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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

MICHEL (^François-Xavier^ y

natif de Bonnieux U753), dans le Comté Vénaisin, avait été attiré dans le diocèse d'Agde par l'abbé Olive, curé de Cette, qui trouvait dans ce jeune prêtre devenu son vicaire, un homme instruit, laborieux, patient, excellent directeur au tribunal de la pénitence.

A la Révolution, Tabbé Michel témoigna pour le serment constitutionnel la même répugnance que son curé et que ses deux colk^'r^ues dans le vicariat, les abbés Girard et Gourgon. Il le refusa et, pour ce motif, fut saisi par une foule de persécuteurs et conduit avec les plus mauvais traitements jusqu'aux extrémités du territoire de Cette, avec défense de revenir sur ses pas. Ecrivant, dans la suite, à son ami Gourgon, l'abbé Michel rappelle ces douloureux souvenirs. « Non, dit-il, je n'oublierai jamais et me souviendrai toujours avec horreur de ce blasphème horrible que mes oreilles ont entendu lors de mon enlèvement : Quel est ce Jésus-Christ dont le régne a duré dix-huit siècles ? // est temps qu il finisse et le nôtre doit commencer. Lucifer ne voulut qu'être semblable au Très- Haut, et nos impies, plus audacieux que leur père, ne veulent pas même l'avoir pour égal. Ils connaîtront bientôt, j'en suis convaincu, combien il est terrible d'avoir Dieu pour ennemi ! » Le généreux confesseur de la Foi ne voulut pourtant pas s'écarter beaucoup du pays dont on l'avait chassé, où sa vieille mère vivait encore. Il s'arrêta à Montpellier où il fut bientôt investi des pouvoirs ecclésiastiques. Plusieurs fois, il se rendit à Cette, appelé par les fidèles de sa paroisse .

Il prit cependant la détermination de partir pour Rome et sortit du territoire delà République le 30 juillet 179 1, muni d'un passe-port délivré par le consul romain en résidence à Marseille. Il séjourna peu de temps dans la capitale du monde catholique et, n'écoutant que son zèle, il revint en France (15 août 1795^

Bientôt arrêté, on l'incarcéra dans les prisons du Palais et on l'oublia, confondu avec une troupe de coquins, sans penser à instruire son procès. La raison de ce retard était que, au District et au Département,

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

on se trouvait fort embarrassé pour savoir ce qu'on devait faire de lui. Devait-on le traiter comme émigré rentré, ou simplement comme prêtre insermenté ? Sa correspondance avait été saisie et établissait que, chassé de Cette, il avait passé en Italie, vers le milieu de juillet 1790; qu'il était parti de Rome pour Marseille et Cette ; qu'il avait été arrêté le 17 août 179s, envoyé sous escorte à Montpellier et mis à la disposition du Département, comme émigré rentré, avec cette circonstance aggravante que les papiers saisis sur lui ou dans sa malle renfermaient « des horreurs contre la République et des vœux pour le trône et Tautel ». Ces difficultés fournirent ample matière à la correspondance entre l'Administration départementale et le ministre de l'Intérieur (Germinal an IV, mars 1796).

Cependant la détention qui mettait l'abbé Michel dans l'impossibilité d'exercer son zèle le fit tomber malade. Il fut transporté à Thôpital Saint-Eloi, desservi par les sœurs de la charité, en costume civil. On garda néanmoins au palais ses petits effets et sa malle. Il reçut de la part des religieuses des soins si dévoués et si intelligents que dans fort peu de temps, il se trouva presque remis.

Sa convalescence lui permettait de parcourir en liberté cette vaste maison. Un jour il en trouva la porte d'entrée ouverte. Sans crier gare! il sortit tout doucement, hâta le pas et alla se cacher en ville, laissant sa robe de chambre sur le seuil de la petite porte, son chapeau, son sac et ses nippes à côté de son lit. (26 plairial an IV, 14 juin 1796). Vainement on voulut rendre responsables de son évasion les bonnes sœurs de saint Vincent-de-Paul. Elles se justifièrent aisément en disant qu'elles n'avaient à s'occuper que des soins à donner aux malades, sans avoir à surveiller les portes.

