IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
monastère. Dès ce moment, Dom Joriot n'y mit plus les pieds, pour ne' pas communiquer avec l'usurpateur. Après avoir passé quelque temps dans la commune de Villeveyrac, chez un chrétien dévoué qui lui avait disposé une petite chapelle domestique, il se rendit à Saint-Thibéry, où un habitant lui offrit l'hospitalité.
Il y demeura jusqu'au moment où les lois de la Convention Tobligèrent à se rendre à Montpellier pour y subir la réclusion, dans le monastère des religieuses de la Visitation, puis au collège des Jésuites, où des personnes pieuses lui faisaient passer de temps à autre quelques secours.
Vers les fêtes de Pâques 1795, les portes de sa prison lui ayant été ouvertes, il ne voulut pas quitter Montpellier et accepta la généreuse hospitalité qui lui fut offerte par un habitant de cette ville, chez lequel il disait la messe tous les jours. Le 6 avril 1796 il tomba malade, ce qui ne l'empêcha pas de continuer à offrir le saint-sacrifice. Deux jours après, cependant, il s'aperçut de la gravité de son état et voulut se préparer à la mort. Il fit à un religieux la confession générale de. toute sa vie et souffrit son mal avec la plus admirable patience. Dans la nuit du 10 au 1 1 mai, un prêtre, logé dans la même maison que lui, le réconcilia, dit la sainte messe et le communia en viatique. A 10 heures du matin il reçut l'extrême-onction et à 2 heures de l'après-midi l'indulgence plénière.Au lieu d'avoir besoin d'être fortifié, comme le commun des moribonds, il consolait lui-même les personnes qui l'approchaient, et mourut les yeux attachés à la croix, à 5 heures du soir, le 1 1 mai, en prononçant ces paroles : In manus ttiaSy Domine, commendo spiritum nieum. Il fut inhumé dans Téglisc Sainte-Anne. Il avait 75 ans, dont 54 de profession.
Cf. Ms. de COHIN, p. I 5 1 ; - F. Saurel, Hist. rdigieusc du Dèp. de VHérauUy III. 65 .