‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 178 sur 324 · IV. Les Martyrs et' Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et' Confesseurs de la Foi

taire, et prêche devant Tempereur et les pères du Concile. Mgr Fournier prend sous sa protection les « cardinaux-noirs » exilés dans son diocèse, pour avoir refusé d'assister au mariage de Napoléon avec Marie- Louise ; il accueille avec empressement le pape Pie VII, dirigé de Fontainebleau sur Savone et l'accompagne de Montpellier à Lunel.

En 1814, J^ prélat préside à diverses cérémonies religieuses dans sa cathédrale, telles que Te Deiim pour le retour des Bourbons, bénédictions des drapeaux fleurdelisés, services funèbres pour les membres de la famille rovale. Il remplace le Catéchisme de VEmpire Français par celui de Mgr de Villeneufve. Durant les cent jours, grâce à la sage conduite de son évoque, le diocèse de Montpellier demeure dans un calme relatif. Après le Concordat de 18 r 6, Mgr Fournier refuse de donner la démission de son évêché que lui demandait le ministre des cultes. Ce Concordat est annulé et remplacé par un autre, en 1817. On veut faire Tévêque de Montpellier archevêque de Narbonne; mais on renonce à ce projet.

Le prélat redouble de zèle pour le rétablissement du culte public. Il rouvre Tère des missions et des cérémonies extérieures. Les places publiques reçoivent des croix monumentales, érigées avec un indescriptible enthousiasme. Le pontife se remet avec une nouvelle ardeur à l'organisation de plus en plus complète de toutes les œuvres et institutions, ayant pour objet les personnes des deux sexes: il crée une maison de missionnaires diocésains et une caisse de secours pour les prêtres âgés et infirmes, et prend à cœur les intérêts de l'église catholique, à propos des prétendues libertés de l'église gallicane, â la résurrection desquelles le gouvernement français n'avait cessé de travailler. Il attaque les quatre articles de 1682 et annonce « comme morte avant sa naissance » la nouvelle Sorbonne qui, au dire de M. Frayssinous, devait être « la gardienne des maximes françaises ») et aurait pour mission ce de rallier tous les esprits aux opinions gallicanes ».

Le savant théologien ne se laisse point entraîner par le mouvement général, à la publication du livre de Tabbé de Lamennais, ayant pour

titre : Essais sur F Indifférence, Dans rassemblée des évêques appelés à Paris, pour donner leur appréciation sur la valeur doctrinale de l'école Lamennaisienne, il est chargé par ses collègues dans Tépiscopat de dresser un rapport sur ce sujet. Il accepte volontiers ce travail qu'il soumet à ses commettants et a la satisfaction de le voir approuvé par la presque unanimité de Tépiscopat français.

Deux fortes hémorragies nasales affaiblissent le prélat, déjà souffrant par suite de ses incessantes fatigues. Son état fait de rapides progrès. Il craint de succomber avant l'arrivée de tout secours spirituel et prend une résolution généreuse. Il se lève, se traîne à la chapelle voisine de sa chambre et s'administre lui-même le viatique des mourants. Il perd bientôt Tusage de ses sens et rend le dernier soupir le lundi 29 décembre 1834. Uavant-veille, il avait terminé sa soixante-quatorzième année. « Par sa science, il fut la lumière et le défendeur de l'Eglise ; par sa charité, il en fut l'apôtre et le bienfaiteur ; par sa science et sa charité réunies, une des gloires de notre siècle et l'un des ornements de l'Episcopat » (Oraison funèbre de O^gr Foumier^ par Ginoulhiac).

Cf. On peut voir, dans notre vie de Mgr ^arie-ISLicoïas Four nier la liste de ses nombreuses publications, parues soit de son vivant soit après sa mort ; ainsi que Tindication des document originaux et inédits qu'il nous a été donné de consulter .

FOURNIER (Roch .Antoine),

« prêtre insoumis » de Béziers, écrivait, le 23 mai 1796, de Valdigna (en Espagne\ à son père Joseph-Marc Fournier, place de la Magdeleine, à Béziers, et lui accusait réception d'une somme de 600 livres, envoyées par celui-ci. Le déporté se plaignait de la maison de banque chargée de lui transmettre cet argent et qui, sous'prétexte de change n'avait remis en réalité que 450 livres 15 sous. La lettre, interceptée à la poste, envoyée au ministre de la Police générale et transmise par Cochon à l'administration centrale de l'Hérault (14 thermidor an IV, i" août 1796), était accompagnée d'un ordre de poursuite contre l'expéditeur.

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