IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
cononicat moyennant finances. Ce fait le rendait incapable de recevoir le nouveau titre, attendu que par la Bulle de sécularisation et de translation, nul ne pouvait être pourvu* d'une dignité ou d'un personnat dans Téglisc cathédrale s'il n'était déjà et de fait chanoine et du giron du chapitre [nisi sity in ed, actu canonicns et de gremio capitnli). Philibert de Bon n'était donc plus chanoine, ni du giron du chapitre, puisqu'il avait résigné son bénéfice. L'Evêque Raymond de Durfort, ratione dignitatis et jure de volnto dictum personatum cantoriœ, tanqiiam vacanlem per prœfatam incapacitaiem Philiberti de Bon, donna le personnat de chantre à Melchior d'Agay. Sous Mgr de Malide, Giraud d'Agay était vicaire général.
Il refusa le serment de la Révolution. Sa pension réglée à 2,713 1. 7 s. 6 d.
Il se présenta le 8 prairial an IV (27 mai 1796) devant le Département, en conformité au Décret du 22 floréal et fut simplement reclus, comme s'étant présenté dans les délais voulus.
GIRA UD (^oilexandre ou ^yintoine),
né à Saint-Thibéry, Récollet du couvent de Montpellier, détenu pour refus de serment à la citadelle de Blaye, obtint sa liberté sans doute après la promulgation de la loi du 7 fructidor; mais, bientôt on le contraignait à repartir pour la déportation. Il se mit en route pour l'Espagne, muni d'un passe-port pris à Montpellier (19 vendémiaire an VI, 10 octobre 1797). H avait alors 51 ans.
Cf. Leuèvre, Une nouvelle putre au Martyrologe de i"]*)}^ P- 65. — Arch. de l'Hérault, L. 443^5/ — Manseau, Lts Prêtres et Relig. déportes sur les côtes et dans les iles de la Char. Inf,
GLEIZES,
curé de Fosières, dans l'ancien diocèse deLodève, non assermenté. Pension 1,200 1. — Après la Révolution, curé d'Aigne, canton d'Olonzac. Décédé le 13 avril 1837.
Cf. Arch. de l'Evêché, %eg. des 'Décès.
1/ Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
GLOUTEAU (Jacques-Louis),
(Je Béziers, curé de Badone, insermenté. Pension, 1,380.
Déporté d'Agde pour Nice,(i2 août i792).Quelquesjours auparavant (7 août), son oncle, Glouteau ^Etienne-Charles^ chanoine de Saint- Aphrodise de Béziers, lui avait fait don de ses propriétés. Le séquestre fut mis aussitôt sur ces biens ; mais la vente en avait été suspendue. Jacques-Louis obtint la levée du séquestre (11 frimaire an III, lundi r' décembre 1794'.
Sous la direction d'Etienne-Charles, les chanoines de Saint-Aphrodisc avaient foit imprimer un ^Propre des Snints de leur église. Proprium Sanctorum insignis Ecclesiœ colIegiaLr- sancli Aphrodisi Hiterrensis, à DD. A. iA, de Nicolay Episcopo ^iierrensi approbaUnn et à D. Stephano Carolo
GlouteaUy ejnsdem Ecclesix Cauonico dispositiim, ^iterris, S. Fuzier, 1786, in-8** de 92 p. L'édition en était remise aux prévôts (le 18 octobre 1786) contre un mandat de 159 livres expédié à l'imprimeur. Quatre exemplaires devenaient la propriété des chanoines et deux exemplaires celle des prébendes.
GODON (Charles-Etienne-Maurice),
bénéficier à la cathédrale d'Agde, prêta le serment, mais le rétracta peu après, sans se mettre en peine des suites qu'aurait cette rétractation. Dénoncé par la municipalité de Vias, comme exerçant le culte, bien que sujet à la déportation (12 vendémiaire an VI, 3 octobre 1797). La gendarmerie le cherchait inutilement dans cette commune (8 brumaire an VI, 29 octobre 1797).
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443. — Ms. de l'abbé de Gohix, p. 119.
