‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 20 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

Le chef de l'église schismatique dans le département fait ensuite un chaleureux appel à la concorde religieuse et, s'adressant aux vénérables confesseurs de la Foi qui eurent tant à souffrir depuis leur refus du serment constitutionnel, il leur dit : « O vous que la différence d'opinions tient depuis dix ans éloignés de nous; jusqu'à quand vous refuserezvous à nos embrassements ? » Vient ensuite le dispositif qui ordonne un Te Deum et un service funèbre.

Un exemplaire de cet imprimé fut adressé par son auteur, avec une lettre d'envoi à l'abbé Tindel, considéré comme un des plus marquants parmi « les nouveaux soumis », En voici la teneur : « Monsieur, je suis persuadé que vous et vos confrères êtes aussi affligés que moi de la division qui, depuis 91, désole l'Eglise de France. Il n'est pas ce me semble, d'époque plus favorable pour y mettre un terme que celle où les vœux de tous les Français se réunissent pour remercier Dieu de la paix qu'il nous a donnée ; aussi m'empressé-je de la saisir, pour vous inviter d'assister au TeDeuni en actions de grâces, qui sera chanté après-demain dimanche, à l'issue de vêpres, dans l'église Sainte-Magdelaine.

« Je me suis déterminé à faire cette démarche, parce que si j'étais à votre place, je serais charmé qu'on la fit à mon égard, et que, si j'y manquais, je craindrais de mériter vos reproches. Puissiez-vous l'accueillir dans le même esprit qui l'a dictée. Je vous prie. Monsieur, d'agréer l'assurance de mes sentiments les plus respectueux.

f A. V. RouANET, Évéque,

10 avril 1 801, an IX républicain

« P. S. — Je joins à cette lettre un exemplaire du Mandement que vous voudrez bien communiquer à vos respectables Confrères »

Décacheté, le paquet, après avoir été vérifié par son destinataire, est de nouveau replié et renvoyé à l'expéditeur, avec cette adresse : «Au citoyen Rouanet. » La commissionnaire accompagne même cette remise de propos un peu rudes. Un pareil insuccès découragea l'auteur du Man-

dément ; malgré le noble désir manifesté par lui de vaincre le mal par le bien, il n'osa pas revenir à. la charge : l'occasion s'en présentait belle cependant.

En effet, au commencement du mois de mars 1801, quelques évêques constitutionnels, réunis à Paris, prirent l'initiative d'un prétendu concile national, qui devait s'ouvrir en l'église Notre-Dame de Paris, le 29 juin de la même année et auquel ils convoquèrent ce qu'ils appelaient « le clergé incommuniquant » Celui-ci, — qu'est-il besoin de le dire ? — ne se rendit pas et l'assemblée compta 42 évêques jureurs. Cette convocation occasionna dans les départements la tenue de conciles provinciaux et de synodes diocésains .

L'évêque de l'Hérault annonça le synode du diocèse pour le mardi de la quatrième semaine après Pâques et fit tenir aux prêtres de sa communion le programme des conférences préparatoires. Par ses soins furent invités aux réunions qui devaient se tenir dans l'église de la Madeleine, i\ Béziers, les membres du conseil épiscopal, les archiprêtres, les curés et les autres prêtres auxquels les circonstances permettraient d'y assister. L'évêque donna même une Ordonnance à cet effet et prescrivit des prières publiques ; sans oublier toutefois de solliciter la pieuse générosité des fidèles, pour subvenir aux dépenses à faire par les députés. Une note fait observer que, après ce qui s'était passé lors de l'invitation au Te Deum pour le rétablissement de la paix, aucune autre démarche n'avait été ordonnée auprès « des dissidents » pour les appeler à l'assemblée synodale.

Le 5 mai 1801, l'évêque en fit l'ouverture par une messe solennelle, à laquelle assistèrent en surplis et en étole 34 prêtres seulement, bien que le clergé constitutionnel en comptât alors 164, d'après les documents officiels. Après l'évangile, Joseph-Marie Sabatier- prononça un discours sur (( Les motifs qui doivent nous attacher à la %eligion et les moyens de faire naître et croître dans les cœurs un tendre et généreux amour pour elle. » Cette prédication fut suivie de la récitation des prières prescrites

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