IV. Les Martyrs el Confesseurs de la toi
curé Martin; — M\ffre de Fontjoie, Béliers, il y a cent ans, p. j/ ; — A. Coste, Saint ^Aphroâise^ pp. 150-162; — F. Saurel, Hisl, relia, du dép, de V Hérault, III, 75 .
Nota, — Il y avait à Béziers, avant la Révolution, trois prêtres du nom de Martin, sur ridentité desquels l'Administration centrale n'était nullement fixée. Elle demanda des explications à l'Administration municipale de la commune de Béziers. Celle-ci se trouva dans l'impossibilité de donner des renseignements précis. Elle établit seulement qu'il y avait trois Martin au chapitre de la collégiale Saint- Aphrodise. 1° Le cwré Jean-Jacques (dont nous venons.de parler); 2° un bénéficier, frère du curé; 3° un cha- ' noi ne-sacristain. La lettre de la Municipalité biterroise ajoutait qu'on ignorait leurs prénoms et que tous, dans le temps, avaient subi la déportation. {Lettre du ij ventôse an Fil, j mars 1799)- Le second de ces trois Martin, frère du curé, nous paraît être Etienne, signataire de la lettre du chapitre de Béziers, à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790. Le troisième était, à ne pouvoir en douter, Jean-Pierre, chanoine-sacristain de Saint-Aphrodise depuis 1773, qui refusa le serment tout comme les deux autres, et dont la pension avait été réglée à la somme de 845 livres.
MAR TIN Y (Jean- Baptiste),
né à Castellane, dans le diocèse de Senez, curé à Poussan, fut dénoncé à l'accusateur public près le Tribunal du district de Montpellier par le Directoire du département (21 mars 1791', comme ayant refusé le serment et prêchant la désobéissance et la révolte. Il fut enfermé à la Maison de Réclusion et s'y trouvait encore le 23 vendémiaire an VI. (14 octobre 1797). H avait à cette époque 60 ans. Il fit la promesse de fidélité à la Constitution de l'an VIII (25 décembre 1800}, comme le firent tant deprêtres vertueux, parmi lesquels nous citerons MM. Manen, Coustou, Berlen, Brun, Calage.
MARTINY (Jacques- Fictor),
neveu du précédent, né comme lui à Castellane, était fils de Pierre-
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
Jean Martiny et de Rose Romain. Tonsuré le i8 décembre 1773, il re^ut son titre clérical (100 livres) de son oncle (21 juillet 1777), étant au séminaire de Montpellier. Prêtre (mars 1778), vicaire à Saint-Denis, de la même ville (1779), vicaire de son oncle, à Poussan (1783), curé des bains de Balaruc (octobre 1785), où il fut installé par le curé de Poussan, son oncle.
A la Révolution, il prit à Montpellier un passeport pour TEspagne (5 vendémiaire an VI, 26 septembre 1797); il avait ^ilors 44 ans. A la réorganisation du diocèse, le chapitre cathedra! le choisit pour son secrétaire. Il fut même désigné pour remplir les fonctions de secrétaire capitulaire, le siège épiscopal étant devenu vacant par la démission de Mgr Rollet. L'abbé Martiny* refusa cet emploi, qui fut confié à l'abbé Delarroc, ci-devant- secrétaire de l'évêché (17. septembre 1806). Il était chanoine honoraire et aumônier des Pénitents-Blancs. Il mourut à Montpellier, le 15 février 1833, à l'âge de 80 ans.
Cf. Arch. de THérault, L. 443 bis; — '^g. des Délibérations du Oxip. et tArch. de VEvéché.
MASSARDIER (Jacques),
né vers 1726, était fils de Jean Massardier, du hameau de Cellières, paroisse Saint-Victor de Malescours. Il entra au séminaire de Viviers, dont il partit pour Montpellier, muni d'une lettre d'excorporation, datée du Puy, 20 août 1758. Son titre clérical lui fut délivré le 9 janvier 1761. Lorsque survint la Révolution, il était curé, ou vicaire perpétuel de Montarnaud, et refusa le serment schismatique. Il ne quitta pas le sol français et se cacha dans le voisinage de sa paroisse. On l'inscrivit sur la liste des émigrés sous le nom de Jean Massardier et avec la qualification d'émigré. Il résidait tantôt à Vailhauquez et tantôt à Montarnaud, depuis plus de trois ans, lorsque on prétendit qu'il ne cessait « de répandre le poison du fanatisme et de la superstition ; que, loin de ramener les citoyens à l'obéissance des lois, il les entretenait dans l'esprit de
rV. Les Martyrs et Confesseurs de la toi,
rébellion ». Les réquisitionnaires et les conscrits ayant menacé l'agent municipal de Montarnaud de Tassassiner, on accusa Massardier d'être luimême l'instigateur de ces menaces, et l'Administration centrale du Département crut devoir faire partir pour cette commune un détachement de la garde nationale de Montpellier, avec ordre d'y stationner et d'y faire des perquisitions pour s'emparer du prêtre qui troublait la tranquilité publique. Le curé avait alors 73 ans. Son âge le rendait passif de la réclusion, mais rien que la réclusion. On ne craignit pas de violer à son égard les lois de la République et l'Administration de l'Hérault décréta qu'il serait déporté et traduit sans délai, de brigade en brigade à l'île de Ré.
