance par laquelle il en fixait la tenue à Béziers et l'ouverture pour le 8 mai 1798. Tous les prêtres devaient se grouper au chef-lieu de leur canton et nommer : 1° un archiprêtre, 2° un substitut de l'archiprêtre, et 3** un député au futur synode.

Ces assemblées comptèrent en général un petit nombre de prêtres, cinq ou dix en moyenne ; mais c'était assez pour un commencement d'organisation administrative et pour la désignation des députés envoyés au synode. L'évêque s'était un peu aventuré quand il avait indiqué sa

ville épiscopale pour lieu de la réunion ecclésiastique ; il ignorait encore dans quel local il pourrait tenir cette assemblée.

Les circonstances le servirent à souhait. Au mois d'avril 1798, un prêtre-jureur avait obtenu l'autorisation de célébrer la messe à la ci-devant cathédrale Saint-Nazaire, de Béziers, église dans laquelle se réunissaient les patriotes pour leurs assemblées décadaires. Dès lors, Pouderous pensa qu'il pouvait se hasarder à prier la municipalité de vouloir bien lui permettre de se réunir, avec quelques prêtres, dans l'église de la Madeleine « pour certaines opérations relatives à son culte ». L'autorisation lui en fut accordée, et il put présider en personne une assemblée de trente-cinq ecclésiastiques environ. Il y renouvela l'expression de son désir, plusieurs fois déjà manifesté, d'avoir un coadjuteur. Il désigna même comme pouvant remplir ces fonctions un de ses vicaires épiscopaux, Alexandre- Victor Rouanet ; mais il ne fut pas donné suite à la manifestation de ce désir.

Ce vieillard qui n'avait interrompu l'exercice de ses fonctions que par manque de « juridiction nationale », les avait reprises et les continua jusqu'au moment où la mort vint le coucher dans la tombe. Il finit ses jours à Béziers, le 10 avril 1799, ^^ dehors de l'Eglise catholique, perdant ainsi le mérite d'une longue vie recommandable par des moeurs pures et sévères.

Son corps fut inhumé dans le cimetière. Un mois après, les prêtresjureurs de la Madeleine le firent exhumer furtivement pendant la nuit et déposer dans une tombe de leur église. Un peu plus tard, le sous-préfet de Béziers ayant eu connaissance de ce fait, le signala au préfet de l'Hérault. Celui-ci prit aussitôt un Arrêté par lequel il ordonnait l'exhumation du corps et son transfert dans le cimetière de la ville ; Arrêté qu'il transmit aux ministres de l'intérieur et des cultes. Grenier, sous-préfet de Béziers, chargé de l'opération, voulut se mettre à l'œuvre; mais comme on était incertain sur le caveau dans lequel le cadavre avait été déposé, on envoya chercher le fossoyeur pour s'éclairer à cet égard. Il

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