‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 188 sur 324 · GIRARD · texte numérisé non relu

GIRARD

né à Cette, fit toutes ses éludes à Agde, où il fut envoyé sur les conseils de son ami, l'abbé Olive, son confesseur et son premier maître. L'enfont se fit distinguer par une tendre piété et un grand amour pour Tctude. Mgr de Saint-Simon lui conféra successivement la tonsure et les ordres sacrés. Après l'avoir élevé au sacerdoce, dans la dernière ordination qu'il fit à Agde, il voulut le confier «à son curé Olive en qualité de vicaire, pensant que ce vénérable pasteur aurait un soin tout particulier de la complexion délicate du nouvel ordonné. Celui-ci, plein de zèle pour Dieu et pour le salut des âmes, se livra tout entier à l'exercice du saint ministère sans considérer la faiblesse de sa santé et le mauvais état de sa poitrine.

Peu de temps après, M. Olive était obligé de quitter sa paroisse, passée aux mains des jureurs et de prendre la route de l'Espagne. M. Michel, un de ses vicaires, fut saisi par une bande de patriotes et conduit avec toute sorte de mauvais traitements hors du territoire de la ville. L'abbé Girard, à l'exemple de son curé et de son collègue, avait lui aussi refusé le serment; on voulait le traiter comme Tabbé Michel, mais dans

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,

rimpuissance absolue de sortir de son domicile à cause de son état de souffrances, il fut bientôt réduit à Textrémité par de fréquents vomissements de sang.

Un Capucin défroqué, jureur et intrus, avait pris la place du pasteur légitime et offrait ses services au malade qui les refusa de toute la force de son indignation. Un factionnaire placé à la porte de la maison éloignait les catholiques avec consigne de ne laisser pénétrer que Tex- Capucin. Cependant Tabbé Michel, son ancien collègue dans le vicariat, déguisé en portefaix, alla le trouver, portant une malle sur le dos et lui administra les derniers sacrements. Ce ne fut qu'après avoir reçu le baiser de paix du Seigneur, qu'il remit son âme entre ses mains, dans le mois de janvier 1792.

Le pieux jeune homme avait recommandé à ses parents de ne pas faire présenter son corps à l'église occupée par les constitutionnels. Au moment de la sépulture, on vit un cortège effrayant, composé d'hommes et de femmes mclés ensemble, se disputant le cadavre pour le jeter à la mer. Au milieu de cette confusion, Ton finit par arriver au cimetière de rhôpiral; mais les prêtres jureurs n'eurent pas plutôt terminé leurs prières sacrilèges que les plus exaltés d'eux se jetèrent sur le corps^ le frappèrent indignement, lui firent mille outrages, en proférant les blasphèmes les plus horribles contre la Religion et ses ministres. Il va sans dire que ces actes restèrent impunis.

Cf. Ms. de Tabbé Gourgon', Essai sur la Rh'olution Française. Livre VII, p. 37;. — GoHiN', Les prêtres du Diocèse d\-i<^de, p. çS-(^t. — F. Saurel, Hist. reJig. du T>ép, de VHèrauU.

GIRAVD (Melchior de), dit d'AGAY, prêtre du diocèse de Fréjus.

Joseph-Philibert de Bon de Villevert, clerc de Montpellier et chanoine de Saint-Pierre, sur le point d'être pourvu du personnat de la Chantrerie qu'il avait obtenue du pape Clément XIV, avait résigné son

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