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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

Le curé, enfermé d'abord à la prison de Tofficialité d'Agde, fut ensuite transféré sur sa demande dans une salle de Tévêché.Les deux juges n'a,yant pu se mettre d'accord sur un incident, l'affaire devait être vidée par le parlement. Afin d'éviter les retards, Tabbé de Gohin prit le parti de se démettre de ses fonctions d'official (i*"" octobre 1753) entre les mains de son évêque. Mgr de Charleval pensa comme l'abbé de Gohin, que Taccusé se soumettrait plus facilement à un curé, son collègue, qu'à un grand-vicaire, et nomma pour nouvel officiai le curé de Florensac. Là sentence déclara le curé de Cette « incapable désormais de tout bénéfice ». Celui-ci en appela au Parlement et l'affaire traîna jusqu'en 1759. Pendan^ cet intervalle M. de Charleval mourut. Le parlement condamna le criminel à faire amende honorable, la corde au cou, à la porte de son église paroissiale de Cette et à être banni pour toujours du royaume. L'arrêt fut solennellement exécuté à Cette le 13 août 1759.

La mort de M. de Charleval, enlevé subitement par une attaque d'apoplexie foudroyante (22 janvier 1759) rendait fort précaire la position de l'abbé de Gohin, par la raison que n'étant pas chanoine, i' n'était pas probable qu'on le nommât vicaire général capitulaire sede vflrrt;//('. Néanmoins, sur la proposition de l'abbé Fajon, chanoine sacristain et ami du camérier, celui-ci fut adjoint au vicaire nommé par le scrutin (26 janvier 1759).

Choisi pour son grand-vicaire par M. de Saint-Simon, nouvel évêque d'Agde, l'abbé de Gohin fit peu de bruit durant les trente ans qui s'écoulèrent jusqu'à la Révolution et, franchement, il n'y avait pas de quoi; le diocèse d'Agde ne comptant que vingt-et-une paroisses. Vint enfin le moment d'agir, à l'occasion du serment constitutionnel. Le vicaire général, tout comme son cvêquc, le refusa, et tous deux attendirent pour quitter la ville épiscopale d'y être forcés par les événements. Leur présence s'y prolongea plus longtemps que dans beaucoup d'autres localités. Déjà les clubistes s'étaient emparés du palais épiscopal et avaient effectué la vente dob biens de la mense épiscopale. Sans avoir eu le loisir de ter-

IJ Ancien Clergé du Diocèse dt Montpellier.

miner ses préparatifs, Mgr de Saint-Simon monte dans sa voiture, après avoir à la hâte donné ses dernières instructions à son grand-vicaire.

L'abbé de Gohin, devenu chef effectif du diocèse, demeurait à Agdc et demeurait en liberté, au grand déplaisir de quelques patriotes. Ils le dénoncent comme étant tenu de par la loi de se rendre à la Maison de Réclusion, à Montpellier. Ils faisaient Téloge de sa conduite paisible et même de sa bienfaisance qui avait engagé jusque là la municipalité à le laisser à Agde ; mais ils demandaient si ce motif était suffisant pour le dispenser de la loi relative à la réclusion. La lettre fut renvoyée du Département avec cette simple note écrite au bas de la page : a %Aucune autorité subalterne ne peut déroger à la loi générale » .

Les deux clubistes dénonciateurs s'empressèrent de notifier la réponse à M. de Gohin et lui enjoignirent de partir, ne lui laissant que vingtquatre heures pour prendre ses dispositions. Celui-ci répondit qu'il ^obéirait ; mais pendant qu'il se préparait à s'éloigner, une pensée l'arrêta : trésorier jusqu'à ce moment de l'Œuvre de la Charité, ses comptes n'étaient pas encore approuvés. Il écrivit à l'Administration municipale, demandant le règlement de ses livres et de sa caisse, la nomination d'un successeur. On lui donna quelques jours de répit et on désigna pour le remplacer un protestant, le seul qui existât dans la commune. Il fut reconnu, que l'abbé de Gohin s'était trompé à son préjudice.

Avant son départ, on fit auprès de lui une nouvelle tentative pour lui arracher le serment, ce qu'il refusa de toute l'énergie de son indignation. On prit, pour s'assurer de sa personne, des mesures bien superflues; on le mit sous la conduite d'un gendarme et d'un voiturier qu'il fut obligé de payer. Le petit convoi dut s'arrêter à Mèze pour le repas. Après le dîner, pris en commun avec le gendarme et le futur reclus, dîner pavé par ce dernier et auquel le représentant de la force publique fit honneur, celui-ci reprit la route d'Agde, le voiturier chargé du transport du mobi- Her s'avança sur le chemin de Montpellier et l'abbé de Gohin se trouva seul dans sa voiture, conduite par un valet. En arrivant à Montpellier,

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