IV. Lts Martyrs et Confesseurs de la bot
à Montpellier, un passe-port pour l'Espagne. Au rétablissement du culte, il reçut une commission d'aumônier des prisons du Palais (i*'"' juin 1803). Chanoine honoraire, puis chanoine titulaire, il fonda un service anniversaire à la cathédrale et mourut le 27 juillet 1825.
Cf. Arch. de THérault, L. 443, his, — Faucillon, Paroisse Saint-Denis, — Ms. de l*abbé GoURGON. — Ordo du diocèse. — Arch. de TEvéché, Reg. des Décès.
MÊNARD (xAntoine' Marie- Joseph) y
né à Lunel le 30 août 1753, fils de Pierre Ménard, avocat au Parlement, et de Marguerite Gautier. Son titre clérical (100 1.) daté du 10 mai 1776. Curé à Saint-Nazaire, ne prêta pas le serment et s'embarqua à Aiguesmortes pour la déportation. En 1803, succursaliste à Saint-Just, près Lunel. Se retira à Montpellier, où il était sans emploi.
Cf. Arch. de lEvêché.
MERLE {xAlexandre^y
prit à Restinclières un passe-port pour l'Espagne (10 vendémiaire an VI, I" octobre 1797). Il exerçait le culte à Saint-Sériès et n'avait pas encore fait la promesse de fidélité, le 17 fructidor an X, 4 septembre 1802.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 bis; et Vi Clergé catholique,
MESTRE {%aymond),
prêtre, chanoine de Saint-Nazaire, signa le procès-verbal de la fête de la Fédération (14 juillet 1790) et la lettre du Chapitre de Béziers à Mgr de Nicolay (26 octobre 1790). Il refusa le serment. Sa pension liquidée à
Il se tint caché durant les mauvais jours à Saint-Gervais. A l'âge de 70 ans, la Municipalité lui délivra un certificat de résidence constatant qu'il habitait Saint-Gervais et l'avait habité sans interruption depuis environ cinq ans, dans la maison de Jacques Gély, jusqu'à ce jour (20 thermidor an III, 7 août 1793).
L* Ancien Clergé du Diocèse de ManipeJier.
Après la Révolution, il était succursaliste à Rongas. Il décéda le 10 septembre 1817, âgé de 90 ans, à Saint-Gervais où il s'était retiré à cause de ses infirmités.
Cf. Arch. comm. de Saint-Gervais, l^g. des Délih. de 1793 à 1810. — Arch. de l*Evêché, Tableau du Clergé, p. 207.
MIAGRIA (Joseph'Gervais)y
prêtre de Saint-Gervais, déporté d'Agde à Nice, le 11 septembre 1792, âgé de 32 ans.
MICHEL Uacques'Thilippe),
prêtre du diocèse de Viviers, né à Largentière, en 1752, était vicaire dans son pays natal lorsque, ayant refusé le serment schismatique, il se vit forcé par la loi de déportation à sortir de France.
Au commencement de septembre 1792, il s'achemina vers la frontière d'Espagne. Mais, arrivé à Montpellier et y apprenant les mauvais traitements que quelques- prêtres avaient reçus un peu plus loin, il en conclut que la Providence voulait qu'il restât dans cette ville, où il aurait la consolation de se rendre utile aux catholiques. En effet, pendant un an et demi, sans redouter ni la fatigue ni Je danger, il se porta sur tous les points où son ministère était réclamé.
Sans asile assuré, jusqu'à la fin de janvier 1794, il fut à cette époque recueilli par la famille Devèze. Tous les jours il disait la messe dans leur maison et administrait les sacrements aux personnes admises dans . le petit oratoire domestique. Cependant son zèle ardent ne pouvait se tenir parqué dans une enceinte si étroite et souvent il en sortait pour porter les secours de la Religion à ceux qui n'avaient pas la facilité d'y venir.
