‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 228 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi

de 3on devoir pastoral. Il était chanoine honoraire et jouissait deTestime de Mgr Fournier.

Cf. Renseignements journis par M. Vabbe Faute, cure d' Al ignan-du- Vent ; — Ms de l'abbé de Gohin, p. loi ; — P. Delbrfx, Le Clergé Français réfugie en Espagne, — Arch. de TEvêché, Tableau du Clergé, p. 184.

MARIGNAC (Joseph),

prêtre Gapucin d'Agde, déporté de cette ville. à Palamos, en Espagne, le 14 septembre 1792, à Tâge de 58 ans.

MARION (Antoine),

prêtre de Béziers, déporté le 9 août 1792, âgé de 36 ans. Sous Mgr Fournier, il était aumônier de Thôpital des enfants, à Béziers. Décédé en mai 1834. *

Cf. Arch. de TEvêché, Reg. des T>éch.

MARTEL {Pierre),

né à Montpellier, paroisse Saint-Denis. Son titre clcrical (100 livres) porte là date du 18 janvier 1769. Il était prêtre et instituteur. Il refusa le serment et s'embarqua pour la déportation à Aiguesmortes. Peu après sa rentrée en France, obligé d'en sortir de nouveau, il prit à Montpellier un passe-port pour l'Espagne (5 vendémiaire an VI, 27 septembre 1797). Il avait alors 56 ans.

Cf. Arch. de THérauh, L, 443 bis,

MARTEL (Jean),

né à Bédarieux le 7 niars 1755, résidait avant la Révolution à Margon, dont il était curé-prieur. Il refusa le serment. Sa pension avait été arrêté à 500 livres. .

A la promulgation de la loi qui obligeait les prêtres à prêter le serment constitutionnel, il quitta sa paroisse et passa quinze jours environ à Bédarieux. Lorsque fut publiée la loi concernant la déportation, il se rendit à Saint-Gervais, où il demeura un mois, puis à Bédarieux dans sa

V Ancien Clergé du Diocèse de MontpeJier,

famille. Il se transporta enfin à Agde, où il s'embarqua pour Tltalie. Après être rentré sur le territoire français, il ne le quitta pas, à la loi du i8 fructidor an V, à cause de ses infirmités, et faute de moyens d'existence. Il n'avait en effet d'autres ressources que les secours qui lui venaient de sa famille et de quelques honoraires de messes, qu'il disail dans la chambre lui servant d'asile. Tous les objets qui lui servaient dans la célébration du saint sacrifice lui appartenaient en propre; mais disons-le en passant, n'avaient pas une grande valeur intrinsèque : le calice était d'étain et la patène de fer-blanc. Jean Martel avait pris un passe-port pour l'Espagne, à Bédarieux, le 25 vendémiaire an VI, 16 octobre 1797, uniquement pour dépister la police et n'en avait pas fait usage. S'il se tenait cachî, ce n'était pas sans raison. Il se savait voué à la mort, et son nom figurait dans une chanson dont le refrain était la guillotine.^

Le 14 fructidor an VII, 31 août 1799, le commandant de la gendarmerie de THérault et son lieutenant Siran se rendirent dans la commune de Saint-Gervais, pour y passer en revue la brigade de ce canton. On leur signala la présence du prêtre Martel, dans la maison de I4 veuve Alquier née Combes. Ils se présentèrent devant l'immeuble, dont ils trouvèrent la poiie fermée. Après avoir heurté plusieurs fois, ils se virent contraints d'enfoncer la croisée d'une fenêtre pour pénétrer dans la maison. La veuve Alquier et deux autres femmes crièrent à F assassin ! mais ne purent empêcher l'envahissement de leur domicile par la gendarmerie, guidée par le juge de paix.

Martel fut arrêté et conduit de brigade en brigade à Montpellier et écroué à la Maison d'Arrêt. Un rapport officiel daté du 25 fructidor an VII (11 septembre 1799) constatait que le prisonnier, objet de vives sympathies, recevait de nombreuses visites. Pour y couper court, on fit partir ce personnage ennuyeux pour la Charente-Inférieure. Le 15 novembre 1799, il était enfermé dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Mal gardé,

i. Voir Vart. VIGUES {Fulcran).

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