I. Les Constitutionnels T
curé ne demandait pas. Sur ce, Mgr RoUet refusa de lui délivrer un certificat de communion et même de le reconnaître comme prêtre de son diocèse. En sortant de cet entretien, Abbal courut se plaindre au préfet, puis il écrivit à Portalis, auquel il raconta une foule de faits ayant pour objet d'établir que « la conduite de Tévêque était une véritable persécution contre les prêtres hautement connus pour les amis constants des lois ». Le plaignant cherchait à se justifier et le faisait en termes peu convenables. Il avait, disait-il, consulté le maire de Péret. Celui-ci jugea que sa présence dans cette commune, loin de faire du mal, pouvait l'empêcher et faire le bien. « J'ai tâché, ajoutait-il, de faire l'un et d'empêcher l'autre ; mais s'il est expédient que je m'en aille, je m'en irai. Un mot de votre part me suflBra. ». C'est ainsi que s'exprimait le vieux constitutionnel dans l'écrit qu'il adressait au ministre des cultes, et dont il envoya copie au préfet. Le préfet, après avoir pris ses informations, mandait officiellement à l'évêque : «... Abbal se permet, à Péret, de faire le culte dans sa maison. J'ai donné ordre de l'arrêter s'il ne s'en va pas ».
Peu de jours après, Abbal quittait la paroisse ; mais pour y revenir bientôt. Le sous-préfet de Béziers, qui était alors Fournier, va le faire arrêter et en informe le préfet. Son intention était de le faire conduire provisoirement à Pézenas, pour le tenir à la disposition de qui de droit. Et néanmoins Abbal était toujours à Péret. Dans les registres des délibérations du Conseil épiscopal, nous trouvons la note suivante, à la date du II novembre 1807 : « On écrira à Monsieur le Curé de Péret, pour lui conseiller d'attaquer en justice M. Abbal, prêtre, détenteur des vases sacrés de l'église de Péret. »
Mgr Fournier n'avait-il pas raison de le porter parmi « les constitutionnels persévérant dans le schisme ? Et doit-on être surpris du langage du fameux abbé Grégoire, parlant du diocèse de Montpellier ? « Les crimes, dit-il, les délires accumulés, les persécutions dirigées contre les prêtres assermentés dans les autres diocèses s'y sont accumulés
sur plus de cinquante prêtres édifians et savans, Télitc du clergé de Montpellier. Ce siège a eu le malheur d'être occupé par un soty remplacé par un fou,,. Quand RoUet, forcé de se démettre, eut été remplacé par Fournier, les assermentés avaient conçu ces espérances vagues que permet toujours aux malheureux un changement ; bientôt cruellement détrompés, ils ont vu que leurs maux, loin d'avoir un terme, étaient encore susceptibles d'accroissement. Un sous-préfet de Béziers, qui porte le même nom que l'évêque, en partage la fougue et la communique aux maires de son arrondissement. Bernard Abbal, ancien curé assermenté, étant allé voir le nouveau prélat, celui-ci l'appela deux fois entêté et ignorant, trois fois orgueilleux, quatre fois hérétique. Raisonnerait-on autrement dans les cabanons de Bicêtre, habités jadis par Fournier ? »
Cf. Arch. de l'Hérault, L, 446 ; V. Culte catholique Clergé^ ans X et XI ; U, V documents à classer : — F. Saurel, M.-N. Fournier ; — Abbé Grégoire, Révolte du Clergé dissident contre le Concordat.
^UBAC Claude,
curé constitutionnel de Ganges, Déprêtrisation (4 décembre 1793). - - Sous Mgr Fournier, il était succursaliste de Montferrier et Saint-Clément. Il se retira dans le diocèse d'Avignon.
Cf. Proc. verb. IV, 358.
^UGIER Barthélémy,
prêtre bénéficier au chapitre Saint-Nazaire, signa la lettre de ce chapitre à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790); il prêta néanmoins le serment et devint un des vicaires épiscopaux de Pondérons. Il signa comme tel les actes du prétendu synode de Béziers.
LUTTER Antoine,
né vers 1756, vicaire constitutionel de Saint-Pons, prête à la maison commune, devant le maire et les officiers municipaux, le serment exigé