I. Les Constitutionnels
parle Pontifical Romain et d'une allocution de Tévêque sur ce texte : « Que les hommes ne voient en nous que les ministres de Jésus-Christ et les dispensateurs des Myrtéres de THeu. » On fit ensuite la lecture de la profession de foi, insérée dans le Pontifical. L'évêque et ses prêtres s'approchèrent successivement d'une table où était déposé au pied d'une croix le livre des Evangiles et, tous, la main droite étendue sur le livre divin, protestèrent qu'ils professaient la foi catholique, s'engageant par serment à la professer, à la conserver'ct à l'enseigner, à la défendre contre tous ses ennemis jusqu'à leur dernier soupir. Le lecteur sait qu'il n'était ici question que d'un catholicisme sans Pape.
A la séance du 5 mai, on désigna les membres du bureau : Salvetat ^François), promoteur ; Delpech (Antoine-Bernard), vice-promoteur : Cathala ÇJean-Pierre), et Sabatier (Joseph-Marie), secrétaires. Dans une séance du jour suivant, on élut le vice-promoteur, Delpech, comme député au concile provincial et le promoteur Salvetat, comme député suppléant.
La 5*= séance (du matin 7 mai) fut en grande partie occupée par un discours de Brignet (Joseph-Marie), vicaire épiscopal, dans lequel l'orateur s'appliqua à taire sentir <( Combien sont épaisses les ténèbres de l'esprit dans lesquelles le péché du premier homme a plongé toute sa postérité et combien est affreuse la corruption du cœur humain livré à ses propres penchans ». Le chant du Te Deum ; une nouvelle exhortation de l'évêque à ses coopérateurs, pour les engager à travailler avec zèle à leur propre sanctification et à celle des fidèles confiés à leurs soins ; les acclamations, comme dans les grandes assemblées catholiques ; enfin le baiser de paix, terminèrent le synode. Le procès-verbal en fut signé par l'évêque, par sept vicaires épiscopaux, par quatre archiprêtres et vingt-trois curés, procurés ou desservants.
Les actes du Synode sont divisés en six sections : La foi, les sacrements, la discipline, la liturgie, l'enseignement et les libertés de l'église gallicane. Vient ensuite une longue « Lettre synodique », signée de
Rouanetseul. Il condamne le déisme, présenté sous le beau nom de Théophilanthropie, et l'indifFérentisme qui met toutes les religions au même niveau. Il recommande la soumission envers ceux qui nous gouvernent. Les prêtres suivront pour la forme et la couleur de leurs vêtements l'esprit des anciens canons, sans néanmoins enfreindre la loi qui prohibe le costume ecclésiastique au dehors . Jusqu'à la paix de l'Eglise, nous nous opposons à toute innovation et spécialement à l'introduction à la langue vulgaire dans la célébration des offices de l'Eglise et dans l'administration des sacrements. Les Quatre articles de la Déclaration du Clergé de FranUy du ly mai 1682, seront lus en chaire, au moins une fois chaque année et affichés, (imprimés en gros caractères) dans toutes les églises, au lieu le plus apparent.
Peu de temps après la tenue de ce prétendu Synode, le Concordat passé entre le gouvernement français et le Saint-Siège était ratifié (15 août 1801). Rouanet se démettait (septembre 1802) et continuait à résider à Béziers .
Mgr RoUet était nommé évêque concordataire à Montpellier (10 novembre 1802). Le vieux constitutionnel lui écrivit une lettre de bienvenue, à laquelle celui-ci répondit un peu sèchement. Rouanet, blessé au cœur, riposta par un pli conçu en termes désagréables. Ce fut la fin des relations entre l'ex-intrus et Tévêque légitime.
Rouanet touchait une pension de 3,333 fr. 33 cent., qui était le tiers du traitement qu'il recevait comme évêque en exercice. Il la consacrait presque en entier à l'achat de livres que lui expédiait de Paris son ami Carayon-Latour et au moyen desquels il forma une assez belle bibliothèque.
Dans la suite, des raisons de famille le déterminèrent à se transporter à Saint-Pons et à y fixer sa résidence habituelle. Il avait passé dans cette ville la moitié de sa vie, comme il l'écrivait lui-même au Sous- Préfet de Saint-Pons (29 thermidor an XII, 17 août 1804). « ... J'ai cru devoir vous en prévenir, ajoutait-il, et vous assurer que l'esprit de paix
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