‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 24 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

de tous les fonctionnaires publics (20 février 1790). Il est élu à la cure de Saint-Pons (31 mars). Reçoit de Tévêque-intrus l'institution soi-disant canonique (27 avril), la présente aux maire et officiers municipaux réunis à la mairie (i" mai 1790). Il est installé par les mêmes dans Téglise paroissiale, avant la célébration de la messe. — Quand la Révolution n'eut plus besoin de curés, Autier reçut une pension de 2.400 1. Il ne paraît pas avoir quitté Saint-Pons dans les plus mauvais jours. Il fit sa soumission (23 prairial an III, 13 juin 1793), et prêta le serment de haine (2 vendém an VI, 23 septembre 1797), à Saint-Pons.

Classé par Mgr Fournier parmi les constitutionnels persévérants à Saint-Chinian.

Cf. Arch. de l'Hérault, L, 446.

HÉDOS Jean-'Baptîste,

né vers 1765, à Pézenas, n*est pas facile à classer. Si nous inscrivons son nom sur le catalogue des constitutionnels, c'est que nous n'avons pas de place convenable à lui assigner, ni parmi les Rétractants, ni parmi les Apostats, ni parmi les Martyrs et Conlesseurs, ni parmi les Purs.

Il se fit recevoir dans un couvent de Saint-François où il fut ordonné prêtre. Bientôt il réclama contre ses vœux, disant qu'il les avait faits sous la pression de sa famille.

Il exerça le ministère dans le diocèse de Béziers en vertu d'une autorisation d'un des grands vicaires de Mgr de Nicolaï ; mais ces pouvoirs lui furent retirés par un autre grand-vicaire, parce qu'il avait suscité une persécution contre un prêtre catholique.

M. de Gohin, vicaire général d'Agde, ignorant ce retrait de pouvoir, et se trouvant embarrassé pour fournir des prêtres à Pézenas, l'approuva pour cette ville ; mais ayant appris qu'il avait été interdit pour Béziers , il l'interdit à son tour pour le diocèse d'Agde, d'autant plus qu'on repprochait à cet ancien capucin de se montrer d'une âpreté sordide pour le gain. On décida qu'il serait envoyé à Bordeaux avec les prêtres qu'on se

disposait à déporter ; mais, au moment de l'embarquement, le représentant du peuple qui présidait à l'opération prononça qu'il devait être rendu à la liberté.

Revenu à Montpellier, Girot-Pouzol lui donna l'autorisation de rentrer dans sa famille, à Pézenas, sous la surveillance de la municipalité (25 germinal, an El, — 15 avril 1795), et comme à cette époque les habitants d'Alignan-du-Vent se trouvaient sans pasteur, ils adressèrent à Bedos une pétition signée de la presque totalité des chefs de famille, par .laquelle ils le priaient de se rendre au milieu d'eux pour être leur ministre du culte. L'ancien capucin fut très flatté de cette démarche et répondit qu'il se rendrait volontiers à la demande des habitants; mais qu'il lui fallait pour cela l'agrément du Représentant ; il écrivit aussitôt à celui-ci pour lui demander l'autorisation dont il avait besoin. Olivier Gérente transmit la pétition au Directoire du Département qui donna son consentement, à la charge que Bédos se conformerait aux lois rendues sur la liberté des cultes. (13 messidor, an III, — mercredi i" juillet 1795). Bédos alla donc en toute liberté à Alignan : mais quatre mois ne s'étaient pas encore écoulés qu'il tut soupçonné de n'avoir pas prêté le serment de soumission exigé de tout ministre de culte. Informé par la rumeur publique de l'intention où était l'agent municipal de le mettre en état d'arrestation, pendant qu'on le cherchait il se rendait secrètement à Montpellier, où il fit la déclaration alors exigée : « Je reconnais l'universalité des citoyens français pour souverain et promets obéissance aux lois de la République. »

Cf. Arch. Hérault, L, 437 et 440; — Ms. de l'abbé de Gohin.

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