IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
ce rolle contraire aux anciennes lois et non approuvé par le Concordat^). Le lendemain, dans une autre lettre au même, le sous-préfet parlant encore de Luchaire, ajoute : u Je n'ai fliit que vous demander la mesure que vous m'avez déjà fait employer contre Tex-archidiacre Azémar, dont ledit Lucliaire suit les traces y> (3 messidor an X, 22 juin 1802).
Cf. Arch. tic l'Hcrault, F. Police du Culte; — F, Saurkl, Hiit. relig, du dfp. :ic VHrrault, IV, 70.
LUCHAIRE (M<jtu's),
prêtre, chanoine de Lodève. Déporté en Italie, résidait à Turin. 11 demanda au ministre de la Police générale de rentrer en France, autorisation qui lui fut accordée (S vendémiaire an IX, 30 septembre 1800)
Cf. Arch. de l'Hérault, T. Police du Culte.
LUNARET {Jean-François-Xavier de),
naquit à Béziers, le 5 avril 1755. Il était fils du viguier et juge de la temporalité de Tévêque de cette ville, dont le frère était devenu curé de Marseillan, à la suite d'un autre Lunaret, son oncle. Le grand-oncle et l'oncle avaient, à eux deux, administré la paroisse de Marseillan durant la presque totalité du xvni'"'' siècle. C'est chez ce dernier que le futur vicaire général de Mgr Fournier fit ses premières études. Il les cotitinua au collège de sa ville natale et les termina à Toulouse. Ses progrès furent tellement rapides que, à l'âge de 23 ans, on le jugea capable de suppléer son prolesscur dans le séminaire de la Mission. Il obtint le grade de docteur en théologie et sa modestie seule l'empêcha de disputer une chaire de théologie qui se trouvait vacante en ce moment, et à laquelle l'appelaient les vœux et les vives instances de ses amis.
A son retour à Béziers, il fut nommé vicaire à la Madeleine par aVI. de Nicolay, alors évêquc de ce diocèse. Il réalisa toutes les espérances et fit tout le bien qu'on avait droit d'attendre de son zèle et de ses
IJ Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier. ♦
talents ; mais ses goûts et ses aptitudes le ramenèrent à renseignement, et M. de Nicolay, qui venait de créer, au collège de Béziers, une chaire de théologie, s'empressa d'y nommer M. de Lunaret. Presque tous les ecclésiastiques de l'ancien diocèse de Béziers furent formés par ses soins, et la reconnaissance dont ils étaient pénétrés pour lui honorait à la fois et le maître et les élèves.
Le jeune professeur obtint une demi-prébende à la cathédrale Saint- Nazaire. Il partageait sa vie entre la prière et l'étude, lorsque éclata la Révolution. Il refusa le serment constitutionnel et sa pension, comme bénéficier, fut arrêtée à 959 livres, 9 sous, 9 deniers. Obligé bientôt à quitter le sol de la France, il se dirigea sur Nice, avec plusieurs autres ecclésiastiques; mais bientôt forcé à quitter cet asile, il se rendit à Rome, où les soins généreux de Pie VI l'accueillirent et le placèrent dans un couvent de Récollets, à Aquapendente. Il rentra en France après la mort de Robespierre; mais obligé à s'expatrier de nouveau après le 18 fructidor, il se réfugia en Espagne, muni d'un passe-port qu'il avait pris à Béziers (9 vendémiaire an VI, 30 septembre 1797). Il professa les mathémathiques à Barcelone, consacrant une partie du produit de son travail au soulagement de ceux de ses compagnons d'infortune qui se trouvaient dans le besoin, recevant même chez lui, tous les matins, quelques déportés, prêtres ou laïques, il leur donnait gratuitement des leçons d'arithmétique et de géométrie, et leur fournissait par là 'le moyen de pourvoir à leur subsistance.
Son second retour en France n'eut lieu qu'en 1800. Le 9 août 1801, il se présenta au sous-préfet de Béziers pour foire la promesse de fidélité. Mgr RoUet l'honora de sa confiance et le nomma son vicegérant pour l'ancien diocèse de Béziers. L'abbé de Lunaret eut la consolation de ramener à Tunité catholique un grand nombre d'ecclésiastiques qui l'avaient abandonnée sous la Terreur. Mgr Fournier, successeur de Mgr Rollet,tout en conservant à l'abbé de Lunaret le titre et les fonctions de vice-gérant pour l'ancien diocèse de Béziers, le nomma chanoine