IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
très heureuses. On le fit étudier au collège de cette ville où il reçut la tonsure cléricale ; mais, peu après, cédant à une légèreté d^enfant, il se dégoûta de sa vocation, quitta l'habit ecclésiastique et entra dans une maison de commerce, à Lyon. Bientôt il regretta vivement cette détermination et s'en ouvrit par lettres à un vicaire de Pézenas, son ancien confesseur, et lui manifesta le grand désir qu'il avait de reprendre la soutane, ses études et la vie ecclésiastique. Sur la demande faite par ce prêtre, Mgr de Saint-Simon autorisa le jeune Mazuc à revenir au séminaire. Ses talents et sa piété se manifestèrent d'une façon si évidente que ses supérieurs l'appelèrent aux ordres et même à la prêtrise. Nommé vicaire dans une paroisse considérable, il se fit remarquer par son zèle et son aptitude pour la prédication
La cure de Pézenas étant devenue vacante, le choix qu'on fit de sa personne pour la remplir fut prompt et unanime, aussitôt sanctionné par l'autorité épiscopale. On ne le vit jamais se reposer sur ses vicaires pour la prédication, l'administration des sacrements et la visite des malades, chez lesquels il se trouvait encore parfois au milieu de la nuit. Et rependant, tous les jours, il se levait à 4 heures.
Ce travail de tous les moments aurait certainement fini par épuiser ses forces, si Tévêque ne s'était occupé de lui, en lui donnant la paroisse de Bessan, de beaucoup moins importante, et qui était à sa nomination. L'activité du saint prêtre se trouva forcément modérée, faute d'objets pour l'exercer . Il ne tomba pas pourtant dans l'oisiveté; parfois, il s'échappait pour aller prêcher dans les paroisses voisines et trouvait ainsi le moyen de remplir ses journées.
Son esprit prompt, juste et pénétrant, lui fit découvrir du premier coup d'œil l'impiété du serment constitutionnel. Il le prit en horreur et ne se gêna point pour le stigmatiser publiquement. Il le fit avec tant d'ardeur qu'il courut risque d'être assassiné dans sa propre maison.
Après l'arrêté de l'Administration centrale relatif à la déportation des prêtres réfractaires ^,28 juillet 1792), il fut un des premiers ecclésiasti-
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U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
ques d'Agde à s'embarquer pour Tétranger, se dirigeant vers l'Espagne, non sans regretter ses chers paroissiens. Il fixa sa résidence à Tarragone, épiant avec anxiété le moment où il pourrait les rejoindre.
A la publication de la loi du 7 fructidor an V (5 septembre 1797), il crut pouvoir rentrer en France ; mais méchamment surveillé par d'infâmes jureurs^ il dut se cacher. Dans l'impuissance de se rendre utile à son troupeau, il repartit pour son premier asile (ler vendémiaire an VI, 3 octobre 1797), en attendant des circonstances plus favorables pour reparaître.
Il lui fallut attendre, pour se montrer de nouveau et travailler en toute sécurité au salut de son peuple, le moment où la promesse de fidélité permettait l'exercice du culte catholique. Au Concordat, il devint de nouveau curé de Pézenas, avec pension de 333 fr. 33 c. Il était très estimé.
Cf. Arclî. de THérault, L, 443. — Ms. de l'abbé Gourgon. — Arch. de TEvêché, Tableau du clergé du Diocèse \ — Ms de Tabbé de Gohin, Etat du clergé séc. et rég. du Diocèse d^,Agde, p. 15.
ME AU ÇMaxence-Sever),
né à Agde, vers 1758, quitta le monde dès sa jeunesse et entra chez les Pères Capucins. Il fit ses vœux et répandit le baume de l'édification soit dans son couvent, soit au dehors. Il refusa le serment. Sa pension avait été fixée à la somme de 700 livres.
Il se rendit en Espagne. Après dix-huit heures de traversée il aborda à Collioure, où existait une maison de son ordre, mais sans pouvoir s'y arrêter longtemps et se rendit dans un autre couvent de Capucins, non loin de Manrèze. Dans la suite, apprenant que le calme semblait renaître en France, il quitta sa robe, et 'revint en habits séculiers au sein de sa famille. Il eut tout d'abord les pouvoirs nécessaires des supérieurs ecclésiastiques et les exerça avec autant de zèle que de succès. Il se trouvait encore à Agde lors de la publication delà loi du 19 fructidor an V,.