Voici, d'après des témoins oculaires, d'intéressants détails sur les derniers jours de ce confesseur de la Foi. «J'ai eu le bonheur écrit l'un d'eux, pendant tout le temps qu'il habita la maison Devèze, d'approcher
rV. Les Martyrs et Confesseurs de la foi,
de bien près un si saint homme. J'avais très souvent l'occasion de m^édifier auprès de hai, soit par ses paroles, soit par ses exemples. Tous les jours, il célébrait le saint Sacrifice, avec une ferveur propre à nous l'inspirer à tous. Ses conversations ordinaires avaient pour objet le bonheur de ceux qui dans ces circonstances souffraient pour les intérêts de la Foi. Tous les dimanches, après le repas, il nous faisait réciter le chapelet avec des prières qu'il avait composées. A la première dizaine, il demandait à Dieu par l'intercession de la très Sainte- Vierge le précieux don de la foi ; à la seconde, de nous accorder une ferme espérance; à la troisième, une ardente charité; à la quatrième, le pardon de nos ennemis et la grâce de leur conversion ; enfin, à la cinquième, la force de supporter courageusement toutes les peines et la mort, si c'était la volonté de Dieu, et la grâce de la persévérance finale...
La veille du jour où on l'arrêta, je m'entretenais avec lui des craintes que j'éprouvais à son égard, (t Je suis, me répondit-il, une victime marquée en caractères de sang ; mais soyez assuré que vous me verrez marcher à l'échafaud sans pâlir. »
Le lendemain, 5*^ jour du mois de mars, vers 7 heures du matin, comme il récitait à l'autel le premier évangile de la messe, on frappe à la porte de l'appartement où nous étions réunis onze personnes. Je lui dis avec eifroi :« Ah 1 Monsieur, nous sommes découverts »! On le força d'egsayer de se cacher ; il ôta seulement sa chasuble et s'enferma dans un lieu secret, avec tous les objets qui servaient pour le Saint-Sacrifice. On se disposait à enfoncer la porte quand une des demoiselles Devèze se présente pour l'ouvrir. Toute la garde entre à l'instant avec plusieurs membres du Comité de surveillance; ils ont tous leurs sabres nus à la main et nous menacent de nous trancher la tête si nous ne déclarons pas où le prêtre est caché. L'un d'eux s'écrie à une personne d*entre nous : « Je te somme, au nom de la loi, de déclarer à l'instant où est le misérable qui vous fanatisait ! » Dans son trouble, elle répond : « Prenez-le, si vous le trouvez ! » Toute la maison est bouleversée.
Après une demi-heure de recherches, un misérable à qui le lieu secret avait été perfidement décelé, brise à coups de sabre l'armoire derrière laquelle se trouvait la victime. Alors mille cris de joie, mille imprécations horribles contre le Christ et contre le ministre de son Eglise. L'un ne cesse de le frapper à coups de poing ; l'autre s'écrie : « A présent que ton Dieu vienne te délivrer ; qu'il te donne des ailes pour voler et t'ôter de nos mains. » Celui-ci se mouche avec le purificatoire ; celui-là crache dans le calice. Les personnes arrêtées sont traînées au Comité et, jusqu'à ce que le tribunal s'assemble, sont saturées d'opprobres.
On ôte à M Michel son couteau, ses ciseaux, en lui disant : « Peutêtre voudrais-tu nous priver du service que nous allons rendre à l'humanité, en la débarrassant de ta personne ? » L'homme de Dieu, qui jusque-là avait gardé le silence, répondit :(( Eh ! ne croyez pas que je veuille perdre le précieux bonheur de mourir pour mon Dieu. » — Mais monstre, ajoute-t-on, c'est ton Dieu qui t'a livré dans nos mains, afin que nous mettions un terme à tes crimes et à ton fanatisme. Vous êtes tous des monstres qui ne demandez que le sang, qui soulevez Tunivers ; mais on les aura tous ! Dans peu, on te donnera ce que tu mérites !
Il se contenta de répondre : «Je me soumets à la volonté de Dieu».
Le jour était très froid, et il leur dit : « Au nom de l'humanité, permettez-moi de prendre mon habit; j'ai froid. » — Non, non s'écriat-on, tu périras avec ce qui te servait à fanatiser. — « Eh ! bien, répondit-il, comme vous voudrez »!
Le tribunal étant assemblé, toutes les personnes saisies dans l'appartement du»ministre sacré sont, avec lui, conduites au palais, au milieu d'une populace immense. Plusieurs spectateurs versent des larmes, les autres nous couvrent de huées, lancent contre nous des pierres, nous pincent et nous font mille outrages.
Nous ne reproduisons pas ici le terrible interrogatoire qu'eut à subir le prêtre catholique ; nous l'avons déjà donné dans notre Histoire reli-