‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 17 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

fut reconnu que c'était dans celui de la chapelle de Notre-Dame. Sur ces indications, le commissaire de police se met en mesure de procéder à la double opération. Le yoctobre 1802, c'est-à-dire trois ans et demi après la mort de Pondérons, il se rend à Téglise de la Madeleine, fait enlever la dalle qui ferme l'entrée du sépulcre dans lequel, un mois auparavant, avait été inhumé, sans caisse et enveloppé d'un simple drap, le corps d'un individu qu'on disait mort d'une maladie contagieuse. « Une odeur pestilentielle » fait reculer les ouvriers et les assistants. On ordonne au fossoyeur de descendre dans la tombe. Il refuse. D'autres, auxquels on s'adresse après lui, refusent également. Le commissaire soumet le cas au préfet qui ordonne d'abandonner l'opération. On jette en abondance de la chaux vive sur la masse en putréfaction et on scelle de nouveau avec du bon mortier la pierre qui fermait l'entrée de la tombe. A raison des circonstances sur lesquelles on n'avait pas compté, le cadavre de Pondérons demeura tout à fait intact.

Cf. Arch. de l'Hérault, passitn et les nombreuses sources indiquées dans notre Histoire religieuse du département de î 'Hérault.

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second et dernier évêque constitutionnel du département de l'Hérault, né le 13 septembre 1747^ à la Bastide Rouairoux, petite paroisse du diocèse de Saint-Pons, comprise aujourd'hui dans le diocèse d'Albi.

Il débuta dans le saint ministère comme vicaire d'Olonzac. Il passa trois ans dans cette paroisse, où il laissa d'excellents souvenirs, car l'abbé Rouanet était un prêtre de mérite, plein de zèle et de piété, admirateur enthousiaste de la vertu et des écrits de saint François de Sales, qu'il se plaisait à citer dans ses prédications, dans sa correspondance et jusque dans ses conversations intimes. Mgr de Bruyères de Chalabre, dernier évêque particulier de Saint-Pons, estimait ce jeune vicaire, doué de si grandes qualités et, trois ou quatre ans après être monté sur ce siège épiscopal, ayante nommer un professeur de théologie dans son Séminaire-

Collège, il fit choix de l'abbé Rouanet ; seulement, il se méprit sur le caractère de ce sujet, opiniâtre et entêté, qu'il croyait simplement sérieux et ferme (1774). Comme il pensait avoir trouvé l'homme dont il avait besoin pour remettre en état la maison dont la discipline laissait beaucoup à désirer, il lui confia, en même temps que les fonctions de professeur de théologie, celles de supérieur, avec charge de la réformer. Sous sa direction sévère et intelligente, les choses changèrent bientôt d'aspect. Son regard seul, dit-on, inspirait à tous, élèves et professeurs, une crainte salutaire, bien que sa personne tût quelque peu ridicule; le nouveau professeur-supérieur était bossu.

A la Révolution, Rouanet comptait vingt ans de ministère, y compris le temps qu'il avait passé comme vicaire à Olonzac. Il n'avait jamais possédé de bénéfice, ni fait la moindre démarche pour s'en procurer. C'est luimême qui rafl[irme dans un mémoire publié l'an VI de l'ère républicaine .

Cédant aux conseils de son ami Pondérons, curé de la paroisse de Saint-Pons, il prit son parti dans la grande aflfaire de la Constitution civile du Clergé et, dès le 10 février 1 791, il remit à la municipalité un écrit par lequel il déclarait se soumettre à la loi qui exigeait le serment civique de tout fonctionnaire public. <t Parce que, disait-il, je ne vois dans ce serment qu'un engagement de plus à être bon citoyen; engagement qui sera toujours précieux à mon cœur et que d'ailleurs la Constitution civile du Clergé, si injustement décriée, nous rapprochant dans ses principaux points des premiers siècles du christianisme, me paraît propre à en faire revivre l'esprit ». Avant de prêter le serment, il développa ces mêmes pensées, du haut de la chaire, dans un discours, véritable apologie de la Constitution civile, au point que le Directoire du département en ordonna l'impression .

Pendant qu'il était supérieur du Séminaire de Saint-Pons, il eut une vive polémique avec l'abbé Charreun, membre de la Congrégation de Saint- Lazare et supérieur du Séminaire de Béziers, à propos du serment constitutionnel .

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