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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

étaient appelés régénérateurs et "les autres coopérakurs. Le curé Manen fut élu le 3* des 15 régénérateurs du Sixain Sainte-Foy.

Comme tant d^autres prêtres (^ui sacrifiant leurs intérêts à leur devoir, il refusa de prêter le serment à la C. C. du C. et perdit par cet acte le droit de rester dans sa paroisse bienaimée. Un arrêté du Corps municipal, en date du 27 janvier 1791, portant que les ecclésiastiques fonctionnaires publics continueraient leur service jusqu'à leur remplacement effectif, lui fut signifié le 28. Le lendemain, le curé et ses deux vicaires, les abbés Méjean et Coustou, accusèrent simplement réception de Tarrêté. En attendant, Manen s'occupa de la prédication du carême, et comme il était défendu de par la Municipalité de prendre les prédicateurs en dehors des prêtres assermentés, il renonça à la collaboration de l'abbé Olivier, aumônier de l'hôpital, et chargea son neveu, l'abbé Coustou, qui était en même temps son vicaire, des sermons à donner pendant la sainte quarantaine. Le 8 mai 179 1, le dimanche après Pâques, connu sous le nom de T^on-Vasfeur, l'abbé Bary, curé intrus, fut installé avec tout l'appareil de la force armée ; Manen et ses vicaires étant sortis la veille du presbytère et de l'église.

Désireux de ne point trop s'éloigner de ses chers paroissiens, l'abbé Manen, suivi de l'abbé Coustou, s'établit provisoirement dans une maison voisine du jardin des plantes, puis il se vit forcé d'aller se cacher à la Gaillarde, ensuite au château de Vaiflaunès, et enfin dans une chaumière au milieu des bois.

Revenus au faubourg Saint-Jaume, ils y furent découverts et cherchèrent un asile entre le plafond et la charpente de la maison (18 juin 179 1). A la suite des dangers qu'ils venaient de courir, l'oncle et le neveu se décidèrent à passer en Espagne. En moins de dix-huit mois, contraints de changer dix fois de résidence, Manen et Coustou 1 entrèrent enfin en octobre 1793 à Olot ; mais ils se virent bientôt forcés de regagner le pays qu'ils venaient de quitter. En 1797, les nouvelles annonçant plus de calme, ils songèrent à aller rejoindre leur troupeau.

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

Le i8 fructidor renouvela les mesures de proscription. Munis de passeports pris à Montpellier le 7 vendémiaire an VI (28 septembre 1797), Manen et Coustou repartirent pour l'Espagne et ne rentrèrent à Montpellier que vers la fin de novembre 1800. Rendus sur le territoire de leur paroisse, ils firent la promesse de fidélité à la Constitution de Tan Vlïl (20 décembre 1800); ils s'occupèrent de racheter l'église, la sacristie et le presbytère. Le samedi de la Passion, l'église était réconciliée et le lendemain, dimanche des Rameaux, les offices y étaient célébrés en grande pompe.

Peu de temps après, Tabbé Manen eut la douleur de se voir enlever son neveu, l'abbé Coustou, et la joie d'apprendre que le nouvel évêque catholique, Mgr Rollet, l'avait choisi pour un de ses vicaires généraux et l'avait en même temps chargé de la réorganisation du diocèse.

Le curé de Saint-Denis touchait une pension de 333,3^.

Usé par ses longs travaux et ses grandes souflfrances, plus encore que par Tâge, l'abbé Manen tomba malade et reçut les derniers sacrements de la main d'un de ses vicaires, l'abbé Taffanel, en présence d'un grand nombre de ses paroissiens en pleurs. Purifié par une longue maladie,patiemment supportée, il rendit le dernier soupir le 26 juin 18 17, après avoir prononcé d'une voix ferme la profession de foi catholique qui avait été la règle de toute sa vie. 'Il avait atteint ses 80 ans et était demeuré curé de St-Denis pendant près de 52 ans. Il était chanoine honoraire et promoteur diocésain. Son portrait est conservé dans la sacristie de son ancienne paroisse et son souvenir demeure encore vivant. In memoria xlcnia erit justns.

Cf. Arch. de rHérauli, L. 443 bis et Fonds de l'Evêché, 'Bsg. des 'Bénèjices. — Arch. municip de Montpellier, P. 5. — Ms de Soulier, t. i,p. 215, 311, 312 — FauciLLON, La Paroisse St-Denis. — L. Guiraud, Li Paroisse St-Detiis. — Duval-Jouve, Monlpellier pendant la Révolution ; — L'abbé Coste, Vie de M. Coustou ; — Ordo du Diocèse pour Vannée 1S18.

MARASEL (%och-Thilippe),

ancien Récollet, décédé le ii novembre 1822, âgé de 70 ans.

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