GOHIN (O^Carlin-Jacques de),
chanoine camérier et vicaire général d'Agde, né à Angers le 6 juin 1717. Ondoyé le lendemain par le curé de la paroisse Saint-Maurille. Mis en nourrice dans un village et ensuite confié aux soins d'une fille pieuse
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rV. Les Martyrs et Confesseurs de la foi.
qui lui inculqua les premiers principes de la vie chrétienne, et à un précepteur chargé de le dégrossir et de lui apprendre les éléments de la langue latine. On lui avait donné pour compagnon d'études son frère aîné. Les cérémonies du baptême ne lui furent suppléées que plus tard, délai peu conforme aux règles de l'Eglise et dont Tabbé Gohin se plaignit dans la suite. Ses parents étaient pourtant chrétiens et lui avaient même donné un prêtre pour professeur, en attendant de pouvoir le placer dans une maison d'éducation. C'est pendant qu'il étudiait dans cette pension qu'il fut confirmé par l'évêque d'Angers et reçut la première communion des mains du curé qui l'avait baptisé et qui était devenu son confesseur. Le chef d'institution qui était âgé et, pour ce motif se disposait à quitter son travail, engagea son père à le placer au collège d'Angers, régi par les Oratoriens; établissement de plein exercice qui ne comptait piis moins de éoo élèves, et où il fit sa philosophie qu'il redoubla plus tard à Paris. Il reçut la tonsure le 28 juillet 1729 et partit d'Angers pour entrer au séminaire de St-Sulpice, à Paris, à la fin septembre 1733. Il allait prendre ses leçons de philosophie au collège de Lizieux. Après deux années de scholastique, il prit le grade de maitre ès-arts, à Paris, 3 septembre 1735. U avait pris goût pour la vie régulière qu'on menait dans ces maisons et, au lieu d'aller passer ses vacances dans sa famille, il resta avec ses condisciples et demanda son admission au grand séminaire pour y suivre le cours de théologie de la Sorbonne (1736-1738).
Après la première année, il fut appelé à recevoir les quatre ordres mineurs, pour lesquels l'évêque d'Angers, de Vaugirauld, lui envoya les lettres dimissoires. Il reçut les ordres mineurs de la main de M. Le Blanc, évêque de Joppé, délégué par M. de Vintimille, archevêque de Paris. Il courait alors sa dix-neuvième année. C'est de ce même évêque, et sous le même archevêque qu'il reçut dans la suite le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise, à Paris, et toujours sous les dimissoires du même évêque d'Angers, de Vaugirauld. Ayant fini ses 5 années d'études, il en
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
prit Tattestation en forme, le 8 octobre 1738, afin de profiter de ses grades si l'occasion s'en présentait.
Dans son autobiographie, M. de Gohin avoue qu'il eût dans la suite — et mal à propos — jusqu'à sept bénéfices, dont cinq étaient d'assez modestes chapelles, et les deux autres étaient l'abbaye de Saint- Polycarpe et le canonicat de la camérerie d'Agde, qu'il n'aurait pas dû garder simultanément, vu la suffisance du produit de son abbaye et qu'alors il avait en biens patrimoniaux, hérités de son père et de sa mère, de quoi se soutenir surabondamment dans son état. La Nation mit bon ordre à ce tort, s'emparant de tous les biens d'église que possédait l'abbé de Gohin et même vendant une partie de ses autres biens fonds personnels.
L'abbé de Gohin avait passé 5 ans à Saint-Sulpice, sans aller voir sa famille, et comme il devait attendre encore 3 autres années l'ouverture d'une nouvelle licence, qui durait deux ans, il profita de cet intervalle pour aller visiter ses parents. Après quelques mois passés auprès d'eux, il revint à Saint-Sulpice, porteur de,sa lettre dimissoire pour le diaconat. Il fit le trajet à cheval, en compagnie d'un messager et de quelques autres voyageurs. Diacre, 17 décembre 1740; prêtre, 23 décembre 1741. Chanta la grand'messe le jour de Noël au séminaire.
A cette époque, M. de Charleval, évêque d'Agde, qui venait de se séparer du seul grand-vicaire qu'il avait, écrivit à l'abbé Couturier, supérieur général des Sulpiciens, pour le prier de lui en envoyer un autre de sa main. Celui-ci lui répondit qu'il ne pouvait dans ce moment le satisfaire, mais qu'il avait en vue quelqu'un de la licence courante qui pourrait lui convenir, s'il en attendait la fin. L'abbé de Gohin ignorait complètement ce qui se passait. Vers la fin de sa licence, l'abbé Couturier le fit appeler dans sa chambre, où il se rendit. Le jeune prêtre fut beaucoup surpris quand on lui proposa d'aller travailler sous les ordres d'un évêque si distingué, dont il devenait le grand-vicaire. On lui oflrait le logement, la table et un serviteur de l'évêché. Tout étonné qu'il était