IV. Les Martyrs et Confesseurs de la foi
paraît-il, l'oiseau trouva le moyen de s'échapper. Martel n'osa pourtant pas se mettre en route pour revenir dans son pays. Il jugea plus prudent de se tenir caché à Saint-Martin même, chez M. Desjardin, où il disait secrètement la messe. Afin de cacher son nom on l'appelait Daunîères. Après le Concordat, Mgr RoUet, nouvel Evêque de Montpellier, lui confia la paroisse de Murviel-les Béziers, chef-lieu de canton (1803). Pension 2(>6,(>G, Sous Tépiscopat de Mgr Fourmer et à son grand regret, Tabbé Jean Martel quitta sa paroisse de Murviel et le diocèse de Montpellier, pour fixer sa résidence à Paris.
Cf. Arch. de THérault, L. 443 bis\ — Ordo de 1807. — M an seau, Les Prêt y es et Religieux déportés sur tes cotes et dans les fies de la Charente-hifèrieure; — Arch. de ITvôchc Tableau^ etc., p. 232.
MARTIN {Jean-Jacques),
né à Béziers, le 24 novembre 1740, d'une famille de pauvres artisans, reçut une éducation en rapport avec ses aptitudes intellectuelles. On renvoya au collège de Béziers, dirigé alors par les Jésuites. Il s'y fit bientôt remarquer par sa piété. Son application au travail, ses progrès s'élevèrent en raison de ses études. Dès qu'elles furent terminées, le jeune Martin, déjà revêtu de l'habit ecclésiastique, se rendit à la Faculté de Toulouse, pour y suivre les cours de philosophie et de théologie. Là, encore, il ne tarda pas à se distinguer de ses condisciples. Plusieurs fois, il soutint des thèses en public, selon l'usage de l'époque, et en sortit toujours avec honneur. Ces succès au collège et dans les hautes études attirèrent sur lui l'attention de Mgr Bausset de Roquefort et lui concilièrent l'affection de ce prélat, qui lui donna une haute preuve d'estime en le chargeant de la surveillance des jeunes clercs Biterrois à la Faculté de Toulouse.
Ordonné prêtre dans cette ville, en 1764, il était aussitôt nommé vicaire à la Madeleine, de Béziers, malgré son désir d'embrasser la carrière des niissions étrangères. « Restez en France, lui dit son évèque,
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U Ancien . Clergé du Diocèse de Montpellier,
vous ne tarderez .pas à y trouver l'occasion d'exercer utilement le zèle qui vous dévore et de combattre pour la défense dé la Religion ». Trois ans s'étaient à peine écoulés que le même prélat lui confiait la cure de Saint-Aphrodise. Le jeune pasteur se vit bientôt entouré de l'estime et de Taffection de ses paroissiens, à cause de la sûreté de son jugement, de son esprit délié et pratique, de l'amabilité de son caractère et de ses vertus sacerdotales.
Le 1 6 mars 1789, dans l'assemblée générale des trois ordres de la sénéchaussée de Béziers, il fut nommé un des commissaires de l'ordre du clergé. Ce choix était un premier hommage rendu à son mérite, et le 25 du même mois, il était proclamé député aux Etats-Généraux. Bien que jeté par les événements politiques sur un théâtre plus vaste que celui auquel sa modestie eût aspiré, l'abbé Martin s'empressa de déférer au vœu de ses pairs, séduit par la consolante perspective de pouvoir se rendre utile .
A peine en session, l'abbé se lia d'amitié avec l'abbé Maury et se montra, comme l'éloquent orateur de Valréas, défenseur constant et intrépide de la leligion et de la monarchie. Il reçut de la bouche même de l'infortuné Louis XVTdes témoignages de confiance et de satisfaction; aussi, plusieurs fois, sa vie fut-elle en danger. Au sortir d'une séance des plus orageuses, où il s'était énergiquement prononcé contre vie serment à la Constitution civile du clergé, il fut entouré et menacé par la multitude qui se pressait aux portes de la salle ; mais sa contenance ferme et noble, rehaussée par un physique avantageux en imposa, et des femmes du peuple se dévouèrent pour le' sauver.
Revêtu d'un habit de paysan, il ne craignait pas d'aller en plein jour chez les personnes qui réclamaient son ministère. Oq raconte qu'il lui follait, un jour, pour se rendre à un appel de ce genre, passer forcément devant le corps de garde de THôtel-de-Ville, dont les agents avaient mission de le surveiller. Il charge sur ses épaules une trousse de paille et se met en marche. Parvenu devant le poste, il chancelle et tombe ! Les