IV. Les Martyrs et Confesseurs de la h<n
honoraire de sa cathédrale .1807) et aumônier de Thôpital de Béziers ^ (30 octobre 1809).
Nul acte de quelque importance ne s'accomplissait à Béziers et d?.ns ses environs sans que Tabbé eût été consulté. On lui écrivait fréquemment de TEvêché, soit directement de la part de TEvèque, soit de la part du conseil épiscopal, en l'absence de celui-ci, pour savoir de lui Topportunité ou les inconvénients que pourraient présenter les mesures à réaliser. Le prélat avait une telle confiance dans la sagesse et dans les lumières de son représentant, qu'il le choisit pour succéder à l'abbé Boyer d'Anti et remplir les fonctions de vicaire général (28 octobre 18 18). Durant plus de seize ans, l'ablîé de Lunaret prodigua son dévouement à Tillustre évêque de Montpellier et le seconda puissamment dans ladministration de son vaste diocèse. A la niort de ce prélat (29 décembre 1834), l'ancien vice-gérant de Béziers reçut le titre de vicaire général capitulaire (3 janvier 1835).
Mgr Thibault, le nouvel évêque, se fit un devoir de le conserver et de profiter de ses lumières et de sa longue expérience, malgré les vives instances du pieux et modeste grand-vicaire, qui voulait se retirer (16 septembre 1835), pour n'avoir plus à s'occuper que de la prière et du salut de son âme. Il mourut le 21 juillet 1837, à la suite d'une double attaque de paralysie et dans les plus grands sentiments de piété. Ses obsèques furent honorées de la présence de Mgr Thibault, qui donna l'absoute, et de la prés'înce d'un grand nombre d'ecclésiastiques, qui regrettaient en lui un bienfaiteur, un modèle, un ami, un père. M. l'abbé Coustou, son digne collègue, voulut, malgré ses infirmités, célébrer le service funèbre. Dans les dernières années de sa vie, M. de Lunaret avait reçu la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. La douceur de son caractère, le charme de sa société, une conversa^tion gracieuse et variée lui conciliaient tous les cœurs. Mgr Fournier lui accordait toute sa confiance et, à sa mort, l'institua son héritier et légataire universel.
Cf. Xotcs inédites, dues à Tobligeance dé M . k chanoine Faure, missionnaire
apostolique, curé d'Alignan-du-Vent ;' •- Arch. de Vhiérault'] Prêtres réfraciaires, ans IX et X; — Hist. relig. du Dép, de V Hérault, IV, 97 ; — Delbrel, Le Clergé français réfugié en Espagne-, — Journal LV^wt de la Heligioriy n" du sainedi 29 juillet 1837 ; — Archives de l'Evêché, Tableau du Clergé du Diocèse.
LUSSIGNOL (fean-foseph),
de Tordre des Pères Augustins, non assermenté, 800 livres. Déporté d'Agde à Nice, 9 août 1792.
LUSSIGNOL (JacqueS'KAphrodise^y
prêtre de Béziers, curé de Douts (Douch).
Déporté d'Agde à Nice (7 septembre. 1792), à Tâge de 51 ans. Ses paroissiens lui écrivirent la lettre suivante qui fut interceptée par la police :
(c Notre vray, notre légitime et très cher Pasteur, Nous soupirons après vous depuis long tems et nous vous attendons avec la plus vive impatience. Nous vous avons écrit il y a plus de quatre mois, pour vous témoigner nos sentimens et notre empressement de vous revoir. Nous vous avons marqué que, grâces à Dieu, nous étions délivrés depuis long tems de la présence funeste de Tintrus et nous comptions chaque jour de vous voir arriver, avec tant d'autres que le bon Dieu, dans sa clémence, ramène pour la consolation et le bonheur de leurs paroissiens. Voudriés-vous nous punir comme nous le méritons ? tandis qu'il paroit que le bon Dieu est disposé à nous pardonner, puisque il nous procure de tems en tems quelque bon prêtre pour nous dire la messe. Il est vray que cela est trop rare et qu'il nous en coûte mille inquiétudes et mille soins. Venés donc et venés au plus tôt, notre bienaimé Pasteur; venez recueillir les fruits que vous ont mérités vos peines, vos souffrances et votre fidélité à la Foy. Venés nous apprendre à mieux pratiquer la Religion que nous ne l'avons fait jusqu'ici ; venés nous porter la joye, la consolation et la paix.
Vos très respectueux et dévoués paroissiens.
A Douts, le jour de la Pentecôte 1797.» (Suivent les signatures.)