IV. Les Martyrs et Confesseurs de là Foi
Bien que cette lettre eût été saisie, Lussignol imita Texemple de ses collègues et rentra dans sa paroisse et ne se gêna nullement pour administrer publiquement les sacrements. Le commissaire du Directoire exécutif de la commune du Poujol le dénonça (6 frimaire an VI, dimanche 26 novembre 1797). Sous Tépiscopat de Mgr Fournier, il était aumônier de l'hôpital de Béziers.
Cf. Arch. de THérauIt. L. 443 et 448.
MAHET,
naquit à Agde et fit ses études au collège de cette ville.. Il était d'un naturel doux et facile. Il entra chez les Chartreux, refusa le serment et se rendit en Allemagne, où il porta toujours Thabit de son ordre. Il devint le compagnon inséparable du curé-archiprêtre qui l'avait reçu dans sa maison et à sa table et le seconda puissamment dans l'administration de sa paroisse.
Cf. Ms. de l'abbé de Gohin.
MAiLHAC (Louis),
né vers 1738, prêtre de Béziers, refusa le serment. Mis d'abord « sous la protection des lois, comme n'ayant jamais été ni fonctionnaire public, ni pensionnaire de l'Etat », il fut ensuite poursuivi comme réfractaire et sommé d*avoir à quitter le sol français. Il prit à Cazouls-les-Béziers un passe-port pour l'Espagne (17 vendémiaire an VI, 8 octobre 1797).
MAILHAC (JKarie'Joseph'Hyacinthe'KAuguste'Lanrent\
neveu du précédent, était originaire de Poilhes, près Capestang. Il appartenait à une famille bourgeoise très chrétienne, d'une honorabilité parfaite, heureuse de profiter des dons de la fortune pour faite du bien.
La Révolution le rencontra presqu'au lendemain de sa promotion au sacerdoce, exerçant les fonctions de vicaire à la paroisse Saint-Nazaire.
U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier,
Poursuivi pour son retus obstiné de prêter le serment constitutionnel et condamné à la déportation; il s'embarqua à Agde pour Nice, le 12 août 1792, sur le brigantin du capitaine Etienne-Maxime Reboul. La Côte-d'Azur n'eût pas pour lui beaucoup de charmes. Pris de nostalgie et surtout du pieux désir de remplir les fonctions de son ministère, on le vit bientôt reprendre le chemin de la France.
L'Administration municipale de Béziers, nouvellement installée, sachant que «cet illuminé » se rendait nuitamment dans la commune et « dans les maisons des personnes faibles, pour les catéchiser et les fanatisera, chargea deux commissaires de police de le surveiller et de Tarrêter. Ceux-ci le rencontrèrent à 10 heures du soir, 27 avril 1796, veille de la fête de saint Aphrodise, et tenant à la main un paquet renfermant une soutane. Il se rendait dans quelque maison « pour y entretenir sans doute les fanatiques dans la pratique et la célébration de cette fête. » Mailhac reconnu et arrêté lut aussitôt conduit chez le juge de paix qui lui fit subir un interrogatoire et ordonna son incarcération dans la Maison d'Arrêt, en attendant son transfert à Montpellier. Sans perdre une minute, on écrivait à l'Administration départementale pour l'informée que le réfractaire pourrait bien être enlevé pendant le trajet. Ces craintes étaient fondées ; si bien que, le lendemain, à 9 heures du soir, une foule de gens armés de bâtons, de sabres et de pistolets, forcèrent la garde de la Maison d'Arrêt. Au bruit qu'avaient fait ses libérateurs. h la porte de la prison, l'abbé Mailhac avait cru que le bourreau s'approchait et que sa dernière heure allait sonner. Aussi le trouva-t-on à genoux, adressant au Ciel une prière suprême et se préparant à la mort. Sa vaillante mère se tenait à ses côtés, lui faisant ses derniers adieux et l'exhortant au martyre. En voyant entrer ses sauveurs, il fut d'abord tout surpris ; mais, revenu à lui-même, il refusa de sortir de la prison, de peur de les compromettre. Ceux-ci Tenlevèreiit de force, l'enfermèrent dans une caisse disposée h cet effet et, emporté sur une charrette, le libéré malgré lui put arriver jusqu'en Espagne, d'où il se rendait à Rome.