IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
avoir passé deux ans et demi sous les verrous, il demanda sa liberté à Jard-Panvilliers, délégué des Consuls (14 nivôse an VIII, 4 janvier 1800), qui transmit sa pétition à l'Administration centrale. Couderc avait alors 80 ans. Le Département refusa de l'élargir, disant que le pétitionnaire s'étant toujours refusé au serment, il devait rester en réclusion. Il fallut une attestation du docteur Victor Broussonnet pour qu'on lui rendit la liberté. Le certificat du médecin constatait que cet octogénaire, atteint depuis longtemps d'un rhumatisme goutteux, était souvent dans l'impossibilité de porter les aliments à sa bouche. La liberté accordée à Thebdomadier de la cathédrale le soumettait à la surveillance municipale de Montpellier (13 prairial an VIII, 2 juin 1800). Succursaliste à St-FéHxde-Lodès (1803), nommé chanoine honpraire (1807), il mourut le 20 octobrç 18 13, âgé de 92 ans.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443.
DALGA (Barthélémy),
naquit. à Puimisson, dans l'ancien diocèse de Béziers, le 24 août 1747, jour de St-Barthélemy dont il reçut le nom au baptême. Son père An-r toine Dalga et sa mère Françoise Pech, honnêtes propriétaires, originaires de la paroisse de Lavaur, vivaient du produit de leurs terres qu'ils cultivaient eux-mêmes. Il fréquenta le collège des jésuites de Béziers et c'est sous ces. habiles maîtres qu'il prit les premières leçons. Le jeune élève eut bientôt à pleurer sur la dispersion de ces dignes religieux, pour lesquels il conserva une vive et tendre affection que le temps n'affaiblit jamais. Les espérances qu'il avait données pour le succès de ses études ne furent point trompées. Entre autres dons de l'esprit brillait une étonnante facilité pour la poésie latine ; quelques pièces de vers n'eussent pas été désavouées par le célèbre Vanière, son compatriote. Après l'étude des belles-lettres, il consacra quelque temps à celle de la jurisprudence, afin de pouvoir embrasser la carrière du barreau. Mais Dieu l'appelait à quelque chose de meilleur. 11 se dégoûta d'une étude
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V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
qui n'avait pas Dieu pour objet. Il y renonça pour s'appliquer à celle de la théologie et embrasser l'état ecclésiastique. Il entra au séminaire de Toulouse, dirigé par les prêtres de St-Sulpice. Mais tout n'était pas fait ; il s'agissait, pour l'exécution de ce dessein, de porter le plus terrible coup à une mère qu'il aimait de toute la tendresse de son cœur. Celle-ci, de son côté, avait mis en lui toute son affection et peut-être aussi les espérances de sa vieillesse. Qu'on juge de ce qu'il dût en coûter à M. Dalga, pour parler à cette mère d'une séparation si cruelle et si inattendue. Cependant le cœur de cette pieuse femme, vivant de la foi, était fort comme celui de son fils et au-dessus de toutes les faiblesses de la nature. « Mon fils, lui dit-elle, si Dieu veut que nous vivions séparés l'un de l'autre pendant cette courte vie, à la bonne heure ! Mais faisons en sorte de vivre toujours de manière à nous trouver un jour réunis à jamais dans le ciel ! » Ce fut la seule réflexion de cette âme vraiment forte qui faisait ainsi à Dieu, sans retenue, le sacrifice de sa tendresse.
Dalga partit pour Paris et, après une année de Solitude^ on l'envoya à Nantes, n'étant encore que diacre, professer la théologie dogmatique. Cette ville avait une faculté de théologie, il y fut reçu docteur, non sans avoir auparavant montré, par sa haute capacité, qu'il était digne de cet honneur. Après quelque séjour à Nantes, il dut revenir à Toulouse. M. de Calvet, supérieur du séminaire de cette ville, qui l'avait apprécié pendant le cours de ses études, voulut se l'attacher comme collaborateur et le demanda à M. Emery, alors supérieur général de St-Sulpice, qui le lui accorda. Dalga parlait quelquefois avec attendrissement des regrets que lui causa sa séparation d'avec ses chers Nantais. Toutefois son séjour à Toulouse ne fut pas aussi long qu'il semblait devoir l'être. Sur sa demande, M. Emery le rappela à la Solitude et lui confia les conférences sur la théologie morale aux jeunes Solitaires, Il bénissait le Seigneur d'un emploi si conforme à son attrait pour la retraite, lorsque tout à coup il en fut arraché pour être envoyé à Reims, dont le séminaire allait