Fouché, ministre de la Police générale, peu sympathique cependant aux prêtres insoumis, blâma cette mesure, dans une lettre qu'il adressait au président de l'Administration centrale (2 brumaire an VIII, 24 septembre 1799). « Le zèle de l'administration, écrivait-il, la poussée trop loin ! Condamner à la déportation un vieillard de 73 ans, c'est en quelque sorte attenter à son existence. Ce n est là ni le vœu de la loi, ni celui de l'autorité supérieure. Je vous rappelle à la loi du 26 août 1792, article 8, et au paragraphe 6 de ma Circulaire du 14 bnimaire an VII. Il est ainsi conçu : Les prêtres infirmes et les sexagénaires, dont l'dge ou les infirmités sont constatés, sont exceptés de la déportation et doivent être mis en réclusion » .
Obligée de rapporter son Arrêté illégal, l'Administration départementale décide que le curé de Montarnaud sera mis en réclusion dans l'ancien couvent de Sainte-Ursule (21 brumaire an VIII, 13 octobre); Déjà, depuis longtemps, le malheureux vieillard, Uvré au commissaire du Directoire exécutif, était non seulement parti de Montpellier, à pied, conduit par les gendarmes, de brigade en brigade, mais encore arrivé à Toulouse.
On écrit aussitôt à l'Administration du département de la Gironde, pour réclamer le condamné. C'est trop tard ; extrait des prisons
20] L'AMaBM CLKRGft SU DIOCiSK DE MONTMLLIIR.
iJ Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
de Bordeaux, on Ta déjà remis à la gendarmerie qui doit le traduire à sa destination. On le réclame à l'Administration centrale de la Charente- Inférieure, et pendant ce temps, le ministre de la Police générale demande de ses nouvelles, confirme son blâme et ordonne de nouveau qu'à la déportation soit substituée la réclusion (5 frimaire, 26 novembre).
Le temps s'écoule ; pas de nouvelles du pauvre déporté. Fouché écrit pour la troisième fois et veut être avisé de son retour (4 nivôse, 25 décembre}. Le Département de la Charente-Inférieure manifeste son étonnement quand il apprend que Massardier n'est pas encore de retour à Montpellier, le 26 nivôse an VIII (16 janvier 1800). En définitive, on ne savait plus ce qu'était- devenu le digne vieillard. Arrivé à Saint- Martin-de-Ré le 10 octobre 1799, et enfermé d'abord dans la citadelle, puis transféré à l'île d'Oléron, il était mort de fatigue à l'hôpital Saint- Martin-de-Ré, le 22 décembre 1799, et l'on s'étonnait qu'il ne fût pas encore de retour à Montpellier, le 16 janvier 1800! Ainsi se vérifiait cette parole de Fouché : « Condamner à la déportation un vieillard de 73 ans, c'est en quelque sorte attenter à son existence ».
Arch. de PHérault, LIH, M4. Polict, Prêtres réftactaires, de Pan IV à Tan VIII; — MÂNSEAU, Les Trétres et Religieux déportés sur les côtes et dans les îles de la Clmrenùe" Inférieure .
MASSERAN (Jacques-Philippe),
né à Villeneuve-les-Maguelone et curé insermenté de cette paroisse. Pension 500 livres. Embarqué à Aiguemortes pour la déportation.
MASSILIAN {Etienne-Pascal de),
prêtre, aumônier du Bon-Pasteur, à Montpellier, né dans cette ville en 1762, était resté caché après la publication des décrets relatifs à la déportation. En essayant de s'y soustraire, il avait pour but de continuer ses œuvres de zèle en faveur des catholiques. Il eut en effet la consolation d'administrer les sacrements à beaucoup d'entre eux.