L'abbé Michel profita de ses premiers moments de liberté pour se rendre, sans doute de nuit, à Marseillan, situé sur les bords de l'étang de Thau et qui communique avec le canal et le port de Cette. Dès que sa présence fut connue, on vit arriver à Marseillan nombre de fidèles de

Cette, qui venaient recourir au prêtre courageux, à l'exemple des catholiques de la ville de Marseillan. Il se tenait caché dans la maison d'une personne pieuse qui pourvoyait à son entretien, et ce n'était pas peu de chose; privé de tout, il fallait pourvoir i\ tout. Depuis près d'un an, il exerçait ainsi le saint ministère ; d'abord en secret, puis ostensiblement et en public, dans une maison particulière, et enfin dans l'ancienne chapelle des Récollets. Les républicains s'émurent de tant de hardiesse ; ils dénoncèrent l'abbé Michel à l'Administration centrale comme déporté rentré, préparant la contre-révolution. La feuille accusatrice portait quatre- vingt-une signatures.

En apprenant cette démarche, le vicaire de Cette prit le parti de se présenter devant la Municipalité, pour demander un passe-port, comme étant sujet à la déportation. Ce passe-port, il le mit dans sa poche et ne quitta pas la commune. On le comprit et, sur un arrêté de l'Administration centrale, on pratiqua des visites domicilières chez les personnes connues pour leur dévouement au prêtre réfractaire.

Ses partisans avaient obtenu la permission d'exercer le culte, sans ministre, dans la chapelle des Récollets. On retira cette permission, on ferma la chapelle et on y apposa les scellés.

Malgré le danger auquel il s'exposait, l'abbé Michel sortait parfois de sa retraite, à la faveur de la nuit. C'était pour aller réclamer, à Agde, les secours spirituels dont il avait lui-même besoin.

Un jour de dimanche, après avoir travaillé plus que d'habitude au salut des âmes, il fit un léger souper et s'entretint avec les personnes de la maison de choses édifiantes, lorsque tout à coup il s'écria : « Oh, mon Dieu ! » et on le vit pencher la tête sur une épaule ; il était mort ! On garda son corps longtemps, le plus longtemps qu'il fut possible ; mais on ne pouvait le conserver indifiniment. Il fallait s'en débarrasser et ne pas se compitomettre, pour avoir recelé un prêtre réfractaire. On prit le parti de l'inhumer très profondément sous l'autel domestique où il avait l'habitude de célébrer la sainte messe et de répandre le bruit qu'il

était parti pour son pays. Ses mérites et la sainteté de sa vie d'apôtre promettaient de croire que son âme s'était envolée vers le ciel, sa véritable patrie. On ne croyait donc pas mentir en disant qu'il était parti pour son pays. Du reste, trois jours avant sa mort, il avait eu le bonheur de faire une dernièfe fois, dans le tribunal de la miséricorde, la confession de ses fautes.

Cf. Ms. de Tabbé de Gohin; p. 98 et 118. — Archiv. de THérauIt, L. 443 et LIH> M4. Correspondance du Min. de Vint*' rieur avec V Administration du dép. de V Hérault (germinal an IV, mars 1796; — 22 brumaire an VI. 12 novembre 1797; — 6 frimaire an VI, 23 novembre 1797}; — Ms. de l'abbé Gourgon.

MICHEL (Etienne),

prêtre du diocèse de Montpellier, né le 9 février 1742, pourvu de la cure de Saint-Christol, près Lunel (16 février 1771}, refusa le serment et prit à Restinclières un passe-port pour l'Espagne (10 vendémiaire an VI, i^"" octobre 1797).

En 1803, on lui confia la direction de son ancienne paroisse, avec pension de 266 fr. 66. Il passait à Saint-Just le (23 octobre 171 1). Décédé le 2 avril 1825.

Cf. Ach. de l'Evêché, Keg. des Déch.

MICHELET (^nnibal de),

chanoine de Saint-Pons, sujet à la déportation. On le recherchait encore dans cette commune le 8 vendémiaire an VI (29 septembre 1797). A cette époque, il était déjà mort.

MILLET (Jean),

Bénéficier àSaint-Nazaire de Béziers, signa la lettre du chapitre à TEvêque de Nicolay (26 octobre 1790). Déporté d'Agde à ,Nice, le 12 août 1892. Mort en Italie vers 1797.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443-

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